jeudi 3 septembre 2015

Grèce: Le parti de Tsipras dépassé pour la première fois par la droite

L'ex-Premier ministre grec Alexis Tsipras lors d'un meeting à Athènes le 29 août 2015.

L'ex-Premier ministre grec Alexis Tsipras lors d'un meeting à Athènes le 29 août 2015. - Petros Giannakouris/AP/SIPA

Les Grecs interrogés se prononcent majoritairement pour un gouvernement de coalition, alors que l'ex-Premier ministre a appelé les électeurs à lui donner «un mandat fort, une majorité absolue»...

C'est une première. A dix-huit jours des élections législatives anticipées en Grèce, la droite est créditée d'une légère avance sur le parti de gauche radicale Syriza, dans un sondage diffusé mercredi soir sur la chaîne de télévision MEGA.

Le principal parti d'opposition, la Nouvelle Démocratie (ND-droite) recueille selon ce sondage 25,3% des intentions de vote contre 25% pour le parti d'Alexis Tsipras. L'ex-Premier ministre, qui a démissionné le 20 août, reste toujours populaire (41,9%). Mais le dirigeant de la ND, Vangélis Meïmarakis recueille désormais plus d'avis favorables (44,3%) que lui contrairement aux précédents sondages.

Les Grecs seraient favorables à un gouvernement de coalition

Les néonazis d'Aube dorée, dont les dirigeants et cadres sont poursuivis en justice pour des crimes, arrivent en troisième position avec 5,5%. Les dissidents du parti Syriza, qui ont formé le parti eurosceptique Unité populaire sont crédités de 4% des intentions de vote aux législatives anticipées, le troisième scrutin depuis le début de l'année.

Grèce: Le pari risqué d'Alexis Tsipras

Les personnes interrogées se prononcent également majoritairement pour un gouvernement de coalition (58,9%) alors qu'Alexis Tsipras, dont la démission après la scission de son parti a ouvert la voie aux élections anticipées du 20 septembre, a appelé les électeurs grecs à lui donner «un mandat fort, une majorité absolue».

Le 25 janvier, Syriza était arrivé au pouvoir avec 36,3% des voix contre 27,8% pour la droite, en promettant aux électeurs la fin de l'austérité. Le gouvernement Tspiras s'est ensuite résigné à conclure un accord avec l'UE et le FMI pour un troisième programme d'aide financière au pays surendetté, assorti d'exigences de réformes et mesures d'économie. L'échantillon du sondage, effectué entre le 31 août et le 2 septembre par téléphone à travers le pays est d'un millier de personnes.

M.C. avec AFP

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1678395-20150903-grece-parti-tsipras-depasse-premiere-fois-droite-sondages

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jeudi 2 juillet 2015

Grèce : l'Eurogroupe attendra le référendum de dimanche avant de reprendre les discussions

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem (au centre, en costume gris), le 1er juillet 2015 à la Haye (Pays-Bas).

Plus tôt dans la journée,

François Hollande avait plaidé pour la conclusion d'un accord "tout de suite".

Pour l'Eurogroupe, il est urgent d'attendre. Les ministres des Finances des pays de la zone euro ont décidé mercredi 1er juin d'attendre les résultats du référendum organisé en Grèce dimanche avant de reprendre les discussions avec le gouvernement Tsipras au sujet d'un nouveau plan d'aide. C'est le ministre des Finances slovaque, Peter Kazimir, qui l'a annoncé après une conférence téléphonique d'environ une heure.

• L'Allemagne ferme la porte, la France s'agace. Dans une déclaration, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a appelé la Grèce à "clarifier ses positions", et ne voit pas, dans cette nouvelle lettre, "de base" pour des décisions sérieuses. François Hollande a, lui, pris le contrepied d'Angela Merkel en plaidant pour un accord avec la Grèce avant le référendum du 5 juillet : "L'accord, c'est tout de suite !" Il a finalement été contredit par l'Eurogroupe, qui a décidé d'attendre le résultat du référendum avant une éventuelle reprise des négociations.

• Un vote "non" au référendum est nécessaire pour que la Grèce obtienne un meilleur accord, a réaffirmé Alexis Tsipras. Dans un message télévisé, le Premier ministre grec a redit qu'il continuerait les négociations avec les créanciers après le référendum. "Le non ne signifie pas une rupture avec l'Europe mais le retour à l'Europe des valeurs, le non signifie une forte pression" pour continuer les négociations. "Le référendum de dimanche ne porte pas sur la place de notre pays dans l'euro, c'est un acquis et personne ne peut en douter", a-t-il ajouté.

