mercredi 21 novembre 2018

Les guerres du Yémen

Porté par la vague révolutionnaire du printemps arabe de 2011, le Yémen se trouve depuis en proie à des bouleversements profonds. Bien que la révolution yéménite soit parvenue à mettre fin au régime autocratique du président Ali Abdallah Saleh, le pays n’a pas réussi sa transition politique. Cet échec s’est traduit par une guerre sanglante qui oppose des acteurs locaux, avec l’interposition d’autres acteurs régionaux et internationaux. La dynamique de ce conflit pluriel a fait émerger un véritable « système de guerres » qui rend extrêmement complexe la scène yéménite.

Au commencement était le printemps yéménite

Entamé en janvier 2011, un soulèvement de la jeunesse yéménite aux aspirations progressistes et démocratiques va faire tomber le régime du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans. Malgré une terrible répression en mars 2011, la révolution yéménite gagne en force, attirant dans ses rangs les partis politiques majoritaires et plusieurs groupes sociaux. De plus en plus isolé face aux voix qui réclament son départ, Saleh capitule et accepte un plan élaboré par les États-Unis et le Conseil de la Coopération du Golfe. En novembre 2011, il démissionne et transmet ses pouvoirs à son vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi.

En février 2012, Hadi, qui vient d’être élu président à la faveur d’un scrutin à candidat unique, forme un gouvernement d’unité nationale. Entre 2013 et 2014, une Conférence de dialogue national est organisée et aboutit à la formation d’une Commission constitutionnelle. En charge d’une nouvelle organisation de la vie politique yéménite, la Commission décide d’une réduction des pouvoirs présidentiels et d’un modèle étatique basé sur une structure fédérale composée de six provinces.

Carte du Yémen. Wikipédia

Mais cette configuration est rejetée par les Ansar Allah (les partisans de Dieu), communément appelés « les Houthistes ». Il s’agit d’un mouvement contestataire, qui se revendique du chiisme zaydite, établi à Saada, à l’extrême nord-ouest du pays. La région de Saada a été intégrée à la province d’Azal qui s’étend de Sanaa jusqu’au nord du pays. Or, les Ansar Allah exigent que Saada soit considérée comme une province à part entière au sein de l’État fédéral et réclament, en outre, un accès à la Mer rouge. Ce désaccord marque la fin du processus pacifique de transition post-révolutionnaire et plonge le Yémen dans un conflit long et douloureux.

Les Houthistes à l’offensive

Craignant que l’histoire se répète et qu’ils deviennent les perdants de la révolution yéménite, les Ansar Allah font le choix de l’affrontement. Le 21 septembre 2014, ils renversent le gouvernement de Hadi et s’emparent de la capitale yéménite, Sanaa. Après cette victoire, les milices d’Abd al-Malik al-Houthi, son dirigeant actuel et, par ailleurs, frère du fondateur du mouvement continuent leur progression vers les autres régions yéménites.

Avant la fin de l’année 2014, les Houthistes se trouvent à la tête d’une vaste étendue de territoires situés dans le nord du pays. Cette extension territoriale leur a donné accès à des lieux stratégiques, tel le port de Hodeïda, sur la côte Est, par lequel transite la majeure partie des importations yéménites (environ 70 %).

Face à l’ampleur que prend la rébellion houthiste, l’ancien envoyé spécial de l’ONU, Jamal Ben Omar, tente de jouer les médiateurs. Hadi et les Houthistes signent un accord appelé « Accord sur la Paix et le Partenariat » garantissant une meilleure représentation des rebelles au sein d’un nouveau gouvernement.

Mais, le 20 janvier 2015, les Houthistes rompent cet accord sous prétexte que certaines de ses clauses n’ont pas été respectées dans le projet constitutionnel qui venait d’être publié par le gouvernement de Hadi. Ils s’emparent du palais présidentiel et poussent Hadi à démissionner. Le 21 février 2015, Hadi, assigné à résidence par les Houthistes, parvient à s’enfuir. Il quitte Sanaa pour la ville portuaire d’Aden, d’où il abroge sa démission et forme une alliance anti-Houthistes. Dès lors, deux gouvernements dirigent le Yémen – l’un établi à Sanaa et l’autre à Aden.

