lundi 19 décembre 2016

Marre du rose !!!

Le rayon jouets, un rayon genré. Mike Mozart/Flickr

Pour promouvoir l’égalité hommes-femmes dans nos sociétés, il convient d’examiner de plus près le rayon jouets, qui perpétue un conservatisme anachronique :

En 2016, les filles semblent toujours cantonnées aux joujoux roses et aux rôles domestiques et/ou glamour, tandis que les garçons sont d’emblée incités à sauver le monde à grand renfort de super-héros.

Gabrielle Richard, sociologue du genre à l’Université Paris-Est Créteil, a répertorié quelques-unes des initiatives contemporaines qui visent à faire bouger les lignes et les couleurs, pour qu’enfin l’industrie du jouet, les parents et les éducateurs prennent conscience que toutes les petites filles et tous les petits garçons ont besoin d’imaginer leur destin librement, sans sacrifier aux stéréotypes de genre.

Bonne lecture !

Sonia Zannad, rédactrice

 

Comment les jouets (dé)construisent le genre de nos enfants

Gabrielle Richard, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

La période des cadeaux de Noël est l’occasion de se pencher sur les impositions de normes de genre aux enfants, et ce, dès leurs premiers jouets.

"Rose pour les filles, bleu pour les garçons. Quel consommateur n’a-t-il pas été confronté à cette inévitable réalité dans les rayons jouets ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 89 % des jouets dits « de fille » sont de couleur rose. C’est du moins ce que nous apprennent les résultats d’une recherche menée par l’Institution of Engineering and Technology (IET) et publiée début décembre.

L’enquête, conduite sur les sites Internet des 10 plus grands magasins de jouets du Royaume-Uni et sur les principaux moteurs de recherche (Google, Bing), nous apprend que les jeux axés sur la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques sont trois fois plus susceptibles d’être mis en marché de manière à cibler les garçons. L’IET déplore ce constat, relevant un lien par trop direct avec la faible proportion de femmes dans les métiers correspondant.

Ce n’est pas la première fois que la question des jouets genrés fait surface avant Noël. En décembre 2015, les magasins U publient leur catalogue de Noël et lancent la campagne publicitaire Noël sans préjugés, laquelle comprend une vidéo diffusée en ligne et sur les chaînes télévisées françaises à heure de grande écoute.

https://youtu.be/GEIQJqPgjLY

Elle met en scène des enfants qui expliquent à la caméra comment ils savent qu’un jouet est pour une fille ou pour un garçon. « Les jeux de garçon c’est le foot, et les jeux de filles, c’est la dînette », explique l’un des enfants. « Un château, il est rose, alors c’est pour les filles », d’expliquer un autre. Les enfants se voient ensuite ouvrir les portes d’une immense salle de jeux avec une diversité de jouets. Les enfants ont tôt fait de s’emparer des jouets qui leur plaisent, qu’ils soient ou non traditionnellement considérés comme appropriés pour leur sexe. Le message ? « Il n’existe pas de jouets pour filles ou pour garçons, mais des jouets tout simplement ».

Le maintien des stéréotypes

« L’ennui avec les jouets genrés, c’est qu’ils maintiennent chacun et chacune dans des cases pleines de stéréotypes », explique en entretien téléphonique Éléonore Stevenin-Morguet, porte-parole d’Osez le féminisme ! « Cela dessert particulièrement les filles. Dans la section rose des catalogues, on les invite à jouer trois types de rôles : la ménagère, la mère et la jolie. Les garçons, eux, se voient réservés la plupart des jeux cultivant l’imagination ».

Le problème est, dans les faits, double. D’une part, il concerne la manière dont les jouets sont catégorisés. La majorité d’entre eux ne sont censés s’adresser qu’aux filles ou aux garçons. Cela est évident par la manière dont ils sont conçus (leur couleur, ce qu’ils mettent en scène) et mis en marché (section du magasin ou rubrique du site Internet où on le trouve, quel enfant y joue dans les publicités, etc.).

Les jouets « de filles », par ailleurs souvent plus coûteux, suggèrent qu’on attend des filles qu’elles soignent la sphère domestique (jeux d’imitation, de ménage, de dînette), les enfants (poupées en tous genre), ainsi que leur apparence physique (robes de princesses, jeux de maquillage/coiffure, bijoux et autres apparats). Les garçons héritent plutôt des jeux d’aventure, de construction et d’exploration, ainsi que de la tâche de sauver le monde (superhéros, policiers, pompiers). Bref, il ne s’agit pas exactement d’une répartition équitable, les opportunités ludiques offertes étant à la fois plus nombreuses et plus valorisantes pour les garçons.