• Le Premier ministre grec avait pourtant écrit aux créanciers de la Grèce pour leur dire qu'il pourrait accepter leur projet d'accord publié dimanche, sous réserve de quelques modifications.

• Un sondage prédit la victoire du "non" au référendum sur les propositions des créanciers. Relayée par l'agence Reuters, cette enquête crédite le "non" de 54% des suffrages, contre 33% pour le "oui".

Par Yann Thompson, , Clément Parrot

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/grece/direct-grece-malgre-le-defaut-de-paiement-les-discussions-continuent

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mardi 30 juin 2015

Grèce : 4 raisons qui montrent que vous êtes bel et bien concerné !

En plongeant de 4,70 % dès l'ouverture de la bourse de Paris, le CAC 40 a démontré ce matin que la crise en Grèce n’était pas sans risque pour l’économie mondiale, européenne et française. Explications.

François Hollande a beau déclarer à la sortie d’un conseil restreint sur la crise grecque que "la France n’a rien à craindre", les répercussions de la crise en Grèce, d’un hypothétique défaut de paiement d’Athènes et d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, pourraient être importantes pour l’économie européenne tout entière voire mondiale. La bourse de Paris l’a démontré en ouvrant en forte chute, de 4,70 % ce lundi matin. Comment la crise de la dette grecque peut-elle contaminer toutes les économies de ses voisins ?

1- Une dette détenue en partie par la France. Pour commencer, il faut comprendre que la dette grecque est détenue en majeure partie les pays membres de la zone euro, puis par le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne et enfin, par les banques grecques ainsi que certaines banques européennes. Alors que des échéances approchent (la Grèce doit rembourser 1,5 milliard d'euros au FMI avant minuit ce mardi 30 juin, avec des caisses vides), Europe et FMI négocient actuellement avec Athènes pour maintenir un plan d’aide en contrepartie de réformes dites "structurelles" permettant au pays de faire des économies et de réduire drastiquement sa dette. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras ayant annoncé ce week-end par surprise qu'il allait soumettre ce plan à référendum dimanche 5 juillet, l'Eurogroupe a décidé de ne pas prolonger le prêt accordé au pays.

C’est donc dans un premier temps un défaut de paiement (l’impossibilité pour la Grèce de rembourser) qui se profile, synonyme de "faillite". Lesquels auraient de graves répercussions sur les créanciers du pays. Au total, selon Eurostat, la Grèce devait plus de 317 milliards d'euros à l'ensemble de ses créanciers fin 2014. La France est concernée à hauteur de 42 milliards, moins que l’Allemagne (56,5 milliards) mais plus que l’Italie (37,3 milliards), l’Espagne (24,8 milliards) ou même le FMI (24 milliards). Selon TF1, en cas d’effacement de cette dette, le manque à gagner pour l'Etat, et donc les contribuables,  serait important : 642 euros pour chaque Français (bébé compris), ou, plus précisément, 2 354 euros par foyer imposable.

2- Une crise financière et économique. A un second niveau, les bourses ont déjà anticipé ces événements, redoutant un ralentissement global de l’économie européenne à cause de l’effondrement de la dette grecque, allant des banques aux entreprises. Craignant des rendements en baisse dans les résultats des entreprises dans les prochains mois, les investisseurs vendent ainsi leurs actions en masse, faisant chuter les cours. C'est la raison de la chute du CAC 40, directement liée à la crise grecque ce lundi 29 juin. D'autres bourses mondiales, notamment les bourses européennes et asiatiques, suivent le même chemin, surprises par l'annonce du référendum grec et la tournure prise par les négociations ce week-end, alors qu'elle avaient terminé la semaine dernière sur une note de confiance (+5 % pour le CAC 40). A terme, c'est tout le financement de l'économie qui est en question. Une nouvelle crise économique et financière n'est donc pas tout à fait écartée selon certains économistes.

3- Une crise des dettes souveraines. Cette défiance se double d’une méfiance des investisseurs vis-à-vis des Etats eux-mêmes, dont ils doutent de la capacité de rembourser leurs emprunts, à l'instar de la Grèce. Les créanciers risquent donc d’augmenter les taux d’intérêts auxquels les Etats empruntent sur les marchés pour financer leur propre dette et, dit-on, "boucler leurs fins de mois". Dans les deux cas, ce sont bien les pays de la zone euro et leurs économies qui seraient les premières touchées. La France, qui se vantait encore il y a quelques semaines d'emprunter à des taux particulièrement bas, pourrait elle-aussi être mise en difficulté dans les prochaines semaines. Les plus pessimistes n'écartent d'ailleurs pas un scénario à la grecque.