Une alliance de circonstance avec l’ex-Président Saleh

À ce stade, les Houthistes, dont le projet politico-territorial est entretenu par des alliances fragiles et incertaines, tentent de resserrer leurs rangs. Dans cette conquête du pouvoir et du territoire, ils jouissent d’un réseau de soutien basé sur les deux pôles du zaydisme au Yémen – religieux et tribal.

Il s’agit de l’ancienne aristocratie religieuse zaydite (descendants du prophète Mohammed appelés Hachémites ou Sayyids) et des tribus des hauts plateaux yéménites. Ces tribus se situent dans les territoires des alliés historiques de l’imamat zaydite au Yémen, les Hashid et les Bakil. Cependant, il est largement admis que l’ascension rapide des Houthistes n’aurait pu se faire sans l’alliance fondée avec leur ancien ennemi, le président destitué Saleh, l’instigateur des six guerres brutales (appelées les guerres de Saada) dont ils ont été les victimes entre 2004 et 2010.

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Dans une rue de Sanaa (nord du Yémen), novembre 2018. Mohammed Huwais/AFP

Bien que Saleh soit d’origine zaydite, son alliance avec les Houthistes aura été purement stratégique : il s’agit pour lui de revenir sur la scène politique yéménite. De même, les Houthistes ont fait preuve de pragmatisme avec cette alliance qui leur a permis d’accéder à d’importantes ressources militaires. Malgré sa destitution, Saleh a en effet conservé une grande influence sur l’armée nationale, en particulier sur les forces de la garde républicaine et les forces de la sécurité centrale.

Al-Qaeda, Daech et les sudistes, des obstacles sur la route des Houthistes

Cependant, la prise de pouvoir des Houthistes n’est pas acceptée par tous au Yémen, loin de là. Des groupes sunnites situés dans la mouvance du salafisme et liés au parti politique Islah (antenne locale des Frères musulmans) forment des poches de résistance dans certains territoires (à Marib, Jawf et Taiz).

Les Houthistes sont également confrontés aux groupes terroristes d’al-Qaeda dans la péninsule arabique (Aqpa) et de l’État islamique au Yémen (Daech). Le premier est né, courant 2009, de la fusion entre al-Qaeda au Yémen et al-Qaeda en Arabie saoudite, tandis que le second a émergé dans le pays en 2015. Ces groupes tirent profit du chaos engendré par la guerre pour étendre leur influence. Les multiples attentats commis depuis le début du conflit visent à la fois les Houthistes et les partisans de Hadi, et causent de nombreuses victimes parmi les populations, tant chiites que sunnites.

La fuite de Hadi à Aden en février 2015 a déplacé le centre de gravité du conflit vers les régions du sud, foyer d’un autre groupe qui s’oppose aux Houthistes. Il s’agit des partisans du mouvement séparatiste sudiste appelé al-Harak. Né en 2007, ce mouvement regroupe une large coalition d’acteurs qui proclament, par des manifestations pacifiques, l’indépendance du Yémen du Sud (unifié avec le Nord en 1990). L’avancée des Houthistes vers Aden est très mal perçue par les populations sudistes, largement acquises à la cause séparatiste, et qui considèrent le régime de Sanaa comme un « occupant ». Ce fort sentiment régionaliste est exploité par Hadi et ses alliés pour freiner l’expansion territoriale des Houthistes.

Face à l’avancée de ces derniers vers Aden en février 2015, Hadi demande en urgence l’intervention militaire de l’Arabie saoudite et se réfugie à Riyad, où il forme un gouvernement en exil. Les Houthistes, de leur côté, cherchent du soutien auprès de l’Iran. Dès lors, la guerre au Yémen entre dans une nouvelle phase, encore plus violente. La régionalisation de la guerre modifie en effet considérablement les modalités et l’expression du conflit yéménite.

L’Iran et l’Arabie saoudite entrent en scène

Pour écarter d’emblée toute ambiguïté, il faut rappeler que le conflit irano-saoudien qui se joue au Yémen est géostratégique et en aucun cas confessionnel (chiite/sunnite). Il s’agit d’une rivalité maritime autour de l’accès aux infrastructures portuaires de la zone qui s’étend du détroit d’Ormuz, dans le Golfe arabo-persique, au détroit de Bab Al-Mandab, dans le Golfe d’Aden.

