jeudi 25 juillet 2019

Les Etats-Unis, plus gros producteur de déchets ménagers des pays développés

 


 

 

Paris (AFP)
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Les Etats-Unis sont le pays produisant le plus de déchets ménagers par habitant au monde parmi les pays développés, sans avoir les capacités de tri nécessaires pour les absorber, ce qui représente une menace pour l'environnement, selon un rapport du cabinet Verisk Maplecroft.

Le monde produit en moyenne 2,1 milliards de tonnes de déchets par an, en prenant en compte les déchets solides gérés par les municipalités, c'est-à-dire la nourriture jetée, des plastiques et des détritus divers, de quoi remplir plus de 820.000 piscines olympiques. Seul 16% du total est recyclé, selon ce rapport.

Les habitants et les commerçants américains sont de loin ceux à produire le plus de détritus par personne parmi les pays les plus riches: en moyenne 773 kilos par an, soit plus de trois fois plus que la moyenne mondiale et sept fois plus que les Ethiopiens, l'Ethiopie étant le pays qui produit le moins de déchets.

En revanche, la capacité de recyclage aux Etats-Unis est l'une des plus mauvaises parmi les pays développés, avec seulement 35%, loin derrière l'Allemagne qui recycle 68% de ses détritus.

 

Les auteurs du rapport avertissent que la décision soudaine en 2018 de la Chine de ne plus accepter les déchets plastiques du monde entier, suivie par d'autres pays du Sud-Est asiatique, risque de compliquer encore la situation des pays gros producteurs de déchets.

Certains pays ont décidé d'interdire des produits en plastique, que ce soit les sacs ou des objets jetables. Pour autant, la production mondiale de matières plastiques a encore crû en 2018 à l'échelle mondiale, tirée par l'Asie et les Etats-Unis, selon la fédération PlasticsEurope.

© 2019 AFP 

Auteure : Sciences et avenir
Source : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/les-etats-unis-plus-gros-producteur-de-dechets-menagers-des-pays-developpes
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mardi 25 juin 2019

NÉPAL : la santé au rebut

 

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NÉPAL : LA SANTÉ AU REBUT

Au Népal, depuis le tremblement de terre d’avril 2015 dont les stigmates sont encore visibles, la vallée de Katmandou connaît un exode rural massif et fait face à de graves problèmes environnementaux liés à l’accumulation de déchets solides. En l’absence de gestion publique de ces déchets, le tri est assuré par un large réseau de travailleurs informels pauvres, exposés à des risques majeurs pour leur santé et dont le statut n’est pas reconnu.

Chaque jour, bien avant que le soleil ne se lève, juchée à côté du chauffeur d’un camion benne de la municipalité, Manju fait le trajet du centre-ville jusqu’à Sisdole, la grande décharge de la vallée de Katmandou. Ouverte il y a près de quatorze ans à titre provisoire, celle-ci devait permettre le stockage des quelque 700 tonnes de déchets produits par jour en attendant l’ouverture d’un site d’enfouissement. Aujourd’hui, non seulement cette décharge existe encore, mais une deuxième est en projet.

RISQUER SA SANTÉ POUR GAGNER SA VIE

C’est dans cette décharge que Manju trouve chaque jour les moyens de faire vivre ses deux filles. À Sisdole, la majeure partie des travailleurs sont des femmes. Jusqu’à huit heures d’affilée, au milieu des camions et des pelleteuses dont les chauffeurs sont payés au rendement, elles risquent leur vie pour extraire, à mains nues, le plastique parmi les déchets organiques et autres éclats de verre. « Cela fait quinze ou seize ans que je fais ce travail. Les déchets, pour moi, c’est mon travail alors que pour les autres, c’est repoussant », raconte-t-elle, fataliste.

« On se coupe avec du verre tranchant, on se pique avec les aiguilles usagées… »

Manju fait partie des 15 000 collecteurs de déchets pour qui plastiques, cartons et papiers extraits des monceaux d’ordures pour être revalorisés constituent l’unique moyen de subsistance. Au Népal, après l’urgence du tremblement de terre et la phase de reconstruction, les équipes de Médecins du Monde sont restées sur le terrain et interviennent désormais pour améliorer l’accès aux soins de ces travailleurs informels.

« Les maladies de peau, les problèmes respiratoires et les blessures graves font partie du quotidien, comme le risque d’infection à l’hépatite B ou C et au VIH. »

Comme le précise le Docteur Guillaume Fauvel, coordinateur du programme, « le problème est que tous les types de déchets sont mélangés. Les déchets organiques sources de proliférations bactériennes s’entremêlent avec les déchets toxiques issus des résidus électroniques ou des produits chimiques et des déchets médicaux qui peuvent blesser les personnes et générer de potentielles contaminations ». Ainsi, alors que les études menées auprès des populations ont montré que chaque année deux tiers des travailleurs se blessent, la moitié n’est pas vaccinée contre le tétanos1. « On se coupe avec du verre tranchant, on se pique avec les aiguilles usagées... Ça ne me révolte pas tant à cause de la douleur mais parce que cela m’empêche de retourner au travail pour quelque jours », s’indigne Manju.

Les maladies de peau, les problèmes respiratoires et les blessures graves font partie du quotidien, comme le risque d’infection à l’hépatite B ou C et au VIH.

Auteur : Medecins du Monde.

Source : https://www.medecinsdumonde.org/

 

Signature - Evy bleugif

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mercredi 19 juin 2019

Vers une consigne pour les emballages

 

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Le gouvernement donne ce mercredi le coup d’envoi de cette action qui devra contribuer à l’objectif de «100 % de plastique recyclé» d’ici à 2025.

Le grand retour de la consigne? Et des enfants ramenant gaiement les bouteilles à l’épicerie la plus proche? Dominant dans les années 1960, le circuit de la consigne s’est éteint dans les années 1980, détrôné par la déferlante du plastique.

Depuis, ce sont les poubelles jaunes qui sont chargées de recueillir cette matière devenue l’ennemi public numéro un. Avec une efficacité relative. En France, le taux de collecte des bouteilles en plastique s’élève à 58 %

Quand l’Europe fixe un objectif de 90 % à atteindre d’ici à 2029. Les citoyens français manquent encore de réflexes en matière de tri, notamment à Paris et à Marseille. Alors que les Bretons et les Alsaciens font figure de bons élèves.

«Il s’agit d’un projet industriel qui va bousculer le système, qui, actuellement, ronronne»

Brune Poirson

La mise en place d’une consigne sur les emballages, destinée au recyclage, pourrait-elle bousculer ces mauvaises habitudes? C’est le pari du gouvernement qui s’est engagé au «100 % de plastique recyclé» d’ici à 2025.

Brune Poirson, la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, donne le coup d’envoi de cette action, lors d’un déplacement en Allemagne, dans un centre commercial qui a instauré cette consigne, et à Strasbourg, où elle installera un comité de pilotage chargé de définir les modalités de mise en œuvre.