Les jouets genrés exacerbent donc les différences entre filles et garçons en se faisant porteurs de messages liés à ce que les enfants devraient aimer en fonction de leur sexe. Ils posent également problème parce qu’ils prescrivent ce que filles et garçons ne devraient pas aimer. Ils suggèrent que certains comportements ne sont pas attendus d’eux, qu’ils n’y performeront pas, voire qu’ils devraient s’en tenir à distance. Qu’une fillette n’aura peut-être pas les habiletés nécessaires pour construire le vaisseau spatial Lego. Qu’un garçon ne trouvera probablement pas sa place à la cuisine, ou n’aura pas l’instinct pour s’occuper d’un bébé, fut-il en plastique.

D’aucun diront que rien n’empêche les enfants qui le désirent de s’aventurer dans les sections réservées aux jouets du sexe dit « opposé ». Or, si l’incursion est possible, elle n’est viable que pour les filles – et encore, à condition qu’elle soit ponctuelle et qu’elle ne remette pas en question l’existence même de ces catégories genrées. Les garçons, eux, sont fortement découragés d’explorer du côté féminin.

Les jouets mettent en place un système genré

Le véritable danger de ces jouets genrés, c’est qu’ils alimentent une prophétie autoréalisatrice, c’est-à-dire qu’ils contribuent à faire advenir ce qu’ils créent. Maïté est théoriquement libre de collectionner les cartes Pokémon, mais sera déçue si les cadeaux offerts par sa chaîne de restauration rapide favorite prévoient pour elle une pouliche plutôt que l’option Pokémon réservée aux garçons. Si Thomas veut jouer à la dînette, mais que ses parents ne trouvent que des dînettes de couleur rose, il est peu probable qu’ils désirent la lui acheter. Bref, l’offre de jouets est à bien des égards en décalage avec ce avec quoi les enfants pourraient souhaiter s’amuser.

Les jouets n’ont toutefois pas toujours été aussi stéréotypés. L’exacerbation du sexisme dans l’industrie du jouet, documentée depuis les années 1980, doit être considérée avec les évolutions démographiques et sociétales qui lui ont été simultanées.

Avec les avancées du mouvement féministe, les années 1970 ont donné lieu à une réduction marquée des efforts de mise en marché ciblés sur le genre – et représentant les filles dans des domaines desquelles elles pouvaient souhaiter s’extirper. Dans l’édition 1975 du catalogue des magasins Sears, moins de 2 % des jouets sont explicitement présentés comme s’adressant aux garçons ou aux filles. Or, les années 1980 et 1990, avec la montée du marketing des produits dérivés du cinéma et l’essor d’un capitalisme de masse, auraient contribué à la reprise d’une commercialisation genrée accrue.

Haro sur le jouet sexiste !

Des voix associatives s’élèvent aussi pour contester l’omniprésence des stéréotypes de genre dans les jeux et jouets offerts aux enfants. Particulièrement mobilisée sur ces questions, l’association Let Toys Be Toys au Royaume-Uni travaille depuis 2012 à éradiquer l’imposition de catégories genrées par les détaillants de jouets et à remettre l’enfant et ses choix au centre de la discussion. Pour ce faire, elle épaule les particuliers qui désirent faire savoir à leur marchand de jouets qu’ils n’approuvent pas leur sélection de jouets ou la manière dont ils sont disposés en magasin. Elle recommande des petites entreprises ou des jouets destinés à un public mixte, et couronne les initiatives les plus inclusives.

La campagne Pinkstinks, avec ses antennes au Royaume-Uni et en Allemagne, s’attèle depuis 2012 à démanteler ce qu’ils appellent la « rosification » (pinkification) des filles. Ils considèrent que la marchandisation actuelle des jouets affecte particulièrement les filles, qui voient leurs options et leurs représentations considérablement limitées. En Australie, Play Unlimited est l’instigatrice de la campagne No Gender December, qui exhorte les consommateurs à s’engager à éviter les stéréotypes de genre lors de leurs achats de fin d’année. L’initiative existe depuis 2014, mais fait chaque année les frais d’une campagne de salissage. On lui reproche notamment de suggérer aux parents d’acheter une poupée Barbie aux garçons.