Avec la progression des Houthistes vers la ville d’Aden, en février 2015, le détroit de Bab Al-Mandab – par lequel transite 4 % de la demande mondiale en pétrole – risque de tomber entre les mains d’un groupe pro-iranien. Le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite lance alors l’opération militaire « Tempête décisive », en s’appuyant sur une coalition de neuf pays arabes et musulmans. Ses objectifs déclarés sont de mettre fin à l’offensive des Houthistes et de rétablir au Yémen le gouvernement de Hadi, reconnu comme légitime sur le plan international.

Dans le but de constituer un camp anti-Houthistes et de disposer de troupes locales loyales à Hadi, la coalition arabe mise sur les affiliations tribales, religieuses et régionales, qui jouent un rôle crucial dans l’espace politique yéménite.

Des combattants pro-gouvernementaux près d’Hodeïda, le 6 novembre 2018. AFP

D’une part, l’Arabie saoudite s’appuie militairement sur certaines tribus yéménites, notamment les Hashids, qui bénéficient de ses subventions depuis de nombreuses années. Après la révolution de 1962, un comité saoudien doté d’un budget de 3,5 milliards de dollars a ainsi été mis en place pour former un réseau de chefs tribaux yéménites fidèles au Royaume.

D’autre part, les Émiratis, très investis dans la coalition arabe, instrumentalisent le sentiment régionaliste dans le sud du pays afin d’alimenter la guerre contre les Houthistes. Ils soutiennent, en mai 2017, la formation du « Conseil de transition du Sud » à Aden, qui proclame la sécession du sud du Yémen.

Du côté de l’État iranien, si le soutien aux Houthistes est avéré, son impact sur le déroulement du conflit au Yémen reste limité. Au cours de la formation de leur mouvement, les Houthistes se sont inspirés des codes et slogans de la Révolution iranienne de 1979. Le mouvement a également connu un processus de renouveau, rapprochant le chiisme zaydite du chiisme duodécimain, doctrine de l’État iranien.

Toutefois, l’influence la plus significative de l’Iran dans le conflit yéménite se manifeste au niveau militaire avec la fourniture aux Houthistes d’une certaine capacité balistique. Depuis 2015, en effet, ces derniers pilonnent les frontières méridionales de l’Arabie saoudite par des tirs de missiles et frappent des navires civils et militaires (saoudiens et émiratis) dans le Golfe au moyen de missiles anti-navires.

La lutte antiterroriste, l’autre guerre du Yémen

Mais la complexité du conflit yéménite va au-delà des clivages internes et des rivalités régionales en raison de la guerre antiterroriste qui se joue en arrière-plan. Les questions sécuritaires liées à la présence de groupes terroristes au Yémen ont donné une dimension internationale à cette guerre.

Depuis 2011, les frappes ciblées menées par les drones américains contre les camps d’entraînement des groupes terroristes (Aqpa et Daech) au Yémen se sont intensifiées, notamment dans les régions de Marib, Shabwa, Baydha, Hadramaout et Abyan. Le rôle des Américains dans la guerre contre le terrorisme au Yémen remonte aux années 2000, à l’attaque de l’USS Cole dans le port d’Aden et aux attentats du 11 septembre 2001. Dans le conflit actuel, les États-Unis offrent également un soutien logistique aux forces émiraties, cibles de plusieurs attentats terroristes.

Néanmoins, l’intervention de ces acteurs régionaux et internationaux dans la guerre yéménite n’aura que très peu modifié les lignes sur le champ de bataille. Certes, l’opération « Tempête décisive » a stoppé la progression des Houthistes vers les régions méridionales placées, depuis septembre 2015, sous le contrôle des forces gouvernementales. En revanche, les Houthistes maintiennent toujours leurs positions dans le nord du pays, et cela malgré la rupture de leur alliance avec Saleh, qu’ils ont fait assassiner le 4 novembre 2017.

Face à l’apocalypse yéménite, des efforts de paix hors de propos

Aujourd’hui, à l’heure où la guerre fait toujours rage, les appels à la paix se multiplient. Les quatre années du conflit yéménite ont entraîné une crise humanitaire sans précédent. Les chiffres sont effrayants : environ 10 000 victimes (dont 60 % de civils), 50 000 blessés, 3 millions de déplacés (sur une population estimée à 27 millions), 80 % de la population dépendant de l’aide humanitaire, 7 millions de personnes exposées au risque de famine et plusieurs milliers de morts dus au choléra. À cela s’ajoutent les crimes de guerres perpétrés par tous les acteurs du conflit, dont la destruction des infrastructures et du patrimoine matériel, l’enrôlement d’enfants dans les forces armées, etc.