4- Une crise de l'euro. Enfin, la rupture entre la Grèce et ses partenaires européens pourrait se traduire par une sortie de la Grèce de la zone euro (le fameux "Grexit"). De quoi faire encore une fois douter les investisseurs de la solidité de la monnaie elle-même. Le cours de l’euro pourrait en être rapidement malmené, les financiers préférant convertir leurs euros en dollars, en yen japonais ou dans d’autres "valeurs-refuges" comme le franc suisse. Au bout du scénario catastrophe cette fois : un euro excessivement faible qui provoquerait une inflation en zone euro et qui serait alors une strate supplémentaire de la crise.

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dimanche 28 juin 2015

Les milliards de la dette n’ont servi qu’à remplir les coffres des banques

La commission d’audit sur la vérité de la dette grecque, mise en place en mars par la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a rendu publiques ses conclusions préliminaires à la mi-juin. Ce pré-rapport met en lumière les pernicieux mécanismes qui confirment dès lors l’illégitimité et l’insoutenabilité, de cette dette, affirme l’économiste Éric Toussaint, en charge de la coordination de ces travaux. Entretien.

HD. Quels sont les points forts du rapport préliminaire qui décortique la généalogie de la dette de la Grèce ?

Éric Toussaint. Pour dresser ce rapport, nous nous sommes penchés sur les prêts consentis par les 14 États membres de la zone euro, qui s’élèvent à 53 milliards d’euros, le prêt débloqué par le Fonds européen de stabilité financière, de l’ordre de 130 milliards, les 27 milliards de titres détenus par la Banque centrale européenne (BCE) et les prêts octroyés par le FMI à hauteur de 27 ou 28 milliards. Nous avons analysé en priorité les dettes réclamées par les institutions que je viens de citer pour voir si l’on peut les considérer comme illégitimes, illégales ou insoutenables. Les résultats de nos investigations nous permettent de répondre clairement que c’est le cas.

HD. En quoi, précisément, ces dettes sont-elles illégitimes ?

E. T. La raison est simple: ces dettes n’ont absolument pas bénéficié à la Grèce. Elles ont été en réalité octroyées pour favoriser les grandes banques privées, notamment françaises et allemandes, lesquelles étaient les principales créancières jusqu’au début de 2010. Nous estimons qu’une dette est illégitime dans la mesure où elle est accumulée sans respecter l’intérêt général, mais pour favoriser une mino rité privilégiée. Les montants qui ont été octroyés par les 14 États membres de la zone euro, dont la France (10 milliards), ne sont pas arrivés dans les caisses de l’État grec, ils n’ont pas servi à payer des retraites ou des salaires de fonctionnaires, à faire fonctionner des hôpitaux ou à maintenir en état des infrastructures, mais à remplir les coffres des banques, lesquelles étaient par ailleurs à l’origine de la crise.

HD. Dans quelle mesure les résultats de vos travaux peuventils inspirer et renforcer la position du gouvernement grec face à la pression de ses créanciers ?

E. T. Nous apportons aux autorités grecques des arguments très solides pour délégitimer les demandes des créanciers.

HD. Mais, concrètement, comment est-ce possible, sachant que cela n’a pas de valeur juridique ?

E. T. Il n’y a effectivement pas d’instance juridique internationale qui peut donner raison à la Grèce, mais la négociation ne s’effectue pas uniquement sur cette base. Dans les discussions qui ont cours, chacun avance des arguments. La Grèce peut parfaitement se prévaloir d’un acte souverain en invoquant le caractère illégitime, et surtout, insoutenable de la dette. Un État qui se trouve dans cette situation peut valablement suspendre souverainement et unilatéralement le paiement de sa dette sans que l’on puisse lui réclamer des intérêts de retard et sans être en infraction au regard du droit international.

HD. Au-delà de la question de la dette grecque, quelle peut être la portée de ce rapport pour les autres pays européens et pour les pays du tiers-monde ?