Car cette petite révolution annoncée pose de nombreuses questions. Quels objets seront concernés? Où seront installées les machines de déconsignation? Quels seront les montants? Qui gérera la masse monétaire en attente de la déconsignation?

«Il s’agit d’un projet industriel qui va bousculer le système, qui, actuellement, ronronne», explique-t-on au cabinet de Brune Poirson. Les premières conclusions seront rendues avant l’examen du projet de loi «antigaspillage pour une économie circulaire», prévu a priori à la rentrée.

L’entreprise de recyclage Citeo, créée en 1992 - à la suite de l’obligation fixée aux sociétés françaises de pourvoir à l’élimination des déchets qu’ils produisent -, a anticipé la chose depuis plusieurs mois, en allant se documenter en Suède, aux Pays-Bas et en Lituanie, où la consigne de recyclage s’est développée.

«Le taux de retour est de 90 à 95 %», rapporte Citeo, qui juge le levier «efficace». «Mais nous ne pouvons faire cela seul», poursuit l’entreprise, qui a lancé le 6 juin une concertation avec les acteurs du système, des industriels aux associations de consommateurs, en passant par les distributeurs et les collectivités qui gèrent les déchets.

Des brasseurs alsaciens perpétuent la tradition

La consigne se limitera-t-elle au plastique ou concernera-t-elle aussi le verre? «Un sujet en débat», explique-t-on au cabinet de Brune Poirson, où l’on fait valoir que, tous emballages confondus, 85 % du verre est recyclé, contre 26 % pour le plastique.

À Strasbourg, l’association Zero Déchet, créée en 2016, regrette que le verre, cette matière revenue en grâce auprès des consommateurs, soit ainsi écarté du projet.

En Alsace, la tradition de consignes pour bouteilles en verre a survécu, perpétuée par les brasseurs locaux, Carola, Meteor et Lisbeth.

«Il faut valoriser ces pratiques, développer ces consignes de réemploi, et ne pas se limiter aux consignes de recyclage du plastique», martèle Simon Baumert, cofondateur de l’association Zero Déchet.

 

Auteure : Caroline Beyer - Figaro magazine

Evy - signature animée Titi

 

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samedi 20 avril 2019

La photo de classe,une autre histoire de l’école?

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Aussi ancienne que l’invention de la photographie, la photo de classe est devenue depuis le milieu du XIXe siècle un rituel qui, à l’heure du numérique, reste incontournable de la maternelle à la fin du lycée. Témoin de son temps, la photo de classe est le reflet, parfois malgré elle, d’une histoire politique, culturelle et sociale de l’école.

C’est « un souvenir que vous chérirez », dit la maîtresse à ses élèves dans le premier chapitre du Petit Nicolas, présentant la photo de classe comme la future image d’un monde perdu, celui de l’enfance. Signe parmi d’autres, dans la littérature et le cinéma, que ces clichés font bel et bien partie de notre histoire et de notre imaginaire.

Les premières photos de classe sont réalisées au milieu du XIXe siècle, dans les établissements secondaires les plus réputés, qui les exposent. Avec la démocratisation de la technique photographique, dès le dernier quart du XIXe siècle, ces images « souvenirs » sont proposées aux familles. Les sommes récoltées par les coopératives scolaires servent à acheter des fournitures ou participer à des sorties scolaires.

Entre public et privé

Directrice du Musée national de l’éducation (MUNAÉ), Delphine Campagnolle souligne que « c’est un objet très symbolique, à mi-chemin entre l’école et la sphère privée, car ces images sont très souvent conservées, voire transmises au sein d’une famille ». Une démarche nostalgique qui se retrouve sur ces sites où l’on espère retrouver un·e camarade perdu·e de vue à partir de ses photos de classe. C’est le cas de Copains d’avant, qui revendique plus de 15 millions de membres.

À partir de la fin du XIXe siècle des photographes se spécialisent dans les photos de portraits ou d’établissements scolaires comme Pierre Petit (1831-1909). Des sociétés de photographies scolaires se créent comme, à partir de 1867, la société David et Vallois et la maison Tourte et Petitindepuis 1882.

La démocratisation et la multiplication des photos de classe obligent l’institution scolaire à encadrer les modalités de la prise de vue dès 1927. La dernière circulaire française sur la photographie scolaire date de 2003. Elle s’attache à éviter les dérives avec la rédaction d’un « code de bonne conduite » de la pratique de la photo de classe qui respecte les droits de tous les protagonistes de la photo, qu’il s’agisse du photographe, de l’institution scolaire, des enfants mineurs avec la nécessaire autorisation parentale.

Le maître au centre

En 2017, la belle exposition du musée national de l’éducation a bien montré que la photo de classe n’était pas seulement un témoin culturel mais un outil pour la compréhension de l’histoire de l’institution scolaire. Elle permet par exemple de contredire la légende de l’usage de l’uniforme qui n’a jamais existé dans les écoles publiques du XIXe siècle ; il s’agit d’un phénomène spécifique des établissements religieux.

Avec l’instauration de l’école gratuite, obligatoire et laïque de Jules Ferry à partir des années 1881-1882, la photo de classe devient le nécessaire reflet d’un « ordre scolaire » et d’une forme scolaire, avec les valeurs de rigueur, de sérieux et d’obéissance des élèves. La photo de la classe de l’école de Buigny les Gamaches en 1906 est éclairante d’une mise en scène voulue par l’institution scolaire.

 

Ecole de Buigny-les-Gamaches, 1906. Musée national de l’éducation -- Numéro d’inventaire : 1979.13865

 

Elle présente un maître au centre de sa classe et le tableau noir où est écrit la citation du ministre Jules Simon : « le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple, s’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain », citation explicite de cette volonté de revanche après la défaite de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Plus de naturel

Au milieu du XXe siècle, grâce au progrès technique de la rapidité du temps de pause et à la volonté aussi de l’institution, la photo évolue vers plus de « naturel ». Les visages sont plus souriants, qu’il s’agisse d’ailleurs des élèves ou des enseignants. Pour autant, la photo de classe permet-elle une illustration de la transformation ou de l’immobilisme de « l’univers scolaire » ?

Car cette vision de la photo de la classe a peu évolué jusqu’au milieu des années 1960. Est-ce la preuve d’une société où prime le statu quo ? Ou le rituel immuable reflète-t-il la permanence de cette école républicaine ? Mais depuis les années 1970, un « assouplissement de la norme » est perceptible par le positionnement des élèves, leurs tenues vestimentaires, la place de l’enseignant dans la photo mais aussi la mixité, signe tardif mais fort de l’évolution de l’école.

Symbole nostalgique de l’enfance, la photo de classe évolue donc lentement. N’est-elle pas le signe d’une institution scolaire qui, tout en se modernisant fondamentalement, reste sur la même forme scolaire ?