Un médecin yéménite au chevet d’un enfant dénutri, à Abs (Nord-Yémen), le 11 novembre 2018. Essa Ahmed/AFP

En outre, la polarisation du conflit yéménite autour des clivages tribaux, régionaux et religieux a accentué les antagonismes dans une société qui est déjà profondément divisée. Ces déchirures compliquent la mise en place du processus de pacification.

Jusqu’à présent, aucune des parties au conflit au Yémen n’a donné la moindre indication quant à la possibilité d’une solution autre que militaire. Ainsi, aucun des pourparlers engagés par l’ONU depuis 2014 (en Suisse et au Koweït) n’ont abouti à un résultat.

Dernièrement, l’affaire Khashoggi a incité les hauts responsables des gouvernements américain, français et britannique à hausser le ton, appelant le Royaume saoudien à mettre un terme à la guerre au Yémen. Depuis, on assiste à certaines avancées dans le dossier yéménite. La coalition arabe vient ainsi d’accepter un cessez-le-feu en stoppant ses offensives sur le port de Hodeïda, assiégé depuis le mois de juin.

Parallèlement, le nouvel envoyé spécial de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, a relancé le processus de paix en annonçant de nouveaux pourparlers en Suède dans les semaines à venir. Mais cette énième tentative de paix n’aura aucune chance de réussir si l’ONU ne renouvelle pas sa lecture du conflit yéménite.

Il ne fait aucun doute que la paix au Yémen est étroitement liée aux intérêts des pays régionaux et internationaux. Toutefois, pour l’heure, seuls les acteurs locaux sont invités à participer aux pourparlers de l’ONU. Pire, la représentation dans ces discussions se limite aux Houthistes et au gouvernement de Hadi. Ils sont pourtant loin d’être les seuls acteurs influents au niveau local.

Cette configuration de la paix est très réductrice et ne reflète en rien la réalité que les quatre années de conflit ont engendrée sur la scène yéménite en termes de rapports de force. Il est illusoire d’élaborer un plan de paix sans prendre en considération la pluralité des acteurs du conflit yéménite et des enjeux locaux, régionaux et internationaux qui s’y superposent.

 

Auteure : Hannah Mohamed, Historienne, chercheur associé à l'IREMAM, Aix-Marseille Université

Source : https://theconversation.com/les-guerres-du-yemen

1) Evy - signature animée Titi

 

 

ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

 

 

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mercredi 13 avril 2016

Joséphine Baker, résistante pendant la guerre de 39/40 !

Publicity portrait of American singer, dancer, and actress Josephine Baker (1906 - 1925) in a military uniform, 1944.

http://www.gettyimages.fr/photos/jos%C3%A9phine-baker?sort=mostpopular&excludenudity=false&mediatype=photography&phrase=jos%C3%A9phine%20baker&family=editorial

Le 12 avril 1975, l'artiste Joséphine Baker disparaissait.

Saviez-vous qu'elle a été Résistante ?

"C'est la France qui m'a fait ce que je suis, je lui garderai une reconnaissance éternelle..."

Quand la guerre éclate, Joséphine Baker est au sommet de sa gloire. Dès 1939, l'artiste star devient, au péril de sa vie, l'agent de propagande du général de Gaulle et entre, en 1940, dans la Résistance. Militante antiraciste, celle qui chante "J'ai deux amours, mon pays c'est Paris…" refuse de voir Paris entre les mains d'Hitler. Afin de récolter des fonds au profit de l'armée française, elle donne de nombreux concerts. Sous-lieutenante des forces féminines de l'Armée de l'air, il s'agit de l'une des 1res icône parisienne à lutter contre les nazis en France et en Afrique.

Après la guerre, elle obtient la médaille de la Résistance puis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur et la croix de guerre 1939-1945.

Photo de Le Mémorial de Caen.
En photo : article publié dans le quotidien "Ce soir", le 12 octobre 1944 - crédits - "Histoire @ la Une" 

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vendredi 31 juillet 2015

A travers chants : Barbara

© Ina Brest bombardée

En 1946, Jacques Prévert publie "Paroles". Un recueil de 95 textes, avec au beau milieu un poème qui va toucher des générations de français. Barbara raconte les bombardements qui ont défiguré la ville de Brest, la fragilité de la vie face à l'absurdité de la guerre.

