vendredi 9 novembre 2018

Quoi qu’en disent les sceptiques, manger moins de viande est une priorité climatique

Selon une étude Kantar Worldpanel, 1,9 % des ménages comportaient au moins un végétarien en 2017, contre 1,5 % en 2015. 
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Nous y revoilà. Bjorn Lomborg, cet universitaire danois devenu mondialement célèbre grâce à son best-seller L’Écologiste sceptique (2004), est à nouveau monté au créneau, le 22 octobre dernier dans une tribune au New York Post, contre les excès de l’imminente dictature verte qui nous menace.

Sa nouvelle crainte : que l’on nous prive de burgers ! Oui, vous avez bien lu. Aux yeux de Lomborg, « les Nations unies vont finir par dicter aux gens ce qu’ils doivent manger ».

Anticonformisme médiatique

Provocateur bien connu à la tête du think tank « Consensus de Copenhague », Lomborg s’est d’abord fait remarquer dans les années 2000 pour une série d’attaques virulentes contre le courant dominant de l’écologisme.

Argumentant que le climat changeait, mais moins dramatiquement que beaucoup l’affirmaient, il remettait en cause l’urgence d’agir. Il avait aussi déclaré que la déforestation n’existait pas et que les extinctions d’espèces étaient largement surestimées.

Lomborg navigue entre une pensée libérale mesurée et un déni pur et simple, en détournant ou en décontextualisant les données statistiques qu’il utilise.

S’il s’attire les foudres de la plupart des scientifiques, Lomborg jouit encore malgré tout d’une large audience.

C’est la raison pour laquelle ses positions anticonformistes sur l’alimentation et le changement climatique drainent une telle attention. Cela vaut donc la peine de répondre à ses arguments. 

Climate change is both trivialized and hampered by unrealistic senses of magnitude, and by silly suggestions that your or my actions can transform the planet. https://nypost.com/2018/10/22/no-giving-up-burgers-wont-actually-save-the-planet/ 

Lui-même végétarien, pour des raisons relatives au bien-être animal, Lomborg affirme que « les articles suggèrent presque tous unanimement que devenir végétarien permettrait des réductions d’émissions de gaz à effet de serre de 50 % ou plus ». Or, selon lui, ces prévisions sont exagérées et personne n’a assez pris le temps de « creuser plus profondément » la question.

En tant que chercheurs qui analysons les impacts environnementaux, nous sommes pleinement conscients des limites que présentent les études sur « l’empreinte carbone de l’alimentation » et du danger de les prendre au pied de la lettre.

Creusons donc ces affirmations.

Prenons la revue de littérature sur laquelle s’appuie Lomborg, avançant que devenir végétarien ne diminue les émissions individuelles que de 5 % et non de 50 %. S’il a raison de préciser qu’éliminer la viande de son alimentation est loin de diviser par deux l’empreinte carbone d’une personne, il existe toutefois de bonnes raisons d’affirmer que cela peut la réduit deux fois plus que Lomborg le prétend.

Lomborg est un critique très médiatique de la politique climatique des Nations unies.
Sebastian Silva/EPA

Déforestation et consommation de viande

D’une part, seules deux des études apparaissant dans sa revue analysent l’effet majeur de la consommation de viande sur les émissions issues de la déforestation ; et ce quand bien même des millions d’hectares de forêt sont éliminés chaque année pour satisfaire l’appétence mondiale pour le bœuf.

Les forêts agissant comme un puits de carbone, et les fermes bovines émettant des quantités considérables de gaz à effet de serre (du méthane tout particulièrement), la production de viande a sans aucun doute un impact colossal sur les émissions nettes.

La consommation de viande implique nécessairement de la déforestation ; son empiétement sur les sols naturels est donc inévitable.

Par conséquent, nous devons tenir compte des émissions de cette déforestation à l’heure de mesurer l’impact environnemental provoqué par la consommation de viande.

En prenant le scénario le plus réaliste parmi les études citées par Lomborg, devenir végétarien entraîne une réduction d’au moins 10 % de nos émissions individuelles.

Cela équivaut à retirer 8 millions de voitures de la circulation au Royaume-Uni – soit un quart des automobiles britanniques.

Remplacer le steak par les carottes

Qu’en est-il du deuxième argument de Lomborg ? Pour l’auteur danois, l’argent économisé par les végétariens en remplaçant leur « steak par des carottes » serait réaffecté à d’autres dépenses, ayant elles-mêmes un impact environnemental.

Ce mécanisme compenserait donc négativement les bénéfices obtenus par l’abandon de la viande.

En creusant cette affirmation, nous avons découvert que l’article auquel il se réfère repose sur des données de 2006 et ne tient pas compte des émissions issues de la réaffectation des terres, après la déforestation.

Effectuée en Suède, cette analyse microéconomique se penche sur la façon dont les consommateurs dépenseraient les économies qu’ils réaliseraient s’ils devenaient végétariens.