 

Auteur :  

 Professeur des universités en sciences de l'éducation, Faculté d'éducation, Université de Montpellier

Déclaration d’intérêts

Sylvain Wagnon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Partenaire :

 

Source : 

https://theconversation.com/la-photo-de-classe-une-autre-histoire-de-lecole

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jeudi 18 avril 2019

Les gangs, étonnants miroirs de notre société

 

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Trump a largement déployé ce discours envers les membres de gangs pour justifier certaines de ses actions politiques ou médiatiques, telle que la construction potentielle d’un mur entre les frontières américaines et mexicaines afin de protéger les citoyens américains de gangs latino-américains dont la référence principale est le MS-13.

Mais il n’a pas été le seul à utiliser l’argument de la « bande de criminels » ou du gang pour ses fins politiques ou médiatiques.

En France la peur des « bandes » est également un marronnier journalistique régulièrement brandi par les médias ou les hommes politiques – Nicolas Sarkozy, alors ministère de l’Intérieur, avait largement utilisé cet argument et un vocabulaire choisi pour prôner « sa tolérance zéro ». Parfois le phénomène bénéficie d’une cartographie comme l’avait fait Le Point pour la ville de Paris et ses « bandes ». Et ce, quitte à véhiculer parfois une information trompeuse et à se ridiculiser comme cela a été le cas il y a quelques années avec la description de « no-go zones » (zones de non-droit) mêlant, d’après Fox News (chaîne américaine) ou le Daily Express (tabloïd britannique) chaos, affrontements avec les forces de l’ordre et charia en plein Paris.

Ces visions mélodramatiques des gangs comme la personnification même de la violence, du danger et de la brutalité, voire de la barbarie sont cependant à la fois anciennes et bien diffusées à travers les institutions politiques, juridiques et l’opinion.

Or, si elles servent le propos de certains acteurs politiques, elles cachent cependant tout ce que les gangs révèlent de nos sociétés et que nous refusons de voir.

Chaos, anarchie et destruction

Dans l’imaginaire collectif, les gangs représentent des phénomènes incontrôlables semant l’anarchie, le chaos et la destruction.

Leur brutalité pathologique est de mise dans les médias, les récits et les films.

En Amérique Centrale, un cas classique est celui des maras ou pandillas, perçus comme les acteurs principaux d’une criminalité largement étendue mais dont la violence surpasserait celle des nombreux conflits révolutionnaires armés ayant ébranlés la région dans les années 70 et 80.

Les gangs de cette région ont particulièrement été décrits par les institutions juridiques et les journalistes comme une menace sécuritaire, voire comme une « une nouvelle forme d’insurrection urbaine » qui tenterait de renverser le pouvoir.

La réponse publique a été celle de la répression violente, à tel point qu’il n’est pas exagéré de décrire les états d’Amérique Centrale comme menant une guerre aux gangs.

Ces constructions alarmistes se fondent souvent sur des stéréotypes et des modes, que ce soit en Amérique Centrale ou au-delà.

Cependant, elles demeurent diffuses notamment parce que les gangs forment des boucs émissaires idéaux pour les autorités, permettant de justifier des formes de contrôle étendues et des interventions musclées, y compris par le biais de la ségrégation spatiale comme c’est par exemple le cas au Nicaragua où de nouvelles formes d’organisation spatiale des villes sont censées préservées certains habitants des « gangs ».

Ces stéréotypes perdurent d’autant plus que les gangs constituent un phénomène universel, historique et contemporain à la fois.

Les trublions de la Pax Romana

L’historien romain Titus Livius, connu sous le nom de Livy, montre dans son ouvrage de référence, Ab Urbe Condita que les gangs criminels ont joué un rôle éminemment politique durant la République romaine au Iersiècle de cette ère.

Il décrit ainsi la façon dont les politiciens se sont appuyés sur les bandes rivales pour établir physiquement l’assise de leur pouvoir, mobiliser des soutiens ou au contraire, perturber ceux de leurs opposants. Ce phénomène a également été mis en lumière dans la fiction du romancier Robert Fabbri Crossroads Brotherhood Trilogy.

Plus d’un siècle de recherches sur les gangs ont montré qu’ils existent dans des pays aussi divers que les États-Unis, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Salvador, le Nicaragua, la Chine, l’Inde, la France et le Royaume-Uni, parmi d’autres.

Des CRS le 16 mars 2011 à Asnières. Un important dispositif policier a été mis en place sur la frontière entre Asnières et Gennevilliers après la mort d’un adolescent et des violences entre bandes. Thomas Samson/AFP

Les gangs comme systèmes sociaux

L’ubiquité des gangs laisse clairement voir que ce sont des systèmes sociaux institutionnalisés. Le sociologue américain Frederic Thrasher écrivait d’ailleurs dans son étude pionnière au sujet des gangs de Chicago dans les années 20, que ces derniers témoignaient d’une « vie, dure et sauvage [et donc] riche en éléments et processus sociaux clefs pour la compréhension de la société et de la nature humaine ».

Les gangs s’insèrent dans un vaste panel de pratiques humaines comme l’exercice du pouvoir politique, l’accumulation du capital, la socialisation, la définition de l’identité d’un individu et d’un groupe, le contrôle d’un territoire, le défi de l’autorité et la structuration des relations de genre. Tous ces processus, communs à l’ensemble du genre humain sont particulièrement intéressants à observer du point de vue des gangs.

C’est aussi pour cette raison qu’ils offrent, d’une certaine façon un miroir pour la société, mettant en évidence ses traits et ses tendances les plus crispantes.

L’étude de Thrasher a ainsi pour mérite non seulement de présenter des détails sur le fonctionnement des gangs de Chicago mais aussi d’illuminer l’économie politique et sociale de la ville. Il fait ainsi le lien entre l’émergence des gangs et les communautés – souvent immigrantes – socialement exclues dont les droits ont été bafoués, pointant les inégalités criantes et croissantes de la société américaine des années 1920 et 30.

La série Peaky Blinders décrit la vie d’un gang de Birmingham au tout début du XXᵉ siècle, illustrant par la même occasion les changements sociaux et politiques profonds qui secouent l’Angleterre.

Les gangs ne constituent pas juste un phénomène social autonome aux logiques internes complexes, avec des dynamiques propres, mais sont donc aussi des épiphénomènes, qui reflètent et sont formés par une structure sociale plus large.

Ils nous montrent ainsi les changements au sein de notre société.

Dans ses recherches, le sociologue Sudhir Venkatesh a étudié les activités économiques d’un gang de rue à Chicago dans les années 1980 et comment ce dernier a bouleversé le marché de la drogue, en individualisant peu à peu un système de ventes auparavant collectif, imitant en cela les tendances de l’économie américaine, la « Reaganomics » poussant vers toujours plus d’individualisme.

De manière similaire, le travail des sociologues français Marwan Mohammed et Laurent Mucchielli a mis en lumière comment l’évolution des gangs en France, en particulier des « blousons noir » dans les années 50 et 60 aux gangs des Zoulous dans les années 80 pouvait être liée à la fin des « trente glorieuses » et la restructuration profonde de l’économie française qui s’en suivit.