"Je suis allé à Brest le plus vite possible après la guerre, et j'ai vu que j'avais peut-etre exagéré en écrivant qu'il ne restait rien, mais je dois dire qu'il ne restait pas grand-chose.

En 1964, Jacques Prévert répond aux questions d'un journaliste de l'ORTF. Pourquoi a-t-il écrit Barbara ? Dans quelles circonstances ?

Le poète raconte qu'il connaissait ce coin de Bretagne pour y être venu entre les deux guerres avec le peintre surréaliste Yves Tanguy. Et que lorsqu'il a su que les bombardements avaient défiguré la ville, il a pris son stylo pour dénoncer l'absurdité de la guerre. Mais qu'il a dit Brest comme il aurait pu dire Hambourg ou Dresde, d'autres villes bombardées.

"Pourquoi Barbara ? Parce que c'est un prénom international" 

Le poème raconte les retrouvailles entre un homme et une femme. Elle marche, ruisselante, épanouie dans la rue de Siam. Il l'aperçoit, il l'interpelle, elle s'appelle Barbara. Ils ont l'air de s'aimer, mais le ciel se déchire et les bombes pleuvent. Ont-ils survécu ? On ne le saura jamais.

Prévert dit qu'il a choisi le prénom Barbara parce qu'il cherchait une fois encore à donner une tonalité universelle à son poème. Et que Barbara est un prénom international.

Le poème est sorti en 1946. Il a été mis en musique l'année suivante par Joseph Kosma. Et chanté par Yves Montand, Mouloudji, les Frères Jacques, ou Reggiani

Par Gilles Le Morvan

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/brest/travers-chants-barbara

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mardi 11 novembre 2014

BILAN ET CONSEQUENCES du conflit de la guerre de 14-18

FRANCE : 1 400 000 morts (et 3 000 000 de blessés)
ANGLETERRE : 870 000 morts
ITALIE : 500 000 morts
ETATS-UNIS: plus de 110 000 morts

ALLEMAGNE : 1 800 000 morts
RUSSIE : 1 700 000 morts
AUTRICHE : plus de 1 000 000 de morts

Avec les autres belligérants on arrive à un total de près de 10 000 000 de morts et
20 000 000 de blessés (dont beaucoup de grands invalides) ...
sans compter les quelque 13 000 000 de morts civils !
Partout en Europe, mais particulièrement en France principal
champ de batailles, tout est ruines, dévastation et désert.

Source :

http://ancrehistoire.fr/14-18/14-18e.html

 

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Armistice de 1918

L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5h15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre.

Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l'ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d'une guerre qui a fait plus de 8 millions de morts,( l'une des cause ; la famine), d'invalides et de mutilés. Les généraux allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'État-Major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Plus tard, en 1919, à Versailles, sera signé le traité de Verdun.

Le traité de Brest-Litovsk conduisant à la reddition de la Russie permet à l'Armée allemande de se concentrer sur le front de l'Ouest mais l'échec des offensives allemandes en juin et juillet 1918 et le renfort des alliés américains et britanniques retirent à l'Allemagne tout espoir de victoire. Depuis août, les forces allemandes reculent en bon ordre, mais avec de lourdes pertes, sur l'ensemble du front franco-belge. En septembre, l'État-Major allemand fait savoir à l'empereur que la guerre est perdue, mais ni Guillaume II, ni les chefs militaires ne veulent assumer la responsabilité de la défaite.

À partir de septembre, une série d'offensives de l'Entente sur les fronts d'Orient et d'Italie entraînent la capitulation des alliés de l'Allemagne. Les armistices sur les fronts d'Orient créent une « énorme brèche » (Ludendorff) que l'Allemagne n'est pas en mesure de colmater.

En même temps, sur le front belge les Franco-Belges lancent une attaque vers Bruges et enfoncent le front allemand.

L'agitation grandit dans les troupes allemandes et à l'arrière. Durant le mois d'octobre, les Allemands et le président américain Wilson échangent des notes dans lesquelles ce dernier est chargé, dans la lignée de ses quatorze points proposés en janvier dans un discours retentissant, de prendre en main le rétablissement de la paix.

