vendredi 8 janvier 2016

Autolib’, ou Vincent Bolloré côté pile

Autolib’, ou Vincent Bolloré côté pile ©Bruno Charoy pour Les Echos Week-End

Autolib’ est-il exportable ? Après Indianapolis, les villes de Londres, Rome et Singapour sont sur les rangs. Succès commercial et technologique indéniable, le premier service mondial d’autopartage 100 % électrique reste un pari financier risqué pour l’exploitant. Mais « Bolloré l’écolo » en a fait un élément clef de son « soft power ».

« Ah ! Il en a une de ces cours, votre PDG ! », peste un passant agacé par la forêt de caméras et de micros qui bouche le passage. Ce jour-là, en pleine COP 21, Vincent Bolloré est très entouré. A ses côtés, Bernard Poignant, conseiller spécial de l’Elysée, et Anne Hidalgo, la maire de Paris, venus inaugurer son Bluetram 100 % électrique sur les Champs-Elysées. Anne Hidalgo ne tarit pas d’éloges sur l’industriel breton. Quelques jours plus tôt, le vendredi 13 novembre, à quelques heures des attentats, Bolloré avait fait les honneurs de son nouveau cabriolet 100 % électrique, Bluesummer, fabriqué par PSA à Rennes, à Bono, le leader de U2. « Bolloré l’écolo » a fait de la COP 21 un marathon personnel. Il a aussi profité de l’événement mondial contre le réchauffement climatique pour lancer avec Citroën la « e-Méhari » bleu pastel. Mais la vraie star du moment reste la petite voiture grise silencieuse, sans peinture, dessinée par le carrossier turinois Pininfarina, qui a fêté ses quatre ans, en décembre, dans les rues de Paris.

« Avec Autolib’, les gens ont commencé à renoncer à leur voiture individuelle », se félicite Vincent Bolloré, qui s’érige ainsi en défricheur de l’ère post-énergies fossiles. Après avoir démarré, en 2011, le plus gros service d’autopartage mondial à Paris (à travers une délégation de service public), son groupe s’apprête à l’exporter à Londres, Rome, Turin dans les prochaines semaines, et peut-être aussi à Singapour, où il est candidat à un appel d’offres. Le service est aussi présent à Lyon et Bordeaux depuis 2014 et à Indianapolis, aux Etats-Unis, depuis septembre. Plus qu’une danseuse, la Bluecar – sa petite citadine électrique sur laquelle repose le service Autolib’ – est devenue le fer de lance de la stratégie « écoresponsable » du groupe breton, dont les origines remontent à 1822. « C’était tout le pari de la Mairie de Paris : mettre 4 000 à 5 000 voitures électriques de plus pour en enlever 40 000 à 50 000 en circulation, explique-t-il. On règle le problème des gaz qui rendent les gens inquiets pour leurs poumons. » Parfois, les chiffres fluctuent entre l’hôtel de ville et le Smart Center de Bolloré sur l’effet vertueux de la « démotorisation ». Mais, avec près de 5 millions de locations par an (pour 3 500 véhicules en service), nul ne conteste qu’Autolib’ soit un succès commercial et technologique. « Au départ, il y avait peu de constructeurs qui y croyaient. Je suis très fière de travailler avec des industriels français qui ont su prendre des risques au bon moment », martèle Anne Hidalgo. Pan sur le bec de PSA et Renault, ralliés tardivement à la batterie LMP (lithium-métal-polymère) de Bolloré. « Aujourd’hui, il faut accélérer pour éradiquer le diesel à Paris à partir de 2020 », insiste l’édile, en promettant d’ici là un nouveau tram électrique « sans fil et sans rail » sur les quais hauts de la rive droite.

Pierre de Gasquet / Grand Reporter Les Echos Week-End

Source : http://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/021600687716-autolib-ou-vincent-bollore-cote-pile-1190721.php?KzqTQulRF7Kt0czx.99

Posté par evynou35 à 15:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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