Comprendre la logique des gangs nous informe ainsi sur des changements sociétaux plus larges. Ainsi lorsqu’un gang devient plus violent ou lorsque ses activités se recentrent sur un secteur à l’exclusion d’autres, cela peut marquer un tournant dans les politiques publiques de répression ou de discrimination à l’égard de certains groupes de la société. Par exemple, le fait que les gangs d’Amérique centrale soient devenus de plus en plus brutaux et qu’ils soient passés de l’action d’autodéfense à l’extorsion et au trafic de drogue peut être associé à la nature de plus en plus oligarchique et ségrégative des sociétés dans la région.

Un phénomène volatile

Les gangs sont volatiles. Ce qui implique dans toute enquête d’aborder la question de leur émergence, leur propagation, leur évolution et leur déclin en évitant de les catégoriser ou de les définir d’une manière trop rigide.

Par exemple, nous devons nous demander ce que nous entendons par le terme « gang ». Ce mot n’est pas seulement chargé, il est aussi utilisé de manière très variable, appliqué à des phénomènes sociaux qui incluent le crime organisé, des associations de détenus dans les prisons et même des groupes informels de jeunes au coin de la rue qui adoptent un comportement « antisocial ». Ils peuvent aussi changer de forme rapidement : le gang de jeunes d’aujourd’hui pourrait devenir une organisation de trafic de drogue demain, et une milice politique le surlendemain.

Nous avons donc besoin d’une définition large qui nous permette d’englober ces différentes itérations. Nous devons aller au-delà de la seule dynamique organisationnelle ou de l’appartenance à un gang, et considérer leur environnement et leurs circonstances structurelles, y compris la façon dont ils se connectent à d’autres acteurs tels que des membres du crime organisé, la police, les politiciens ou les élites du monde des affaires et entrepreneurs, entre autres.

Si la recherche a montré les variations de forme et d’impact des gangs, l’écrasante majorité des études se concentre sur un seul gang ou une seule région du monde. De fait elles ont généré peu de connaissances généralisables. La comparaison pourrait permettre de déterminer quels types de dynamiques de gangs pourraient être généralisables et quelles autres plus spécifiques à des lieux ou contextes particuliers. C’est pour cette raison que nous avons récemment lancé le projet de recherche GANGS. Au cours des cinq prochaines années, nous explorerons de manière comparative la dynamique des gangs au Nicaragua, en Afrique du Sud et en France.

Ce projet cherchera à répondre à des questions telles que comment et pourquoi les gangs émergent et évoluent d’une manière particulière ? Dans quelles conditions urbaines et politiques ? Pourquoi certains individus rejoignent-ils des gangs, pourquoi en sortent-ils, et en quoi cela peut-il avoir un impact sur leurs choix de vie ?

Répondre à ces questions nous aidera, nous l’espérons, non seulement à comprendre la logique des gangs d’un point de vue plus global, mais aussi, plus généralement, à mieux appréhender la nature sous-jacente du monde dans lequel nous vivons.

 Auteur : Denis Rodgers

Research Professor, Anthropology and Sociology, Graduate Institute 

Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

Source : 

https://theconversation.com/les-gangs-etonnants-miroirs-de-notre-societe

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vendredi 21 décembre 2018

Qu'est-ce que le « mansplaining » ??? (hommes qui expliquent la vie)

mansplaining

https://www.princessh.com/wp-content/uploads/mansplaining.jpg

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Ce qui savent toujours mieux que moi ... (heu, oui !!!)

Le « mansplaining » est une contraction

entre le terme « man » (homme) et « explaining » (explication). ​​​​

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Auteure : Rebecca Amsellem - Les Glorieuses

Source : https://lesglorieuses.fr/mecsplicateurs/

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dimanche 9 décembre 2018

La « Psychologie des foules », ou la peur des « masses » à la fin du XIXe siècle

Le jour de mardi gras, bataille de confettis dans la foule, Agence Rol, février 1912 - source : Gallica-BnF

Le jour de mardi gras, bataille de confettis dans la foule,
Agence Rol, février 1912 
Source : Gallica-BnF
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 En 1895, un ouvrage remarqué et signé Gustave Le Bon alerte sur « l'irrationnalité » de la foule, avec un credo : « Il faut savoir résoudre les problèmes que leur psychologie nous pose, ou se résigner à être dévoré par elle. » 

1895. Dans le climat « fin de siècle » traversé par l'idée de décadence, paraît un ouvrage très remarqué : Psychologie des foulesSigné par Gustave Le Bon, un médecin et sociologue de renom, l'ouvrage alerte sur l’aveuglement et l'irresponsabilité des hommes constitués en foules. Ainsi, écrit Le Bon :

« En foule, les hommes s'égalisent, et, sur des questions générales, le suffrage de quarante académiciens n'est pas meilleur que celui de quarante porteurs d'eau. » 

Si l'ouvrage connaît immédiatement un grand retentissement, c'est que la fin du XIXe siècle a vu se déve­lopper la peur des masses incontrôlées et incontrôlables. 

En France, depuis la Monarchie de juillet, les classes laborieuses sont perçues comme un danger pour l'ordre établi. 

L'ouvrage s'ouvre sur un constat :

« Les foules organisées ont toujours joué un rôle considérable dans la vie des peuples ; mais ce rôle n'a jamais été aussi important qu'aujourd'hui. »

Ainsi, développe le journaliste Hector Pessard dans Le Petit Marseillais : la foule serait désormais une « puissance irrésistible consciente d'elle-même ». 

« Selon [Le Bon], sur les ruines accumulées des croyances religieuses, politiques et sociales sur lesquelles a reposé si longtemps notre civilisation, une force unique s’est dressée, la puissance de la foule, puissance irrésistible, désormais consciente d’elle-même, qui doit balayer tous les organismes qui essaieront de lui résister et dont la marche tempétueuse est d'autant plus redoutable que personne ne sait exactement pas plus qu’elle-même le but où elle tend. 

“La connaissance de la psychologie des foules, dit, M. Gustave Le Bon, est donc aujourd'hui la dernière ressource de l’homme d’Etat qui veut, non pas les gouverner – la chose est devenue bien difficile – mais tout au moins ne pas être trop gouverné par elle.” »

 

Auteure : Marina Bellot 

Source : https://www.retronews.fr/societe/echo-de-presse/2018/12/05/la-psychologie-des-foules?utm_source=NLhebdo091218&utm_medium=article-a-la-une&utm_campaign=la-psychologie-des-foules


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mercredi 28 novembre 2018

Violences scolaires : où le harcèlement commence‑t‑il ?

Pour que des actes soient qualifiés de harcèlement, ils doivent relever d’une intention de nuire et s’inscrire dans un processus de répétition.Shutterstock. 