Le 3 octobre 1918, l'empereur Guillaume II nomme un nouveau chancelier : Max de Bade, mais cela ne suffit pas à contrôler le pays : de nombreux marins et soldats refusent d'aller au combat, en particulier à Kiel.

Le 5 novembre 1918, à 6 heures du matin, Maurice Hacot, habitant d'Auchel et caporal affecté au centre radio-télégraphique de la tour Eiffel reçoit un message morse émis de Spa en Belgique. Il s'agit de la demande d'armistice de l'état-major1 allemand. Il transmet le message au colonel Ferrié.

Le 7 novembre 1918, Matthias Erzberger, représentant du gouvernement allemand, passe la ligne de front à Haudroy (commune de La Flamengrie, Aisne), en compagnie d’un autre civil et de quelques militaires. Ils sont dirigés vers la villa Pasques, à La Capelle pour préparer les négociations de l’armistice. C'est le caporal Pierre Sellier, originaire de Beaucourt (Territoire de Belfort), qui, ce jour-là, fut le premier clairon à sonner le premier cessez-le-feu.

Sous la responsabilité du commandant de Bourbon Busset, six voitures traversent la zone dévastée du Nord de la France, par Homblières et Saint-Quentin, pour se rendre au lieu de rencontre jusque-là tenu secret, une futaie de la forêt de Compiègne abritant deux petites voies ferrées parallèles, utilisées pour l’acheminement des pièces d’artillerie sur rail destinées au tir de longue portée sur lignes allemandes et où ont été acheminés deux trains, le train du maréchal Foch et un train aménagé pour la délégation allemande. Durant les trois jours, les Allemands n'ont que peu d'occasions de véritablement négocier. Ils doivent rapidement se plier aux conditions développées dans un texte qui leur est soumis. Ce texte avait été établi en dernier lieu par Foch, au titre de commandant suprême des forces alliées, après un mois de positions divergentes de Wilson, Clemenceau, Orlando et Lloyd George.

Le 9 novembre, le prince de Bade conseille au Kaiser l'abdication. Celui-ci part en exil aux Pays-Bas. Cet événement est un élément de pression important vis-à-vis des délégués allemands réunis dans le wagon de Rethondes. Le lendemain, le nouveau chef du gouvernement allemand, Friedrich Ebert, signe un pacte avec les dirigeants de son armée et implore son représentant à Rethondes de clore sans tarder les négociations.

Le 11 novembre, entre 5 h 12 et 5 h 20 du matin, l'armistice est signé avec une application sur le front fixée à 11 heures du matin, et ce pour une durée de 36 jours qui sera renouvelée trois fois (prolongation d'un mois dans le même wagon à Trèves le 12 décembre 1918 puis reconduction le 16 janvier 1919 et le 16 février 1919 pour une durée illimitée). À la suite de cet armistice est signé le traité de Versailles, le 28 juin 1919.

Source :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_1918

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jeudi 11 septembre 2014

État islamique. La guerre est déclarée

« Je veux que les Américains comprennent la nature de la menace et qu'ils soient confiants dans le fait que nous serons capables d'y faire face », a déclaré, ce week-end, Barack Obama.

À la veille du 13e anniversaire des attentats du 11-septembre 2001, le président américain Barack Obama s'apprêtait, hier soir, à autoriser des frappes en Syrie et à renforcer l'armée irakienne pour lutter contre l'État islamique (EI).

Dans la nuit, il devait présenter, lors d'une allocution solennelle depuis la Maison Blanche, la stratégie des États-Unis pour « affaiblir et, à terme, détruire le groupe terroriste ».

1. La nouvelle stratégie d'Obama. « Ce soir, le président expliquera comment les États-Unis mettront en place une stratégie pour affaiblir et, à terme, détruire l'EI », a annoncé, hier soir, un responsable américain. Plus tôt dans la journée, le New York Times avait indiqué que le président américain s'apprêtait à autoriser des frappes aériennes contre les combattants de l'Etat islamique en Syrie, comme les États-Unis le font déjà dans le nord de l'Irak depuis le début du mois d'août. « Je veux que les Américains comprennent la nature de la menace et qu'ils soient confiants dans le fait que nous serons capables d'y faire face », avait expliqué Barack Obama, ce week-end, promettant une nouvelle phase, plus offensive encore que les frappes lancées le mois dernier en Irak, tout en restant fidèle à son credo : pas de troupes américaines de combat au sol.