E. T. Il est clair que le cas grec peut être comparable à des situations de pays en développement qui sont entrés sous le joug des institutions internationales (Banque mondiale et FMI) à partir des années 1980. La Grèce commence effectivement à ressembler fortement à ce que l’on a alors connu. C’est pourquoi il est important que le peuple qui a porté Syriza au pouvoir avec un plan anti-austérité impose sa souveraineté aux créanciers. L’enjeu a dans tous les cas une dimension internationale dans la mesure où Juncker, Merkel, Moscovici, Lagarde, Rajoy veulent démontrer aux peuples d’Europe qu’il est impossible de rompre avec l’austérité. C’est cela qui est en réalité au centre des discussions. La dette est un instrument de subordination d’un pays et d’un peuple à la volonté des créanciers qui veulent poursuivre, comme François Hollande et Moscovici, l’orientation néolibérale. Si le peuple grec réussissait à obtenir de ses créanciers un changement de situation, cela ne pourrait qu’encourager d’autres peuples à relever la tête pour lutter contre l’austérité.

HD. La sortie de la Grèce de la zone euro vous semble-t-elle envisageable ?

E. T. Je pense qu’il est parfaitement possible de trouver une solution à la dette grecque en mettant en place des mesures complémentaires, telles que le contrôle des banques, le contrôle du mouvement des capitaux et la relance des dépenses publiques afin de booster l’économie et de créer des emplois. Il est possible d’y parvenir sans sortir de la zone euro, en ayant peut-être recours à une monnaie complémentaire. Il y a d’ailleurs des discussions dans ce sens à Athènes.

L’escroquerie dévoilée par une ex-"huile" de Bruxelles. Philippe Legrain a été, de février 2011 à février 2014, conseiller économique de José manuel Barroso alors président de la commission européenne. il a été auditionné le 11 juin dernier par la présidente du parlement grec et la commission pour la vérité sur la dette grecque. il a révélé qu’en 2010 le prêt octroyé à la Grèce était destiné au remboursement immédiat des banques françaises et allemandes qui étaient les principales créancières. Les dirigeants d’institutions, dont Jean-claude trichet (ex-directeur de la Bce), s’étaient alors opposés à toute restructuration de la dette grecque pourtant insoutenable pour défendre les intérêts des banques. De plus, en achetant à l’époque des titres grecs sur le marché secondaire, la Bce a permis aux grandes banques européennes de revendre leurs titres à bon prix. selon philippe Legrain, non seulement les grandes banques n’ont essuyé que peu de pertes mais certaines même ont réussi à dégager de beaux profits de cette opération. Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement grec a remboursé 7 milliards d’euros à ses créanciers.

Nadjib Touaibia - Humanité Dimanche

Source : http://www.humanite.fr/les-milliards-de-la-dette-nont-servi-qua-remplir-les-coffres-des-banques-577461

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vendredi 19 juin 2015

LA CRISE GRECQUE UNE FAILLITE EUROPEENNE .

Source : https://youtu.be/9whoYlM0qkU

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vendredi 27 février 2015

Le problème en Europe, c’est l’Allemagne de Merkel

Maintenant nous entrons dans une bataille de propagande contre la Grèce de Tsipras. Une troupe composite de droitiers écumant de rage, de gauchistes toujours prompts à excommunier qui ne se plie pas à leur mantras abstraites, et d’ancien gauchistes pour qui l’échec des autres doit justifier leur propre mutation libéralo-libertaire, se coalisent pour chanter sur tous les tons la « capitulation de Tsipras ». Que dis-je : « la première capitulation » comme titre « Médiapart ». Car bien-sûr, il y en aura d’autres ! C’est acquis d’avance ! Il est temps de se démoraliser promptement ! Il est juste de rentrer à la maison, de ranger les banderoles pour en faire des mouchoirs, d’éteindre les lampions et de se couvrir la tête de cendres froides. Jean Michel Aphatie a immédiatement posé le diagnostic : Tsipras a promis n’importe quoi, et maintenant, comme tous les autres, il doit « s’incliner devant les réalités ». Les réalités c’est la politique des intérêts allemands avec lesquels nous sommes appelés à collaborer dans notre propre intérêt ! Cette vision de la réalité n’est pas conforme aux faits. Elle est seulement une pièce dans le jeu de nos ennemis. Le but de notre lutte est la victoire. La partie se joue dans un délai qui n’est pas de huit jours. Deux rythmes sont à concilier. D’abord celui de l’opinion grecque parce qu’il engage la survie du gouvernement de Syriza. Ensuite celui des élections en Europe dans les pays où la brèche peut s’élargir : Espagne, Irlande et nous, aux régionales françaises de fin 2015. Imagine-t-on cette séquence ouverte par l'effondrement d’un pays qui est censé commencer notre cycle en Europe ?