En France, l’hiver dernier, des militantes d’Osez le féminisme et des Chiennes de garde ont distribué des tracts dans les principaux magasins de jouets parisiens, dans le cadre de la campagne Marre du rose.

Ces campagnes remportent des succès. En 2013, les succursales de Toys “R” Us au Royaume-Uni et en Australie ont accepté de revoir leur classification des jouets après avoir été directement interpellés à ce sujet par Let Toys Be Toys et par Play Unlimited. Ceci dit, ces campagnes ont peut-être surtout le mérite d’amener la discussion sur la place publique. Car au-delà de ces campagnes organisées, ce sont probablement les initiatives des parents qui sont les plus susceptibles d’influencer la prise de décision des fournisseurs et, ultimement, la manière dont les enfants s’approprient les jouets disponibles. C’est suite au tweet d’une cliente mère de famille que la chaîne de magasins Target a accepté à l’été 2015 de se départir de ses divisions genrées. 


samedi 23 mai 2015

Egalité homme-femme : l'exécutif corrige sa copie

 

La commission des Affaires sociales de l'Assemblée

a commencé mardi soir à examiner le projet de loi Rebsamen.

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Plusieurs amendements

sur l'égalité professionnelle devraient être adoptés.

Face à la fronde, François Rebsamen a tenté la semaine dernière de calmer le jeu en assurant que, non, son projet de loi de réforme du dialogue social ne sacrifie pas l'égalité entre hommes et femmes dans l'entreprise.

Mais il n'a pas rassuré. Les féministes maintiennent la pression. Vendredi, Yvette Roudy, à l'origine de la loi fondatrice de 1983, a rendu publique une lettre ouverte. Mardi, une vingtaine de chercheuses et chercheurs, ont publié une tribune sur Lesechos.fr.

Et, mardi toujours, lors de la remise par Jean-Christophe Sciberras de son rapport sur la lutte contre les discriminations, les ministres François Rebsamen, Christiane Taubira et Patrick Tanner ont été interpellés par les syndicalistes sur le sujet, en particulier par la CGT et la CGC.

Marisol Touraine ne devait pas être mécontente de ne pas être là pour se faire tancer, elle qui avait alerté des problèmes posés par la dilution de la thématique de l'égalité professionnelle avant la tempête sans être entendue, bien que le Haut Conseil à l'égalité ait, lui aussi, mis en garde…

La commission des Affaires sociales a commencé mardi dans la soirée à examiner le projet de loi dont les articles 13 et 14 sont au coeur de la polémique.

Un certain nombre d'amendements vont être présentés pour rectifier le tir. Le premier, d'origine gouvernementale, vise à sécuriser l'obligation pour l'employeur de mettre à la disposition des représentants du personnel les informations et éléments de diagnostic et analyse contenus dans le rapport de situation comparée dans « une rubrique dédiée à l'égalité professionnelle dans la base de données unique ».

Sans accord, des pénalités

Le gouvernement donnera aussi un avis favorable à cinq amendements d'origine parlementaire, présentés par la députée PS Sandrine Mazetier, au nom de la délégation aux droits des femmes et par le rapporteur du projet de loi, Christophe Sirugue.

Premier point, la négociation sur la qualité de vie au travail va être rebaptisée « négociation sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle », une façon de bien signifier que le second thème n'est pas soluble dans le premier.

Les dispositions suivantes auront aussi le soutien de l'exécutif : intégration de la problématique de mixité des métiers dans la négociation sur la gestion des emplois et des parcours professionnels ; interdiction de modifier par accord les informations concernant l'égalité professionnelle à fournir dans la base de données unique ; affirmation du fait que la négociation sur l'égalité homme-femme devra se fonder sur ces informations ; réaffirmation de l'imposition à l'employeur d'une pénalité si l'entreprise n'est pas couverte par un accord sur l'égalité homme-femme.

De quoi convaincre que l'édifice patiemment construit pour changer la donne dans les entreprises depuis trente ans ne va pas s'écrouler ?

Nul doute que les textes des amendements seront décortiqués par les spécialistes.