Bousculades, insultes, détérioration de matériel, crachats dans l’assiette à la cantine, publication de photos intimes sur les réseaux sociaux, telles sont les brimades que subissent de manière répétée 700 000 enfants et adolescents. Touchant environ 10 % des élèves en France, le harcèlement scolaire peut avoir d’importantes conséquences sur ses victimes, des troubles du sommeil à la phobie sociale, en passant par l’anxiété et la dépression, voire, chez les plus fragiles, des conduites suicidaires.

Alors que la plupart des pays européens ont mis en place depuis plusieurs décennies des actions de prévention, notre Éducation nationale ne s’est véritablement penchée sur ce problème qu’au début des années 2010. Suite à la quatrième journée de mobilisation nationale début novembre, retour sur la prise de conscience de ce problème.

Un processus de répétition

Les premières définitions du harcèlement scolaire sont proposées dans les années 1970 par deux psychologues scandinaves : Anatol Pikas et Dan Olweus. Le premier qualifie cette forme de violence entre pairs de mobbing, terme anglais formé à partir du verbe to mob (attaquer, assaillir) et renvoyant à the mob (la foule), alors que le second choisit le terme bullying, formé à partir du verbe to bully (maltraiter, tyranniser) et renvoyant à la figure du bully (la brute, le tyran).

Derrière cette simple différence terminologique se cachent deux approches d’un même phénomène :

  • une approche contextuelle et groupale pour Pikas qui considère que c’est la pression que le groupe de pairs exerce sur ses différents membres qui les pousse à s’en prendre violemment à un camarade ;

  • une approche individualisante et psychologisante pour Olweus qui considère que c’est l’impulsivité, l’agressivité, voire la perversité, d’un individu qui le conduit, seul ou en groupe, à la violence.

C’est le terme bullying – et plus particulièrement school bullying – qui s’est imposé dans la plupart des pays anglo-saxons et qui a été traduit en France par « harcèlement scolaire ». Au Québec, on parle plutôt d’« intimidation », réservant le terme « harcèlement » à la violence entre adultes (Bellon, Gardette, 2018).

La définition olweusienne fait aujourd’hui consensus :

« Un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. Il s’agit d’une situation intentionnellement agressive, induisant une relation d’asservissement psychologique, qui se répète régulièrement. »

Pour que l’on puisse parler de harcèlement, la violence doit donc relever d’une intention de nuire, s’inscrire dans un processus de répétition (un acte isolé et ponctuel ne peut être considéré comme du harcèlement) et dans une relation asymétrique (l’agresseur exerce une domination physique ou psychologique). Elle doit aussi provoquer chez la victime un sentiment d’insécurité et une blessure psychique.

Le poids du groupe

La répétition est cependant une question délicate, car tout dépend du « seuil de tolérance » qui varie d’une personne à l’autre. Les conséquencespeuvent être plus importantes chez un élève harcelé au cours d’un seul trimestre que chez un élève ayant subi des brimades tout au long d’une année, voire durant toute sa scolarité.

Concernant la « relation asymétrique », si elle peut être rendue possible par le tandem harceleur-harcelé, elle résulte tout de même le plus souvent d’un phénomène de groupe : un élève est ciblé par un groupe composé d’un meneur et de suiveurs. Il peut parfois recevoir de l’aide ou du soutien de la part d’un défenseur, mais, sous la pression du groupe, ce dernier peut se désolidariser.

De même, il existe un certain nombre d’observateurs extérieurs qui « voient mais ne disent rien », généralement par peur des représailles. L’élève cible se retrouve donc seul contre tous et devient un véritable bouc émissaire sur lequel les autres se défoulent.

S’il y a quelques années encore, les victimes trouvaient un peu de répit une fois qu’elles sortaient de l’école, il n’est pas rare aujourd’hui que leurs agresseurs les poursuivent en dehors des temps et des lieux scolaires, par le biais des smartphones et des réseaux sociaux.

Du harcèlement au cyberharcèlement

Tout comme la violence « hors ligne », la violence « en ligne » prend différentes formes : usurpation d’identité, violence verbale (insultes, moqueries), violence sexuelle (envoi de photos choquantes ou diffusion non consentie de photos intimes), agressions physiques filmées et partagées sur les réseaux sociaux.

Bien que la continuité entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement ne soit pas toujours systématique, les agresseurs et les victimes sont tout de même souvent impliqués « hors ligne » et « en ligne » (dans 30 à 70 % des cas, selon les études).

En contexte numérique, on retrouve les « suiveurs » qui participent aux méfaits en likant, partageant ou commentant les contenus, ainsi que les « témoins passifs », qui en prennent connaissance, mais restent silencieux. D’autres parties prenantes font également leur apparition, rendant l’analyse du phénomène plus complexe (Bellon, Gardette, 2017) :

  • des élèves harcelés qui se servent de leurs compétences informatiques pour se venger de leurs harceleurs alors qu’ils ne riposteraient jamais « hors ligne » ;

  • des élèves qui ne sont pas harcelés mais qui se servent de leurs compétences informatiques pour venger les victimes et punir les harceleurs ;

  • des élèves qui se désinhibent et se métamorphosent derrière leur écran et se livrent à des actions qu’ils s’interdiraient totalement par ailleurs ;

  • tous ceux qui publient ou relayent un contenu par mégarde, par inadvertance, ou sur le feu de l’action, sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences de leur « clic » (« liker, c’est déjà harceler », comme le soulignait le slogan de la deuxième journée de mobilisation nationale contre le harcèlement scolaire).

À ces quatre « profils » s’ajoutent aussi des personnes qui participent aux attaques – en relayant ou commentant les contenus – mais qui sont pourtant totalement extérieures à l’établissement scolaire de la victime et de ses agresseurs, voire qui ne les connaissent même pas. Cependant, de manière générale, la cyberviolence est avant tout une violence de proximité, exercée par des camarades de classe, par des ami·e·s ou par des ex petit·e·s-ami·e·s de la victime.

Une prise de conscience récente

Le harcèlement scolaire est longtemps resté englobé dans les débats sur la violence scolaire en général. Ce n’est qu’au début des années 2010, suite aux enquêtes de victimation réalisées par Éric Debarbieux et révélant que 10 % des élèves sont victimes de violences répétées de la part de leurs pairs, que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessité d’agir.

Différentes actions sont dès lors mises en place : organisation des premières assises sur la prévention du harcèlement en mai 2011 ; lancement de la première campagne d’information et mise en place d’une ligne d’écoute téléphonique nationale et gratuite (3020) en 2012 ; création d’un site Internet ministériel proposant des ressources aux enseignants et aux parents ; lancement du concours académique « Non au harcèlement » en 2013.

La lutte contre le harcèlement scolaire est inscrite dans la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République :

« la lutte contre toutes les formes de harcèlement sera une priorité pour chaque établissement d’enseignement scolaire. Elle fera l’objet d’un programme d’actions élaboré avec l’ensemble de la communauté éducative, adopté par le conseil d’école pour le premier degré et par le conseil d’administration dans les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Ce programme d’actions sera régulièrement évalué, pour être amendé si nécessaire ».