2. John Kerry en tournée au Moyen-Orient. À Bagdad, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, qui a entamé hier une tournée destinée à mettre en place une coalition internationale contre les jihadistes, a affirmé que l'armée irakienne, mise en déroute par l'EI au cours de ces derniers mois, serait « reconstituée et entraînée » avec l'aide des États-Unis et d'autres pays. Le nouveau Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, a, quant à lui, assuré que son pays était résolu à combattre ce « cancer » que représente l'EI. La visite du secrétaire d'État américain a été marquée par un double attentat qui a fait au moins 19 morts, à Bagdad.

3. Le soutien espéré des pays du Golfe. Après Bagdad, John Kerry se rendra, ce soir, à Amman, puis demain à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite. Il y rencontrera les chefs de la diplomatie des six monarchies arabes du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) ainsi que des représentants d'Irak, de Jordanie, d'Égypte et de Turquie. Les Américains veulent obtenir le soutien des monarchies du Golfe qui, après avoir été accusées de financer des groupes radicaux, ont pris conscience de la menace que représente l'EI pour leur propre stabilité.

4. Une coalition de 40 pays. Les États-Unis ont annoncé que plus de 40 pays - dont la France - participeraient, d'une manière ou d'une autre, à la coalition contre les jihadistes de l'État islamique. Sur cette quarantaine de pays, 25 sont nommés dans un décompte fourni par le département d'État. D'autres pourraient collaborer discrètement dans divers domaines : diplomatie, renseignement, assistance militaire, lutte contre le recrutement et les réseaux financiers de l'EI. Parmi les pays qui prendront part, à des degrés divers, à cette coalition, on retrouve le Canada, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg, l'Australie, mais aussi l'Albanie, la Pologne, la Norvège, le Danemark, l'Estonie, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, la Turquie, la Suisse, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Hongrie, la Corée du Sud, le Liban...

5. Hollande vendredi en Irak. Après John Kerry, le président français François Hollande se rendra vendredi en Irak, avant d'organiser, lundi, à Paris, une conférence internationale sur « la paix et la sécurité » dans ce pays. Hier soir, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé que la France participera « si nécessaire à une action militaire aérienne » en Irak. En complément Obama prépare l'Amérique à un long combat « Une décennie de guerre s'achève », lançait Barack Obama à l'aube de son deuxième mandat, lors de sa prestation de serment sur les marches du Capitole en janvier 2013, évoquant le retrait d'Irak et d'Afghanistan. Moins de deux ans plus tard, la donne a changé. Même si l'engagement est, cette fois-ci, de nature différente et que la Maison Blanche assure que ce ne sera pas « l'équivalent de la guerre en Irak », l'opération militaire américaine lancée début août va désormais s'inscrire dans la durée. « Cela prendra peut-être un an, peut-être deux, peut-être trois », reconnaissait, il y a quelques jours, le secrétaire d'État américain John Kerry. Preuve de ce changement de paradigme, Barack Obama a reconnu que, pour mener à bien la lutte contre un groupe « qui n'a pas sa place au XXIe siècle », les États-Unis devraient débloquer des ressources « supérieures » à celles qu'ils consacrent actuellement à la région. Revirement de l'opinion La perception de la menace a aussi changé au sein de la population américaine depuis la décapitation de deux journalistes américains - James Foley et Steven Sotloff - revendiquée par l'EI qui a diffusé les vidéos de leur exécution. Selon un sondage réalisé pour le Washington Post et ABC News, plus de deux tiers des Américains (71 %) soutiennent désormais des frappes aériennes américaines en Irak visant l'EI, contre 54 % il y a trois semaines et 45 % seulement en juin. Plus d'un Américain sur deux juge, par ailleurs, que le président a été trop prudent face à l'avancée fulgurante des jihadistes qui veulent rétablir un « califat », à cheval entre l'Irak et la Syrie. « Il est temps que le président Obama fasse preuve de leadership » en présentant une véritable « stratégie », a martelé, mardi, le sénateur républicain Mitch McConnell. « Il doit fixer des objectifs militaires et expliquer comment ils seront atteints », a-t-il lancé, quelques heures avant de rencontrer Barack Obama à la Maison Blanche en compagnie de plusieurs autres hauts responsables du Congrès. À l'issue de cette rencontre, John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, a notamment souligné qu'il serait prêt à soutenir le président. La Maison Blanche a, elle, évoqué un « échange fructueux » avec les responsables du Congrès, affirmant que Barack Obama estimait être en mesure de prendre les décisions nécessaires pour lutter contre les jihadistes sans avoir à solliciter préalablement le feu vert du Congrès.