Ce qui est sûr, c'est que la polémique fait désordre alors que le 6 mai dernier, le Premier ministre, Manuel Valls, soulignait que « beaucoup a été fait pour l'égalité femme-homme ».

Leïla de Comarmond, Les Echos
Source : http://www.lesechos.fr/journal20150520/lec1_france/02177262344-egalite-homme-femme-lexecutif-corrige-sa-copie-1120950.php?ryefdqpKE345t8Cg.99

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vendredi 24 avril 2015

Les Kurdes syriens proclament l'égalité homme-femme, un pied de nez aux djihadistes

Des Kurdes turques remercient les combattants peshmergas, à Habur à la frontière turco-irakienne, allant combattre les jihadistes à Kobané en Syrie, le 29 octobre 2014

Des Kurdes turques remercient les combattants peshmergas, à Habur à la frontière turco-irakienne,

allant combattre les jihadistes à Kobané en Syrie, le 29 octobre 2014 - Ilyas Akengin AFP

Les autorités locales aux commandes dans les régions kurdes de Syrie ont promulgué un décret garantissant aux femmes les mêmes droits que les hommes, a rapporté une ONG qualifiant l'initiative «d'affront» à leurs ennemis djihadistes. Les femmes et les hommes doivent être «égaux (...) dans tous les aspects de la vie publique et privée», proclame le texte publié mercredi sur la page Facebook des autorités kurdes dans la province d'Hassaka.

Les Kurdes présents dans le nord-est de la Syrie sont parvenus à instaurer une sorte d'autonomie à la faveur du conflit déclenché en mars 2011. Ils édictent leurs propres règles qui s'appliquent à toutes les populations -y compris arabes- dans les trois «cantons» constituant cette région autonome, non reconnue par le régime de Damas.

Le texte condamne les «violences et discriminations» contre les femmes

Le décret balaye une série de droits allant de l'interdiction de se marier avant 18 ans, ou contre son consentement, aux conditions de travail et rémunérations qui doivent être égales à celles des hommes en passant par le congé maternité garanti jusqu'au troisième enfant. Il condamne également les «crimes d'honneur», les «violences et discriminations» contre les femmes et interdit la polygamie.

Enfin, le décret garantit aux femmes les mêmes droits que les hommes en matière d'héritage et pour se porter témoin devant les tribunaux. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les femmes kurdes syriennes ne touchaient jusqu'alors aucun héritage. Ce décret est «un affront aux lois passées par le groupe Etat islamique (EI) qui sont extrêmement discriminatoires à l'égard des femmes», a estimé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

«Alors qu'ils combattent les djihadistes, les Kurdes veulent aussi envoyer un message à la communauté internationale pour montrer qu'ils embrassent une culture démocratique et en faveur des droits civiques», a-t-il assuré, alors que les combattants kurdes de Kobané sont soutenus par des frappes de coalition internationale. Le nouveau décret constitue «une étape majeure pour la région, dont la société tribale a longtemps été régulée par des moeurs sociales conservatrices», a-t-il ajouté.

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1477815-20141110-kurdes-syriens-proclament-egalite-homme-femme-pied-nez-djihadistes

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jeudi 26 février 2015

Hétérosexuels et homosexuels : histoire d’une lente évolution vers l’égalité

 

Jusqu’en 1990, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale par l’Organisation mondiale de la santé.

Histoire d’une lente évolution vers l’égalité.



Cet article est la reprise de notre fiche pédagogique consacrée à l’homosexualité, extraite de la pochette « Inégalités sociales et discriminations ». Vous pouvez consulter les autres fiches sur notre site www.jeunes.inegalites.fr.

Le droit d’être homosexuel

En 1990, l’homosexualité est supprimée de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais, encore aujourd’hui, 78 pays sur 194 condamnent les relations homosexuelles par de la prison, des travaux forcés ou encore par la torture, selon le rapport 2014 de SOS Homophobie. Dans onze pays, l’homosexualité est passible de la peine de mort.

A l’inverse, de nombreux pays ont adopté des textes de loi qui protègent des discriminations en raison de l’orientation sexuelle. Vingt pays ont légalisé le mariage des couples homosexuels.