L’auteur avertit lui-même que la portée de son travail doit être « interprétée dans un cadre temporel relativement étroit », et que ses hypothèses de marché concernant l’offre, les prix et la demande, si elles s’avéraient irréalistes, mèneraient à des conclusions complètement différentes.

Lomborg extrapole pourtant les résultats de l’étude, allant à l’encontre des précautions prises par l’auteur, cela afin de minimiser les conséquences du végétarianisme sur les émissions de gaz à effet de serre dans les pays industrialisés.

La déforestation et la réaffectation des terres sont une cause majeure des émissions causées par l’élevage. Rich Carey/Shutterstock

Aberration socio-environnementale

Chez Lomborg, il ne s’agit clairement pas simplement d’environnement, mais avant tout de notre liberté de choisir. L’auteur donne la priorité au droit à manger de la viande, par rapport à notre responsabilité collective de ne pas le faire.

À ses yeux, beaucoup des plus pauvres sur la planète sont des végétariens involontaires. Notre devoir, estime-t-il, est donc de soutenir leur « droit à la viande ».

Les États les plus pauvres réclament pourtant l’adoption à l’échelle mondiale d’une alimentation végétale. La mortalité liée aux AVC, aux maladies cardiaques, au diabète et au cancer pourrait chuter pour être diminuée d’un million chaque année. Et des billions de dollars seraient économisés en coûts de santé et gains de productivité.

En réalité, produire de la viande s’avère terriblement inefficace, puisque le rendement des animaux se révèle bien inférieur à la nourriture qu’ils consomment.

Si nous cultivions pour la consommation humaine et non pour nourrir les animaux, nous augmenterions de 70 % les calories alimentaires disponibles, ce qui permettrait de nourrir 4 milliards de personnes en plus. Nous éradiquerions donc la faim dans le monde en réduisant les émissions.

Lomborg résume ainsi son argument : « Le changement climatique est à la fois banalisé et entravé par l’exagération de son importance, et par l’idée idiote selon laquelle nos actions peuvent transformer la planète ».

Affirmer que nous ne pouvons rien faire contre le réchauffement climatique est profondément défaitiste. Et ce défaitisme climatique n’est rien d’autre qu’un nouveau climatoscepticisme.

Pour Lomborg, les solutions sont avant tout technologiques ; or des mesures efficaces existent déjà ! Et si Lomborg sait bien que les consommateurs auront détruit la planète avant d’avoir croqué dans des burgers conçus en laboratoire, brandir la viande artificielle comme solution lui permet d’ignorer les décisions qui s’imposent à nous.

Nous avons besoin d’un changement systémique, et notre futur climatique est aujourd’hui entre nos mains.

La seule contribution significative de Lomborg contre le réchauffement est peut-être de préférer les carottes aux steaks…

Auteurs : 

 PhD Researcher, Department of Geography, University of Cambridge

 - PhD researcher at Cambridge Centre for Environment, Energy and Natural Resource Governance, University of Cambridge

 

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Evy, votre blogueuse.

 

ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

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lundi 24 août 2015

Mangerons-nous bientôt tous des insectes ?

Mangerons-nous bientôt tous des insectes ?

Crédit photo : Fried insects - Anton Gvozdikov - Fotolia.com

Cela s'appelle l’entomophagie.


Et si le fait de manger des insectes est encore choquant pour la plupart des occidentaux, cette pratique est naturelle dans de nombreuses cultures : environ 80% des pays de la planète sont entomophages, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Près de 1400 espèces d’insectes sont consommées, principalement les coléoptères, les chenilles, les abeilles, les guêpes et les fourmis, suivis de près par les sauterelles, les criquets et les grillons.
Les insectes sont consommés frits, bouillis, grillés ou sous forme de farines.

Manger des insectes est une pratique ancestrale en Europe puisqu’on en trouve des traces dans l’antiquité. Aristoste faisait l’éloge des nymphes (larve de cigale) en les décrivant comme des mets exquis. La Bible et le Coran mentionnent la consommation d’insectes.

Riches en protéines et pauvres en graisse, les insectes sont considérés comme une réelle alternative alimentaire par l’ONU.

L’idée de manger des insectes peut être incongrue pour les Européens, et pourtant nous en mangeons 500 g par an à notre insu : il s’agit essentiellement de fragments d’insectes dissimulés dans les farines de céréales (le pain et les biscuits), mais on en trouve également des traces dans les soupes et les compotes industrielles.

UN ENJEU DE SAUVEGARDE PLANÉTAIRE


Un récent rapport de l’ONU explique que si l’homme devenait entomophage, on pourrait récupérer 30% des surfaces de la planète consacrées à l’élevage, réduire de 18% nos émissions de gaz à effet de serre et baisser de 33% le coût de l’alimentation.