Des campagnes de prévention

En 2015, le dispositif « Ambassadeurs Lycéens », plaçant les élèves au cœur de la prévention, est créé et une journée de mobilisation nationale est instaurée. Sa quatrième édition s’est donc tenue le jeudi 8 novembre 2018 et avait pour slogan « Une photo c’est perso, la partager c’est harceler ». Elle sensibilisait, cette année, au revenge porn et à la diffusion non consentie de photos intimes.

Différentes actions de prévention peuvent bien sûr être réalisées par les établissements scolaires et plus particulièrement par le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Ce dernier peut s’appuyer sur différents partenaires extérieurs, comme les associations, la police et la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les parents d’élèves.

Cependant, la prévention ne peut à elle seule endiguer le phénomène, car il ne suffit pas d’être informé d’un risque pour l’éviter ou de dénoncer un comportement pour qu’il soit abonné. L’éducation à l’esprit critique, l’éducation aux médias sociaux, l’éducation à l’empathie, le développement des compétences émotionnelles et psychosociales des élèves, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’autodéfense sont aussi des armes efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire et son prolongement numérique.

Enfin, des études ont montré que le climat scolaire et l’atmosphère générale qui règnent au sein d’une classe ou d’un établissement influencent la qualité des relations entre élèves. Une classe qui se caractérise par un mauvais climat a plus de chance de voir émerger en son sein des situations de harcèlement et de cyberharcèlement. L’amélioration du climat scolaire est donc également un levier d’action pour réduire ces formes de violence.

 

Auteure : , maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, membre du CREM, Université de Lorraine

Source : https://theconversation.com/violences-scolaires-ou-le-harcelement-commence-t-il

 

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dimanche 18 novembre 2018

Paris sans voiture, on en rêvait déjà en 1790.

« Le Pont-Neuf et la Pompe de la Samaritaine, vu du quai de la Mégisserie »,

peinture de Nicolas Raguenet (vers 1750-1760). Musée Carnavalet

-=oOo=-

Interdire l’usage des voitures particulières dans Paris ? Le débat ne date ni d’aujourd’hui, ni de l’apparition de l’automobile.

La place de la « voiture » (soit une caisse suspendue sur des roues dotées d’essieux) est un fait social majeur de nos sociétés urbaines. Elle s’inscrit dans une longue histoire qui pose de manière précoce des questions essentielles : le paraître et le faire-valoir, la discipline des conduites, la gestion policière des circulations et le droit à la ville opposé au privilège de la priorité et au pouvoir de doubler.

Immersion dans les rues de Paris au temps du tout-hippomobile, plus exactement au moment où la Révolution française bat son plein.

Un pamphlet anti-voiture

En 1790, un citoyen anonyme fait imprimer un in-octavo d’une étonnante modernité : Pétition d’un citoyen ou motion contre les carrosses et les cabriolets. Rédigé dans un style enlevé, ce texte de 16 folios relève à la fois du pamphlet, du traité moral, du mémoire policier et de la motion législative puisqu’il contient des propositions destinées à l’Assemblée nationale.

On ne sait à peu près rien de son auteur. Sans doute un bourgeois aisé (un médecin ?) car il déclare lui-même posséder « une voiture, un cabriolet et quatre chevaux » qu’il désire « sacrifier sur l’autel de la patrie », scandalisé par la brutalité avec laquelle les cochers conduisent dans Paris et écœuré par l’« oisiveté et la mollesse des riches ».

S’il est acquis aux idées des Lumières et loue les apports de la Révolution, il s’interroge : que peuvent bien valoir la liberté de la presse, la tolérance religieuse, la suppression des prisons d’Etat si « on ne peut aller à pied [dans Paris] sans un danger perpétuel » ? D’où le sous-titre du libelle – Ce n’est pas tout d’être libre, il faut être humain – qui pointe un paradoxe. Alors que les hommes clament tout haut l’égalité des droits à l’humanité tout entière, les habitants de la capitale continuent à être écrasés par les voitures dans l’indifférence du législateur. Il propose alors de terminer la Révolution (« achever l’ouvrage » dit-il) en faisant interdire l’usage des voitures particulières dans Paris.

En 1790 à Paris, la situation politique est inédite mais la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne se concrétise pas sur le pavé. Les rapports de domination exercés par les usagers des cabriolets sur les gens à pied subsistent plus que jamais.

Les embarras de Paris

La voiture maudite est un topos littéraire qui plonge ses racines dans les rues embarrassées du Paris des XVIIe et XVIIIe siècles, de Scarron à l’abbé Prévost en passant par la fameuse satire de Boileau où c’est l’accrochage entre une charrette et un carrosse qui provoque un « embouteillage » monstrueux :

D’un carrosse en tournant il accroche une roue,
Et du choc le renverse en un grand tas de boue :
Quand un autre à l’instant s’efforçant de passer,
Dans le même embarras se vient embarrasser.
Vingt carrosses bientôt arrivant à la file
Y sont en moins de rien suivis de plus de mille.

Si les « embarras » ou les « tracas », comme on les appelait alors, étaient utilisés par les écrivains comme un ressort littéraire, ils n’en renvoient pas moins à une réalité bien réelle qui est celle des rues d’Ancien Régime.

« Le Pont-Neuf vu du côté de la rue Dauphine », Nicolas Guérard (1715).

Cette gravure donne à voir la diversité des moyens de déplacement des citadins au Siècle des Lumières : au premier plan, on distingue deux carrosses, une chaise à porteurs, des cavaliers, une charrette. Il est significatif que l’auteur ait tenu à représenter cette scène d’embarras sur l’une de ses artères les plus modernes équipées de trottoirs. BNF

Il n’est guère de chroniques urbaines, de mémoires de policiers ou de récits de voyage qui n’en fassent mention : éclaboussures, poussière, vacarme des roues cerclées de fer qui trouble le repos des malades, encombrements provoqués par un carrosse ou un charroi qui ne parvient pas à manœuvrer au détour d’une rue, etc.

La voiture homicide

Mais ce qui est radicalement nouveau dans les écrits de la fin du XVIIIesiècle est le thème de la voiture-homicide que l’on retrouve aussi bien chez Louis Sébastien Mercier ou Nicolas Restif de la Bretonne.

Publié en 1789, un autre pamphlet anonyme est intitulé Les assassins ou dénonciation de l’abus tyrannique des voitures. Cet auteur s’en prend avec virulence aux phaétons, wiskis, diables et autres coupés à l’anglaise alors à la mode, ces modèles de véhicules légers et « rapides comme l’aigle » étant particulièrement adaptés à la circulation en ville.

On croit, argumente-t-il, que les assassins sont les brigands de grand chemin prêts à égorger pour une bourse. Non, à Paris, l’assassin est « celui qui sans passion, sans besoin, ouvre tout à coup les portes de sa demeure, s’élance comme un furieux sur mille de ses semblables et pousse contre eux, de toutes ses forces un char rapide et deux animaux vigoureux ».