Date de légalisation du mariage homosexuel par pays
  Année
Pays-Bas 2000
Belgique 2003
Canada 2005
Espagne 2005
Afrique du Sud 2006
Norvège 2009
Suède 2009
Argentine 2010
Islande 2010
Portugal 2010
Mexique* 2011
Danemark 2012
Brésil 2013
Etats-Unis** 2013
France 2013
Luxembourg 2013
Nouvelle-Zélande 2013
Royaume-Uni*** 2014
Uruguay 2014
* Reconnu dans 5 Etats. ** Reconnu dans 37 Etats. *** Dans 3 Etats : Pays de Galles, Ecosse et Angleterre.
 
Être homosexuel, c’est quoi ?

Etre homosexuel, c’est avoir des relations amoureuses, sexuelles, etc. avec des personnes du même sexe que le sien. Etre hétérosexuel, c’est avoir des relations amoureuses, sexuelles, etc. avec des personnes de l’autre sexe. Avoir un très bon ami pour les garçons et une très bonne amie pour les filles ne signifie pas nécessairement qu’on est homo.

On dit qu’une personne est bisexuelle quand elle est attirée et a des relations avec des personnes deux sexes. Si la plupart des personnes découvrent leur homosexualité ou bisexualité pendant l’adolescence ou l’enfance, ce n’est pas le cas de tout le monde : certaines personnes le découvrent tardivement dans leur vie.

Combien d’homosexuels en France ?

Environ 4 % des hommes et des femmes déclarent avoir eu une expérience homosexuelle au cours de leur vie. Par contre, seuls 0,5 % des femmes et 1,1 % des hommes de 18 à 69 ans se définissent vraiment comme homosexuel(le)s [1]. En réalité, ils sont sans doute plus nombreux, mais ce n’est pas facile de déclarer son homosexualité, même de façon anonyme.

L’homosexualité est mieux acceptée

Toutes les enquêtes le montrent : le fait que deux personnes de même sexe s’aiment et vivent ensemble est de mieux en mieux accepté. En 2008, 19 % des Français n’acceptaient pas l’homosexualité, contre 49 % en 1981, selon la dernière enquête Valeurs [2]. Mais cela fait tout de même toujours près d’un Français sur cinq. Ceux qui l’acceptent le moins sont plutôt des personnes plus âgées, qui n’ont pas eu l’habitude de parler du sujet, qui ne connaissent pas de personnes homosexuelles.

Acceptez-vous l'homosexualité ?
  1981 1990 1999 2008
Oui 5 % 7 % 15 % 20 %
Non 49 % 38 % 21 % 19 %
 
Source : Enquête Valeurs 1981-2008

L’homophobie au jour le jour

L’homophobie désigne les manifestations de mépris, de rejet et de haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être. Est homophobe toute organisation ou individu rejetant l’homosexualité et les homosexuels et ne leur reconnaissant pas les mêmes droits qu’aux hétérosexuel-le-s, selon la définition de SOS Homophobie.

Le logement
Certains propriétaires refusent de louer leur appartement à des couples homosexuels. Cette discrimination est punie de trois ans d’emprisonnement et d’une amende qui peut aller jusqu’à 45 000 euros. Mais le besoin ou l’envie de trouver un logement l’emporte bien souvent sur les poursuites judiciaires à engager. Les homosexuels sont alors obligés de cacher la vérité et de vivre dans le secret.

La famille
Les homosexuels sont également confrontés à des conflits avec leur famille ou avec leur voisinage (respectivement 6 et 4 % en 2013). 20 % sont victimes de rejet et d’ignorance de la part de leurs proches et 28 % d’insultes lorsqu’ils révèlent leur orientation sexuelle, selon SOS Homophobie. Affirmer son homosexualité devient plus difficile encore quand ceux qui sont censés être le plus proche de vous la rejettent.

Dans le sport
Des supporters aux entraîneurs en passant par les sportifs eux-mêmes, les insultes homophobes qui revêtent bien souvent un caractère sexiste courent les stades et les vestiaires. Notamment parce que la performance est associée à la virilité. Plus généralement, dans l’univers du sport, on considère que les homosexuels sont ceux qui pratiquent un sport plutôt « réservé » en général à l’autre sexe (danseur pour un homme ou boxeuse pour une femme, par exemple).