L’Allemagne a joué un rôle hideux en créant une crise avec la Grèce. L’atrabilaire Schäuble a été si odieux avec les Grecs que le ministre Varafoukis a été mis dans l’impossibilité de traiter directement avec ce fanatique dominateur et insultant. La baudruche sociale-démocrate, Sigmar Gabriel, vice chancelier de Merkel, s’il vous plait, a confirmé que seule la capitulation serait acceptée par le gouvernement de droite et du PS d’Allemagne. Du coup « El País », le quotidien espagnol proche du PSOE titre fièrement « l’Allemagne impose sa loi ». Célébrer l’Allemagne avec ces mots, c'est politiquement correct ! Sans oublier la presse allemande qui adresse à la une des « danke ! Herr Schäuble », « merci, monsieur Schäuble » avec des trémolos dans la voix comme seuls les larbins « éthiques et indépendants » savent le faire quand il s’agit d’argent. Que tout cela soit la démonstration de ce que j’affirme sur l’arrogance du parti allemand en Europe est évidemment indifférent aux rédacteurs enthousiastes de ces coups de mentons. Le parti Merkel n’a pas besoin de se soucier des formes. Leurs petits amis français regardent ailleurs. Il veille, le parti bisounours pro-n’importe quoi du moment, que cela porte le tampon « Europe » et « économie de marché » ! Critiquer l’Allemagne est considéré ici comme du racisme selon Cohn-Bendit et ses répétiteurs de la meute des libéralo-libertaires. Qu’un Allemand défende l’Allemagne est toujours sympathique, n’est-ce pas, Jean-Patou ? Qu’un Français défende son pays et les peuples qui souffrent, à commencer par les douze millions d’Allemands pauvres c’est du chauvinisme, n’est-ce pas Marie-Syphilde ? On connaît. Parce qu’on a déjà connu.

Rassemblement de soutien au peuple grec devant l’ambassade d’Allemagne en France, le mercredi 25 février 2015
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

Donc, pour l’essentiel il s’agit d’une bataille de communication et de propagande dont l’enjeu est la capacité de contagion de la rupture grecque ! Une bataille. Le but des eurocrates politiques et médiatiques, une fois passé le temps de la rage et de l’injure, passé leur déception de ne pas avoir vu l’extrême droite être au niveau qui permet le chantage au vote utile de tous les moutons affolés, c’est d’isoler la Grèce de Tsipras. L’isoler diplomatiquement et l’isoler dans le peuple en déconsidérant l’alternative Tsipras pour dissuader les autres pions du domino. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le numéro du gros quotidien espagnol « El País » qui encense la « victoire » de l’Allemagne sur la Grèce soit également largement consacré à une série de calomnies et d’insinuations fielleuses contre Podemos, sur la même une. Avec reprise sur deux pages entières à l’intérieur, dont un ténébreux titre sur « la face occulte de Pablo Iglésias ». Quoique beaucoup plus vendu que « Le Monde », qui se confidentialise, « el Pais » est bien son homologue en Espagne. Evidemment, Podemos étant un danger électoral plus élevé que nous et « El Pais » n’ayant pas d’extrême droite à valoriser comme son homologue français, le « bashing » de Podemos occupe une place beaucoup plus large que le dénigrement du Front de Gauche dans le journal de Plantu et des publi-reportages lepénistes.

Voyons plutôt à présent où nous en sommes réellement. Une assemblée d’organisateurs de la fraude fiscale en Europe, hier encore présidée par un homme qui en avait fait une spécialité dans son pays, Monsieur Junker, se réjouit du plan grec et se sent « notamment encouragée par l'engagement fort à combattre l'évasion fiscale et la corruption ». Ha ! Ha ! À ces mots, on devine la comédie qui se joue. Ce qu’ils ont dû céder, ils veulent donner l’impression de l’organiser. L’idée est d’humilier la Grèce et de présenter son gouvernement comme traître à son peuple. Que le traité d’armistice ne soit pas à notre goût, cela va de soi. Pour autant, faut-il aboyer avec la meute et nous transformer en procureurs ? Faut-il ne tenir pour rien qu’en pleine Europe de l’austérité et dans un pays martyr une liste de « réformes progressistes » soit maintenue ? Car outre la lutte contre l'évasion fiscale et contre la corruption, la liste de réformes comprend, selon un aperçu fourni par le gouvernement grec, une série de mesures en faveur des plus démunis, conformément au programme électoral de Syriza. Il s’agit notamment de la fourniture d'électricité gratuite à des familles dans le besoin, d'accès gratuit aux services de soins, de distribution de coupons d'aide alimentaire et de transport pour les plus dépouillés. Sans oublier les quatre mois de gagnés pour préparer le round suivant !