C’est donc l’émergence de tout un courant de l’opinion publique anti-voitures et même une guerre sociale entre piétons et usagers des voitures que ces textes viennent illustrer.

Gravure d’un diable tiré de l’article « Sellier-carrossier » de l’« Encyclopédie

ou Dictionnaire raisonné des arts et métiers » de Denis Diderot et d’Alembert, Paris, 1769-1771.

Piétons et gens en carrosses à Paris

Plus concrètement, ce texte émerge à la croisée de deux phénomènes qui se manifestent au cours du XVIIIe siècle de manière divergente.

D’un côté, la hausse prodigieuse des déplacements hippomobiles dans la capitale, hausse liée au trafic de marchandises et de subsistances – Paris, avec ses 700 000 habitants, est déjà un ventre – et à l’accroissement des usages particuliers comme l’a bien montré Daniel Roche.

Si le carrosse du XVIIe siècle était à l’usage exclusif des familles princières et de la noblesse, l’utilisation de la voiture dans ses versions légères s’élargit à de nouvelles classes moyennes : marchands, détenteurs d’office, financiers mais aussi maîtres artisans, prêtres qui se déplaçaient auparavant à pied, à dos de mulet, et au mieux, en cheval.

Être propriétaire d’une voiture est certes encore le privilège des nobles et des riches bourgeois car cela implique de posséder une écurie, une remise pour le foin et la paille, d’avoir un cocher ou un laquais à sa disposition et de pouvoir s’approvisionner en avoine et en eau en grande quantité. Mais le développement des voitures de louage et des fiacres, les ancêtres de nos taxis, qui se louent à la journée ou à l’heure, ouvre peu à peu le panel des usages.

Le carrosse fut d’abord le véhicule royal par excellence. Ici, un carrosse moderne des années 1680, à la caisse entièrement sculptée et dorée, tiré par un attelage de six chevaux pour l’entrée de Louis XIV et de Marie-Thérèse à Douai en 1667. Peinture sur huile d’Adam François Van der Meulen, ca. 1690. Château de Versailles

 

Au cours du Siècle des Lumières, selon des estimations plausibles, le nombre de voitures particulières bondit. De 300 véhicules au début du XVIIIe siècle, il passe à plus de 20 000, date à laquelle notre auteur rédige sa pétition, soit une augmentation de 700 % ! La voiture est devenue une chose banale des villes bien avant l’automobilisme de masse.

De l’autre côté, selon un processus inverse quoiqu’encore marginal, les déplacements à pieds qui caractérisaient le petit peuple parisien sont en vogue dans les milieux éclairés. Non pas pour aller d’un lieu à un autre mais pour se promener. Les élites descendent progressivement de leurs carrosses pour se promener le long des boulevards arborés ou dans les jardins.

Pour les philosophes des Lumières, aller à pied devient une vertu opposée à la mollesse de ceux qui vont en voiture. La marche devient une pratique socialement valorisée pour des raisons d’hygiène corporelle, de clairvoyance de l’esprit, de contact avec le monde. Rousseau s’en fait le chantre, Restif de la Bretonne une discipline quotidienne et nocturne. Sous la Révolution, le piéton devient une figure politique majeure incarnée par le sans-culotte comme le souligne l’historien Guillaume Mazeau, dans un article à paraître bientôt dans Chimères.

Les voitures, première source d’insécurité des Parisiens

Imaginez désormais cette scène maintes fois vécue et décrite par les contemporains.

Vous marchez tranquillement en tenant le haut du pavé dans une rue étroite et encombrée. Ici, un étal de vendeur à la sauvette, là des gravats d’un chantier provisoire, un peu plus loin une forge de plein vent qui empiète sur la chaussée, au-dessus de votre tête une enseigne de cabaret qui oblige les cochers à de dangereuses embardées. Soudain, propulsé par deux chevaux vigoureux, un cabriolet de près de 700 kg, sans système de freinage efficace, s’engage à toute allure. Le cocher, pressé par le propriétaire du véhicule, fait claquer son fouet tout en criant « gare, gare ». Sauve qui peut ! Comment alors échapper aux roues du bolide lorsqu’il n’y a ni parapets, ni trottoirs ?

Dans ses Tableaux de Paris, Jean‑Sébastien Mercier dit avoir été victime à trois reprises des voitures homicides. Le citoyen anonyme de la Motion contre les carrosses avance quant à lui des chiffres qui font froid dans le dos : plus de 300 morts par an, tués sur le coup ou à la suite de blessures fatales. Sans compter les estropiés de tout genre amputés d’un membre, une main, un bras, une jambe auxquels il faudrait ajouter les milliers de balafrés à la joue lacérée par les coups de fouet.

Les accidents

Les accidents étaient-ils plus importants à la fin du siècle qu’au début ou les habitants désormais tous citoyens se sentent-ils plus libres de prendre la plume pour dénoncer les excès hippomobiles ?

Une chose est sûre, la vitesse des véhicules a considérablement augmentée au cours du Siècle des Lumières. D’abord pour des raisons techniques : des voitures, plus légères et plus maniables que les pesants carrosses, font leur entrée sur le marché et mènent l’équipage à plus de 50 km/heure sur les grands boulevards. Ensuite, pour des raisons urbanistiques : la multiplication des portes cochères, l’alignement des façades, la création des grands boulevards et des promenades autorisent des vitesses jusqu’alors jamais atteintes en ville malgré les limitations fixées par les décrets de police.

Si la voiture marque les corps dans leur chair, elle transforme aussi durablement le visage de la ville, un processus qui se prolonge jusqu’à nous au point d’exclure les piétons de certaines voies – les boulevards périphériques – notamment celles le long des berges de la Seine qui font aujourd’hui tant couler d’encre.

Le prix de la vie

Au XVIIIe siècle, les victimes des voitures dans la capitale sont surtout des enfants occupés à jouer dans la rue, des vieillards peu lestes, malentendants ou malvoyants, des portefaix trop chargés et, d’une manière générale, tout piéton inattentif ou distrait.

En cas d’accident, les témoins et les commissaires doivent déterminer les responsabilités. Si la victime est passée sous les grandes roues (arrières), tant pis pour elle ; en revanche, si elle est happée par les petites roues du train avant alors elle est en droit de réclamer réparation.

Bien souvent, les accidents sont réglés à l’amiable contre une poignée d’argent. Quel pouvait être le prix d’une jambe broyée pour un pauvre hère ? Mais la plupart du temps, ni le cocher, ni le propriétaire ne daignent s’arrêter et prennent la fuite. C’est cette inhumanité profonde qui révulse l’auteur du pamphlet.

Aujourd’hui, la voiture tue moins à Paris qu’à la fin du XVIIIe siècle (une trentaine de morts en 2017) même si elle continue à blesser, notamment les cyclistes toujours plus nombreux. Le problème se pose désormais en termes de santé publique en lien avec les émissions des particules fines responsables selon les spécialistes de plusieurs centaines de cancers du poumon chaque année dans la capitale.