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dimanche 6 juillet 2014

Juppé-Sarkozy, la guerre a commencé

 

sarkozy et juppé
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy s'échangent des amabilités. (MaxPPP)

Alain Juppé a critiqué jeudi les propos de Nicolas Sarkozy sur la justice. Les deux hommes n'hésitent plus à s'affronter par déclarations interposées.

Voilà, le nouveau duel à la mode. Alain Juppé a réagi jeudi aux explications de Nicolas Sarkozy sur sa mise en examen en déplorant la "mise en scène très théâtrale" de cette procédure, en estimant que l'on "aurait sans doute pu faire autrement" et en rappelant la présomption d'innocence. "Cela dit, vilipender une institution de la République, à savoir l'institution judiciaire, comme le font certains responsables politiques, ne me paraît pas de bonne méthode", a déclaré le maire de Bordeaux. Le membre du triumvirat de l'UMP n'a donc pas hésité à critiqué l'attitude de Nicolas Sarkozy lors de cette interview sur TF1 et Europe 1 donnée mercredi soir.

En fait, il est celui qui, à droite, a osé l'attaque la plus frontale. Si l'ancien Président croyait que le député-maire de Bordeaux n'oserait pas le duel, il s'est trompé. Et ce n'est pas la première fois que les deux hommes s'affrontent. Alain Juppé s'est moqué le 25 juin des propos rapportés de Nicolas Sarkozy sur son âge : "Il vaut mieux un sexa en forme plutôt qu'un quinqua amorti."

"Qu'il se présente, il me rajeunit"

A l'UMP, l'ancien Premier ministre a œuvré pour imposer la démission de Jean-François Copé, ce que les sarkozystes ne voulaient pas. Il a fait partir le directeur général des services Eric Cesari, que l'on surnommait à l'UMP "l'œil de Sarkozy". Quand les deux "ex" se sont vus il y a peu, Juppé lui a demandé de verser au pot pour rembourser l'amende pour dépassement des comptes de campagne acquittée par l'UMP. Le ton est rapidement monté et Nicolas Sarkozy lui a rappelé que lui n'avait jamais fait payer Jacques Chirac. Depuis, Nicolas Sarkozy est en colère contre son ancien ministre des Affaires étrangères et le fait savoir. Les Echos racontent ainsi, vendredi, que l'ancien Président se moque auprès de ses proches : "Qu'il se présente, il me rajeunit." "Moi je n'ai jamais été condamné! Et au fait, c'est quoi le bilan réformateur d'Alain Juppé? Il est nul", résume-t-il.

Juppé n'en est pas à sa première attaque. En mars dernier, il avait estimé qu'un mot de la tribune au Figaro de Nicolas Sarkozy avait "dépassé la pensée", celui de Stasi, la police secrète est-Allemande à laquelle il comparait la justice française. En février, dans un entretien aux Inrockuptibles, il appelait l'ex-chef de l'Etat à changer de stock d'idées : "On n'est plus en 2007, la France a changé, le monde a changé." Si Alain Juppé est si offensif, c'est qu'il estime qu'il a un coup à jouer en 2017. Les sondages le portent : pour la première fois depuis qu'il a quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy est devancé par Alain Juppé (74% contre 75%) chez les sympathisants UMP dans le baromètre CSA pour Les Echos et Radio Classique diffusé jeudi mais réalisé avant l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy.

Auparavant, les deux hommes s'épargnaient. Nicolas Sarkozy avait fait d'Alain Juppé un "sage" qu'il avait rappelé au gouvernement en 2010. Pour l'élection du président de l'UMP en 2012, il en avait fait son candidat, avant qu'il ne renonce à se présenter. Un proche des deux hommes dit qu'ils entretiennent une relation "complexe, mais également d'estime". Pour l'heure, l'"estime" semble avoir été mise de côté. 

Vivien Vergnaud - leJDD.fr

Mis en ligne par Evy, le 06 juillet 2014

Source :

http://www.lejdd.fr/Politique/Juppe-Sarkozy-la-guerre-a-commence-674699

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