Aucun des aboyeurs contre Tsipras n’ayant dénoncé la manœuvre de la Banque centrale européenne pour étrangler la Grèce en la privant de liquidités, aucun ne pouvait donc rendre compte du fait que toute la négociation s’est faite sous la contrainte. Avec un délai. Le gouvernement grec ne pouvait « tenir » que jusqu’à ce mardi, compte tenu du niveau des retraits de fonds opérés par les Grecs à l’annonce de la manœuvre de la banque centrale pour les spolier de leurs avoirs. Mon précédent post explique comment fonctionne cette mécanique. Gagner du temps sans renoncer à rien, c’était l’objectif. Il a mobilisé tous les amis du gouvernement grec actuel par tous les moyens dont chacun disposait. C’était aussi le sens du rapport de force qu’essaient de construire nos manifestations de soutien dans les rues. Désigner le gouvernement allemand comme responsable de l’étranglement de la Grèce est non seulement conforme à la réalité mais nécessaire pour la préparation idéologique des étapes suivantes de notre lutte. Voyons lesquelles.

rassemblement ambassade allemagne 3
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

Commençons par la Grèce. Tsipras ne doit pas perdre le soutien populaire. Il doit l’élargir. Syriza a gagné avec 36 % des voix. Une large majorité continue à croire aux « bienfaits de l’Europe » ou aux menaces de la propagande libérale sur le sujet. Il est impossible d’infliger un effondrement du système bancaire moins d’un mois après avoir gagné une élection. Nous, Français, nous le savons, qui avons subi quatre dévaluations, un contrôle des changes et un emprunt forcé dans les premiers mois du gouvernement du Programme Commun à partir de 1981. Il faut que le peuple grec comprenne dans sa profondeur la responsabilité de l’Allemagne, la responsabilité du gouvernement Merkel pour expulser la Grèce de la zone euro pour que, dans le cas ou tout ceci finirait par avoir lieu, l’actuelle majorité ne se voie pas imputer la responsabilité des aspects désagréables qui en résulteraient. Le bras de fer, les négociations à rebondissements, sont un élément de la pédagogie de masse d’un pouvoir populaire. Il doit devenir clair pour tous que le problème de l’Europe, c’est l’Allemagne qui le concentre. Evidemment, le jeu de l’adversaire est de proclamer une défaite quand les mesures de violences n’ont pas eu raison du courage des Grecs.

Voyons la ligne de brèche en Europe. Imagine-t-on ce que seraient des élections en Espagne, Irlande, chez nous et ailleurs si le bilan du changement en Grèce était l’effondrement en un mois ! Je n’en dis pas davantage. Mon intention est seulement de faire comprendre qu’une partie comme celle-là ne se joue pas sur le mode gentillet d’une alternance à la papa. Le continent européen entre en ébullition ! La guerre gronde à la frontière de l’est en Ukraine, dans les mains d’irresponsables provocateurs néo-nazis et d’agents Nord-Américains. Les pays récemment annexés par l’union européenne ou ceux qui entrent dans la catégorie des candidats à l’entrée dans l’Union connaissent tous de violentes secousses sociales qui remettent en cause tous les équilibres et petits calculs. Plus de 50 000 personnes du micro prétendu État croupion du Kosovo quittent leur pays pour aller essayer de travailler en Allemagne, sur la base d’une simple rumeur de visa facile. On voit que rien ne tient par soi-même des constructions absurdes de cette « Europe » qui protège. Quand plus de la moitié des immigrations en Europe viennent des pays européens eux-mêmes, le chaos s’avance. Quand, dans une vision étroitement marchande de type post-colonial, le gouvernement allemand pense compenser le vieillissement accéléré de la population par des vagues géantes de migration, il joue avec le feu qui est déjà allumé dans un pays dont les remugles ethnicistes sont en pleine résurrection.  