Supprimer l’usage des voitures dans la capitale

C’est sous la forme d’un décret en dix articles que le citoyen anonyme formule sa proposition d’interdiction totale de circuler en carrosse ou en cabriolet. Seules les sorties des carrosses vers la campagne et les déplacements intra-muros en cheval sellé, limités au trot, et pour les urgences médicales, seront tolérés.

Les chaises à porteurs tant vantées par le citoyen anonyme ont été le privilège de la noblesse tout au long de l’Ancien Régime. Ici, un modèle (ca. 1730) à décor de marines finement orné et peint de marins, d’embarcations et de voiliers. Château de Versailles

 

Les voitures particulières et les fiacres seront remplacés par des chaises à porteurs créées en nombre suffisant et situées dans des stations à chaque carrefour où les tarifs seront clairement affichés.

L’auteur a conscience des bouleversements occasionnés par une telle décision, « Vous allez m’objecter que je vais ruiner une grande quantité de citoyens ». Car en s’attaquant aux usages hippomobiles des particuliers, c’est tout un pan de l’économie urbaine qui allait être affectée : les « charrons, peintres, selliers, bourreliers, serruriers, maréchaux » mais aussi « loueurs de carrosses, cochers […] domestiques ».

Mais, argumente-t-il, en multipliant les chaises, ce sont autant de nouveaux emplois créés : des porteurs de chaise, des artisans capables de les fabriquer, sans compter les économies réalisées par les propriétaires de chevaux qu’il faut nourrir chèrement, entretenir et loger dans des écuries qui occupent la majeure partie des rez-de-chaussée de la capitale au détriment de « tous nos habitants qui vivent dans la médiocrité ».

Quant aux cours cochères, il suggère de les faire dépaver et de les transformer en pelouses, en potagers et en vergers ! La ville sans voiture appelle une autre utopie, celle de la ville végétale.

L’invention du trottoir

Difficilement applicable sur le plan économique et policier, socialement explosive, cette mesure ne sera jamais discutée à l’Assemblée nationale.

Le citoyen anonyme propose également de généraliser les trottoirs sur le modèle londonien, anglophilie oblige. Chaque nouvelle rue devra comporter un « trottoir dont la largeur ne peut être inférieure à quatre pieds », soit 130 cm.

Promise à un bel avenir, cette mesure suggère que le choix d’aménager la ville en séparant les flux des voitures et des piétons, et en réservant à ces derniers la portion congrue, fut privilégié de manière très précoce par les politiques de gouvernance urbaine.

Attestés à Rome sous l’Empire, les trottoirs disparaissent progressivement des villes médiévales au tracé trop contraignant. Ils font leur réapparition dans les villes occidentales à l’époque moderne, remplaçant les bornes et les parapets, d’abord à Londres et dans les grandes cités anglaises dès la fin du XVIIe siècle, mais aussi dans certaines villes du Nouveau Monde comme à Mexico où une dizaine de kilomètres de trottoirs ont été érigés dans les années 1790.

Vue en coupe d’une rue nouvelle de la ville de Mexico. Plan en couleur réalisé en 1794, tiré des Archives générales de la Nation (Mexique), section « Mapas, Planos e Ilustraciones ». Les trottoirs apparaissent sur l’image sous le terme de « banquetas ». Archives générales de la Nation (Mexique)

Au moment où la Motion contre les carrosses est imprimée, les trottoirs sont alors quasiment absents des rues de la capitale, limités au Pont Neuf, au Pont Royal et au quartier de l’Odéon. Ils ne se développent qu’au cours du XIXe siècle, notamment dans les quartiers centraux, les faubourgs restant jusqu’au début du XXe siècle sous-équipés.

Depuis sa généralisation, le trottoir a sans doute sauvé la vie de millions de citadins dans le monde. Son histoire, qui est celle des rapports entre les piétons et les voitures en ville, reste à écrire.

Finalement, que l’on se situe au crépuscule du XVIIIe siècle ou sous le mandat de la maire Anne Hidalgo, la voiture à motricité hippomobile, thermique ou électrique continue de questionner les usages publics de la rue et, sa suppression, à faire rêver de nombreux citadins.

 

Auteur :  - Maître de conférence, histoire, Labex Tepsis – Mondes Américains (EHESS), Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

Source : https://theconversation.com/paris-sans-voiture-on-en-revait-deja-en-1790-103140

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Evy, la blogueuse

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samedi 20 octobre 2018

L’autoroute A10 rénovée avec du bitume 100 % recyclé.

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La société Eurovia Grands Travaux vient de mettre au point une technologie écologique permettant la rénovation de chaussées à partir de bitume 100 % recyclé. Un procédé innovant qui limite grandement l’impact environnemental des travaux routiers et qui a déjà permis de rénover une portion d’un kilomètre de l’autoroute A10. Explications.

UNE GRANDE PREMIÈRE MONDIALE

Jusqu’à récemment, on ne pouvait utiliser guère plus de 60 % d’enrobés recyclés pour façonner de nouveaux revêtements routiers. Mais grâce à la technologie innovante mise au point par la société Eurovia Grands Travaux, il est désormais possible de recycler 100 % des anciennes chaussées pour en faire de nouvelles, offrant des propriétés et performances équivalentes aux équipements neufs. En Gironde, une portion d’un kilomètre de l’autoroute A10 a ainsi pu être rénovée grâce à ce procédé écologique basé sur le principe de l’économie circulaire.

Bien que cette technique de recyclage à chaud ait vu le jour au milieu des années 80, le taux d’enrobés recyclés tournait plutôt aux alentours de 50 % ces dernières années. Il s’agit donc d’une première mondiale qui démontre également que ce procédé permettant d’obtenir du bitume 100 % recyclable est efficace et pourra être mis en place dans le futur sur les axes routiers les plus fréquentés d’Europe.


Voir l'image sur Twitter
Eurovia@Eurovia_Group
, en collaboration avec @VINCI Autoroutes,
vient de dévoiler la première « route 100% recyclée » au monde
250 À 400 TONNES D’ENROBÉS RECYCLÉS PAR HEURE

Pour mettre au point ce procédé écologique, Eurovia Grands Travaux s’est associée à Marini-Ermont, spécialisée dans les usines d’enrobés mobiles. Comme l’a précisé Jean-Pierre Parisi, directeur général d’Eurovia : « On a conclu un partenariat pour concevoir et fabriquer une usine qui soit capable de fabriquer des enrobés avec 100 % d’agrégats recyclés et avec une cadence qui soit compatible avec les normes de mise en œuvre sur le chantier ».

Capable de produire entre 250 et 400 tonnes d’enrobés recyclés par heure, l’usine mobile installée le temps des travaux sur l’A10 a définitivement démontré son efficacité. Ce processus écologique innovant pourrait contribuer à réduire drastiquement l’impact environnemental des travaux routiers en limitant grandement les moyens de transport et trajets nécessaires à l’acheminement des enrobés sur les chantiers.

1) Evy - signature animée Titi

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