En effet, l’élevage d’insectes est le plus écologique, et le plus économique de tous les élevages de sources de protéines animales.
Pour 10 kg de nourriture, les éleveurs produisent 1 kg de bœuf, 3 kg de porc, 5 kg de volaille et 9 kg d’insecte ! Les bœufs, porcs et volailles n’utilisent pas la nourriture qu’ils ingèrent uniquement pour faire des réserves et prendre du poids, ils s’en servent également pour maintenir une température corporelle constante. Les insectes n’ont pas ce besoin et n'utilisent la nourriture que pour prendre du poids.

D’ici 2050, nous serons 9 milliards sur Terre et la question de pouvoir nourrir tout le monde se pose réellement. La consommation d’insectes semble être la meilleure des alternatives.

Valeur nutritionnelle des insectes
Deux chercheurs, Rumpold et Schlüter, ont compilé en 2013 les compositions nutritives de 236 espèces d’insectes comestibles.

Les valeurs nutritionnelles des insectes sont très variables selon l'espèce. Et même au sein d’une même espèce, ces valeurs peuvent changer en fonction de l’état de métamorphose de l’insecte (état de larve ou état adulte), en fonction de leur habitat et de leur régime alimentaire.
De plus, le mode de préparation influe directement sur la valeur nutritionnelle : en effet, les insectes frits seront plus riches en lipides et plus caloriques que les insectes bouillis.

Les valeurs nutritionnelles des insectes restent cependant mal connues car très peu d’études sur le sujet ont été faites et beaucoup sont peu fiables.

En 1997, Ramos Elorduy a étudié 79 espèces provenant du monde entier dont il a évalué l’apport calorique. Comme pour la composition en nutriments, la valeur énergétique dépend de l’alimentation de l’animal.

Tableau : exemple de valeur énergétique de quelques espèces d’insectes pour 100g d’insectes frais


Nom de l’insecte

Valeur nutritionnelle pour 100g en Kcal

Sauterelle australienne

499

Fourmi verte

1272

Sauterelle à pâtes rouges

160

Vers de farine (larve)

206

Vers de farine (adulte)

138

Termite (adulte)

535

Fourmi coupe feuille

404

Fourmi à miel

116

Criquet

120

Punaise d’eau géante

165

Sauterelle vietnamienne

89

Vers à soie

94

Sauterelle migratrice

179

Source FAO 2012

Les insectes sont principalement constitués de protéines, d’acides gras, des fibres, de vitamines et d'oligo-éléments.

Les études montrent que les acides aminés (les composants des protéines) sont de qualité satisfaisante pour l’Homme.

Le taux de protéines varie de 13% à 77% selon l’alimentation des insectes : un insecte herbivore sera moins riche en protéines qu’un insecte carnivore.

Tableau comparatif de la teneur en protéines entre les insectes, le poisson et la viande


Animal

Espèces

Teneur en protéines pour 100g

Insectes

Sauterelles (larves)

14 à 18%

 

Sauterelles (adultes)

13 à 28%

 

Chapulines (criquets mexicain) adultes

35 à 48 %

 

Vers à soie

10 à 17%

 

Scarabées (larves)

7 à 36 %

 

Vers de farine (larve)

14 à 25%

 

Criquets (adultes)

8 à 25%

 

Termites (adultes)

13 à 28%

Viandes

Bœuf

19 à 26%

 

Volaille

14 à 30%

Poissons

Maquereau

16 à 28%

 

Homard

17 à 19%

 

Crevette

13 à 27%

Source FAO 2012

Les acides gras présents sont des acides gras poly et mono insaturés. Les insectes contiennent 38% de lipides pour 100 g de masse sèche (c’est-à-dire d’insectes séchés). Très peu d’études ont été faites en ce qui concerne les compositions en matières grasses des insectes. Nous ne sommes pas en mesures de fournir plus d’informations.

Ils sont riches en oligo-éléments tels que le cuivre, le zinc, le manganèse, le fer, le magnésium, le phosphore et le sélénium. Ils sont également riches en vitamines du groupe B (B2, B5, B8 et de la vitamine B9 dans certains cas). Les études se contredisent au sujet de la biodisponibilité de ces composants (désaccord quant au taux d’absorption dans l’organisme).

En ce qui concerne les risques alimentaires liés aux insectes par rapport aux transmissions de maladies et aux risques allergiques, toute la lumière sur la question n’a pas encore été faite.

Pour conclure, bien avant de travailler sur les risques alimentaires liés aux insectes, il faut déjà travailler sur l’aspect psychologique de la consommation volontaire et régulière d'insectes. Les chercheurs et les ingénieurs en marketing travaillent sur le sujet. Affaire à suivre …

Sophie - Diétét...Diététicien

Source : http://www.vulgaris-medical.com/actualite-sante/mangerons-nous-bientot-tous-des-insectes

Posté par evynou35 à 12:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 6 août 2014

Manger peut il nuire à la santé ?

Source :

https://www.youtube.com/watch?v=QMU8OKc5YnM

Posté par evynou35 à 17:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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