Dans ce contexte européen, le gouvernement de Tsipras obtient une victoire. Cela parce que le rapport de force lui était totalement défavorable. Alexis Tsipras est Premier ministre depuis moins d’un mois. Il a dû mener cette négociation en même temps que l’installation de son nouveau gouvernement et avec un pays au bord de l’asphyxie financière. Il était seul à la table de négociations, sans alliés, avec seulement quelques États jouant un rôle de médiateurs. Il dirige un pays d’à peine 11 millions d’habitants sur les 334 millions d’habitants de la zone euro. La Grèce représente à peine 2% de la production annuelle européenne. Que tous les docteurs en sciences révolutionnaires méditent ce que veut dire un rapport de force national !

Le gouvernement grec a négocié avec le pistolet sur la tempe. L’accord est intervenu 8 jours avant la fin du plan de « sauvetage » actuel, alors que l’Union européenne et le FMI doivent verser 7,2 milliards d’euros. Surtout, la Grèce avait sous la gorge le couteau de la BCE. On sait que depuis le 4 février, la BCE a coupé le canal essentiel de refinancement des banques grecques. Elle ne renouvelle l’autre canal de refinancement que par périodes de 15 jours selon la méthode d’un chantage permanent. Dans ce contexte, les retraits aux guichets des banques grecques s’envolaient ces derniers jours. Certaines sources indiquent que le gouvernement grec aurait été obligé de limiter les montants retirés dès ce mardi, voire que certaines banques n’auraient pas pu ouvrir. Dans ce contexte, combien de gouvernements auraient passés par-dessus bord tous leurs engagements ? Pas Tsipras.

rassemblement ambassade allemagne 2
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

L’accord prévoit le prolongement du financement européen pour 4 mois, jusqu’à fin juin. Cela inclut le versement de 7,2 milliards d’euros : 1,6 milliard d’euros de la part du Fonds européen de stabilité financière, 1,6 milliards d’euros de la BCE qui reversera les intérêts perçus sur la dette grecque, et 3,6 milliards d’euros du FMI. Le gouvernement grec a aussi obtenu une prolongation du fonds destinés à la stabilisation du système bancaire. Certes, il n’a pas obtenu de pouvoir récupérer les 11 milliards d’euros concernés pour le budget grec. Mais l’Allemand Schäuble n’a pas obtenu non plus que ce fonds soit dissout et que les 18 autres pays récupèrent cet argent comme il le réclamait.

Le gouvernement grec a obtenu plusieurs choses. Tout d’abord, donc, un financement pour 4 mois qui lui permettra de rembourser 1,4 milliards d’euros au FMI en mars et de faire face aux rentrées fiscales jusqu’ici moins importantes que prévues par le précédent gouvernement. Ce versement ainsi que le temps gagné vont permettre au gouvernement de commencer à appliquer son programme. Ce prolongement n’est pas une fin en soi comme l’exigeait l’Allemagne puisque le communiqué de l’Eurogroupe indique clairement que « cette extension comblera également le temps nécessaire pour les discussions sur un éventuel accord de suivi entre l'Eurogroupe, les institutions et la Grèce ». À mes yeux, la perspective d’une période de transition est une nette victoire des Grecs.

Tsipras a obtenu plus que cela. Il a obtenu de ne pas augmenter la TVA, ni durcir les conditions de départ à la retraite, ni baisser les pensions de retraites comme l’exigeait la Troïka et comme le prévoyait l’ancien gouvernement de droite. Il a également obtenu une levée partielle de la tutelle sur son pays. L’accord prévoit en effet que c’est le gouvernement grec qui proposera désormais des réformes et que « les institutions », c’est-à-dire la BCE, le FMI, la Commission européenne et les autres États de la zone euro devront les accepter, en partie dès ce mardi 24 février, en partie d’ici fin avril. Comme l’a dit le ministre Varoufakis, la Grèce cesse d’être un élève soumis à la Troïka pour proposer « son propre script ». C’est ainsi que le gouvernement grec a fait savoir que les réformes du droit du travail relevaient de la « souveraineté nationale ». Il a donc maintenu sa promesse de rétablir les conventions collectives protégeant les salariés.