Au travail
L’homosexualité, si elle est connue, peut freiner l’accès à certains emplois, à des postes de direction, ou à des secteurs où il y a beaucoup d’hommes, comme la police, le bâtiment, etc. Ceux qui ne rentrent pas dans les cases « métiers, sports et qualités de garçons », comme la brutalité, la virilité ou « métiers, sports et qualités de filles », comme la douceur, la grâce, peuvent se sentir en décalage par rapport à ce que la société attend d’eux.

Les normes changent

Depuis 2003, la loi française punit par des amendes et des peines d’emprisonnement, les agressions et les insultes à caractère homophobe. Pourtant, les discriminations persistent. Il y a encore des violences physiques contre les homosexuels. Mais ce qui revient le plus, ce sont les mauvaises blagues, les allusions, les remarques par exemple sur la tenue vestimentaire, les comportements. 39 % des gens qui ont appelé SOS Homophobie en 2013 témoignent d’insultes. 22 % de menaces, 11 % témoignent de discriminations, et 6 % d’agressions physiques. La plupart ont lieu sur Internet, dans l’espace public, au sein de la famille et de l’entourage proche, ainsi qu’au travail. Attention il s’agit de témoignages reçus par téléphone ou par mail. Ceux-ci donnent une indication, mais ne constituent pas un recensement exhaustif des cas de discriminations homophobes. Ils mettent en avant le climat d’homophobie sociale alors que la loi sur le mariage pour tous est encore difficilement acceptée par une partie de la population, mais aussi une meilleure sensibilisation du public.

Influencée par l’histoire liée à la religion, la norme dans notre société, est toujours l’hétérosexualité. On considère que la sexualité sert avant tout à procréer, c’est-à-dire à avoir des enfants pour que l’espèce humaine continue d’exister. L’union de deux personnes du même sexe, ne permettant pas d’avoir des enfants, est encore trop souvent mal perçue.

Mais les choses évoluent. Quelques exemples montrent que les mentalités changent, mais surtout dans les pays développés. En janvier 2012, le grand rabbin d’Amsterdam n’a plus eu le droit d’exercer ses fonctions parce qu’il a décrit l’homosexualité comme une maladie. En 2011, des imams en Afrique du Sud et à Washington, ont fait leur « coming-out ». Le diocèse de Nice a également nommé un prêtre spécialement pour accompagner les chrétiens homosexuels. Enfin, le mariage homosexuel a été légalisé en France en 2013.

Illustrations réalisées par Damien Roudeau et Guillaume Reynard.

Notes

[1Voir l’enquête « Contexte de la sexualité en France », Inserm, Ined, Ors, données 2006

[2Les enquêtes sur les valeurs des Français sont réalisées par l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (Arval), qui regroupe une quinzaine d’enseignants et de chercheurs en sociologie et science politique, appartenant à des universités et des laboratoires de recherche situés en différents points du territoire métropolitain (Grenoble, Paris, Bordeaux...).

© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Source :

http://www.inegalites.fr/spip.php?page=espacejeune_sommaire

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mercredi 3 décembre 2014

Remise du label égalité

pb-label-egalite

Pascale Boistard a remis ce lundi 1er décembre le label égalité à une quinzaine de nouveaux organismes. Le Label égalité, qui fête cette année ses 10 ans est délivré par l’Afnor aux organismes publics ou privés,  s’engageant pour l’égalité professionnelle entre femmes et hommes et dont l’activité est évalué sur 3 critères :

  • La prise en compte de l’égalité professionnelle dans les relations sociales, l’information et la culture de l’organisme
  • La gestion des ressources humaines et le management
  • La prise en compte de la parentalité dans le cadre professionnel

Face aux inégalités professionnelles, encore trop fortes, qu’il s’agisse des écarts de rémunération, de la place des femmes dans les entreprises ou de la mixité des métiers, l’engagement de 51 structures de tailles et de natures différentes est un élément positif qui montre que le mouvement vers l’égalité mobilise de nombreux acteurs sociaux et professionnels.

Au-delà de cette mobilisation, l’Etat s’engage. La loi du 4 août 2014 propose des avancées notables en matière de parité dans les instances de direction, d’obligation de négociation au sein des entreprises, de partage du temps parental pour mieux articuler vie familiale et vie professionnelle.  L’interdiction d’accéder aux marchés publics pour les entreprises ne remplissant pas leurs obligations légale en matière d’égalité entre d’ailleurs en vigueur ce 1er décembre.

Source :

http://femmes.gouv.fr/remise-du-label-egalite/

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