Le gouvernement grec s’engage en contrepartie à payer ses créanciers ? Rien d’autre que ce que Tsipras avait dit dans sa campagne électorale. Le gouvernement grec s’est aussi engagé à ne pas prendre de mesures unilatérales ayant « un impact négatif sur les objectifs budgétaires, la reprise économique, la stabilité financière ». Le gouvernement Tsipras a toujours dit qu’il ne souhaitait pas remettre en cause l’équilibre budgétaire ni procéder par des annonces unilatérales. Il est décisif pour lui de montrer que s’il a été contraint à des annonces unilatérales ces derniers jours, c’est en réponse à l’agression unilatérale de la Banque centrale européenne le 4 février et à l’arrogance du ministre allemand tout au long de la négociation. La liste des « réformes » qu’a proposée le gouvernement grec a été adoptée. Si elle avait été rejetée, le ministre Varoufakis a déjà fait savoir qu’il considérerait l’accord de vendredi comme « nul et non avenu ». Cette liste de réformes que propose le gouvernement prouve sa détermination. Il entend utiliser les quatre mois qui viennent pour commencer à appliquer son programme. L’essentiel, on l’a dit, a habilement porté sur la lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Que pouvaient objecter les eurocrates qui sont ici sur leur point faible ! Et il y a aussi une réforme fiscale pour « que les impôts soient réparties de manière plus juste socialement ». On voit bien ici que le simple mot de « réforme » ne veut rien dire. Qu’y a-t-il de commun entre exiger une hausse de la TVA, impôt injuste, et lutter contre la fraude fiscale des oligarques grecs ? Rien sinon le mot « réforme » et, éventuellement, la recette fiscale qu’on peut en attendre. Il est d’ailleurs stupéfiant de voir que le communiqué de l’Eurogroupe reconnaît qu’en la matière, « les priorités politiques grecques peuvent contribuer à un renforcement et une meilleure mise en œuvre de l'arrangement actuel ». La zone euro découvre ainsi que Syriza est mieux armé pour lutter contre la corruption que les partis corrompus qui dirigeaient la Grèce jusqu’ici ! C’est sans doute l’hommage du vice à la vertu.

Voila où nous en sommes. Si Schäuble refuse les réformes grecques, il portera la responsabilité de la rupture. Il en va de même pour le Bundestag, le Parlement allemand, qui doit se prononcer sur l’accord, comme les Parlements néerlandais, estonien et finlandais. Si tout se passe sans encombre, la bataille va se poursuivre. Celle visant bien sûr à « préciser et valider » la liste des réformes pour valider les versements d’ici fin avril. Mais surtout, la discussion de fond d’ici fin juin sur la renégociation de la dette grecque. Comme l’a dit Tsipras, la Grèce tourne le dos à l’austérité mais des difficultés restent à venir. La bataille se poursuit. Elle sera rude. Les menaces et le chantage risquent de reprendre au fur et à mesure qu’on se rapprochera de la fin juin. Tsipras a donc 4 mois pour faire grandir la capacité du peuple grec à tenir le choc et pour trouver des alliés, y compris hors de l’Union européenne. Pour notre part, nous avons 4 mois pour faire grandir la solidarité avec le peuple et le gouvernement grecs.

Je conclus ce chapitre par un extrait du discours de Tsipras du samedi 21 février. J’estime que sa parole a davantage d’importance et de crédibilité que celle d’une poignée de commentateurs intéressés à sa défaite. Le gouvernement grec n’a pas l’intention de céder. Le discours d’Alexis Tsipras, samedi 21, le dit clairement. Je vous en livre quelques extraits pour que vous notiez la tonalité combative et la place de la bataille pour la souveraineté dans son combat. « Nous avons franchi une étape décisive, laissant l’austérité, le mémorandum et la Troïka derrière nous. Une étape décisive qui autorisera le changement dans la zone euro. [Vendredi] n’était pas la fin des négociations. Nous allons entrer dans une nouvelle étape, plus substantielle, dans nos négociations jusqu’à atteindre un accord final pour la transition des politiques catastrophiques du mémorandum vers des politiques centrées sur le développement, l’emploi et la cohésion sociale. Certes, nous allons faire face à des défis. Mais le gouvernement grec s’est engagé à aborder les négociations qui auront lieu entre maintenant et juin avec encore plus de détermination. Nous nous engageons à la restauration de notre souveraineté nationale et populaire. Ensemble, avec le soutien du peuple grec, qui sera le juge ultime de nos actions. Comme partisan et participant actif, le peuple grec nous aidera dans nos efforts pour parvenir à un changement politique. Notre lutte commune continue. »

Merci Alexis !

Source :

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/02/25/le-probleme-en-europe-cest-lallemagne-de-merkel/

Posté par evynou35 à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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