dimanche 25 janvier 2015

Message d'Elisabeth Badinter à celles qui portent volontairement la burqua

French police injured in row over burka

 

Source :

Article récolté sur Facebook ce jour

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samedi 24 janvier 2015

Un sanglier abattu en plein Bordeaux après une course poursuite dans la ville

© DR Photo amateur
Un sanglier abattu en plein centre ville de Bordeaux le 23 janvier 2015.

Repéré près de la gare peu avant minuit, le sanglier va traverser plusieurs axes de Bordeaux, poursuivi par la police. Il endommage deux voiture de la BAC et bouscule une piétonne. Il est abattu une heure et demie plus tard, en plein centre ville. Récit de cette incroyable course poursuite. 

Peu avant minuit, la police reçoit un appel : on lui signale un sanglier en plein Bordeaux. L'animal a été aperçu près de la gare de Saint-Jean de Bordeaux. Les effectifs de nuit, une dizaine d'hommes le prennent alors en chasse. 

Cours de la Marne, cours Aristide Briand. Les policiers finissent par coincer le sanglier dans une ruelle, rue Tastet, fermée par deux voitures de la BAC. Mais l'animal de 80 kilos charge et passe par dessous l'un des véhicules. Il reprend la fuite. 
Dans sa course, il bouscule une piétonne, sans gravité. Il finit par se réfugier dans un buisson place de la République.

C'est là qu'il est abattu par un lieutenant de louveterie, seul chasseur habilité par la Préfecture à abattre les animaux en ville. 

C'est la première fois qu'un sanglier est ainsi tué dans Bordeaux. Mais depuis plusieurs mois, ces animaux considérés comme nuisibles se rapprochent des zones urbaines et des battues sont régulièrement organisées

Plus de 50 sangliers ont été tués en quatre mois dans l'agglomération bordelaise.

Par Hélène Chauwin

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Source :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/aquitaine/2015/01/23/un-sanglier-abattu-en-plein-bordeaux-apres-une-course-poursuite-dans-la-ville-638611.html#xtor=EPR-521-%5Bfrance3regions%5D-20150123-%5Binfo-titre1%5D

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L'année des grandes marées a débuté : un avant goût de la marée du siècle.

Les grandes marées font la joie des pêcheurs de coquillages
Les grandes marées font la joie des pêcheurs de coquillages
2015 avait été annoncée comme étant l'année de la marée du siècle, avec un coefficient de 119 le 21 mars prochain. Mais celles de ce week-end, avec un coefficient de 109 ce vendredi, ne manquera pas de faire plaisir aux promeneurs ou amateurs  de pêche à pied.
C'est le début d'une belle série de grandes marées qui tout au long de l'année 2015 devrait faire le plaisir des amateurs de promenade en bord de mer ou des passionnés de pêche à pied. Elles ont commencé ce jeudi avec un coefficient de 109 ce jeudi et ce vendredi. Un avant-goût de la première marée du siècle du IIIe millénaire qui aura lieu le 21 mars prochain avec un coefficient de 119.

Une marée du siècle qui en fait, n'en est pas tout à fait une. Car c'est ainsi que le Shom (Service hydrographique et océanique de la marine) qualifie ainsi toutes les marées dont le coefficient dépasse 118, ce qui devrait être le cas à six reprises, d'ici 2100 ! (Voir encadré). Le record est annoncé pour 2073 avec une grande marée de 120. 

De plus, cette année, les coefficients de marée devraient à deux reprises frôler ce seuil symbolique de 118. Le 21 février (117) et le 29 septembre (117) et un « petit » 116 prévu ce vendredi.
Les "marée du siècle" du 21è siècle.
Coefficient 119  : 21 mars 2015 ; 3 mars 2051 ;  Les 14 et 15 mars 2055 ;  5 mars 2068

Coefficient 120 25 mars 2073.

Par Eric Nedjar

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Source :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/01/23/l-annee-des-grandes-marees-debute-un-avant-gout-de-la-maree-du-siecle-638543.html#xtor=EPR-521-%5Bfrance3regions%5D-20150123-%5Binfo-image1%5D

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Le «Charlie Hebdo» des survivants dépassera les 7 millions d'exemplaires

La Une de Charlie Hebdo le 14 janvier 2015

La Une de Charlie Hebdo le 14 janvier 2015 - Joël Saget AFP

Le numéro «des survivants» de Charlie Hebdo, avec Mahomet en une, va dépasser les 7 millions d'exemplaires et est déjà en réimpression, ont annoncé vendredi soir les Messageries lyonnaises de presse, distributeur du journal.

300.000 exemplaires supplémentaires

D'ici samedi soir, les Messageries lyonnaises de presse auront livré 7 millions d'exemplaires du journal réalisé par les survivants de l'équipe de Charlie Hebdo après l'attentat du 7 janvier, et continue à réimprimer pour en livrer 300.000 autres dès lundi.

Sur ce total, 6,3 millions auront été livrés avant samedi soir au réseau des marchands de journaux français et 700.000 à l'international, ont précisé les MLP, alors que de nouvelles manifestations contre le journal ont eu lieu vendredi en Afghanistan, au Pakistan et au Cachemire indien.

Depuis la sortie de ce numéro historique le 14 janvier, Charlie Hebdo, qui tirait avant l'attentat à 60.000 exemplaires, n'a cessé de revoir à la hausse ses prévisions de vente face à l'engouement des lecteurs, qui ont pris d'assaut les kiosques.

La Belgique, championne à l'international

L'impression du journal continue donc: dès lundi, les MLP vont encore en distribuer 300.000, mais cette fois en ne livrant que les magasins qui le réclament, alors que jusqu'ici les 27.000 points de vente en France étaient tous réapprovisionnés quotidiennement.

Toute la semaine, les kiosquiers français ont été en rupture de stock quotidienne, signe que le journal a continué à se vendre très rapidement. «Tout ce qui était distribué était vendu», ont souligné les MLP.

Le chiffre final des ventes ne sera connu que dans sept semaines environ, selon les MLP. A l'international, le pays le plus demandeur a été la Belgique.

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Source :

http://www.20minutes.fr/medias/1524543-20150123-charlie-hebdo-survivants-depassera-7-millions-exemplaires

 

 

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vendredi 23 janvier 2015

Quand la grève des médecins favorise l'automédication

Alors que la vente de médicaments sans ordonnance est restée stable en 2014, le mois de décembre a été marqué par une subite hausse de l'automédication : un effet inattendu de la grève des médecins.

Comme chaque année, l'Afipa (Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) a présenté son baromètre des produits du « selfcare », ou automédication, regroupant tous les médicaments, compléments alimentaires et dispositifs médicaux vendus sans ordonnance.

Les données révèlent qu'auprès une année 2013 où l'automédication était en recul, le marché a gagné 2,1% en valeur, et 0,8% en volume en 2014. Si cette hausse n'est pas alarmante, les données du mois de décembre sont, elles, assez inattendues. Ce mois-ci, le secteur de l'automédication a enregistré des ventes record à hauteur de 224 millions d'euros, soit « le chiffre d'affaires le plus important depuis 10 ans » d'après un communiqué de l'Afipa.

Une grève qui profite aux pharmaciens

Fermement opposés au projet de Loi santé de Marisol Touraine, les médecins libéraux se sont massivement mis en grève en décembre. C'est sans doute cette mobilisation qui aurait engendré une hausse subite de l'automédication, et qui a profité aux pharmaciens selon l'industrie pharmaceutique.

Selon l'Afipa, les patients se sont directement rendus chez leur pharmacien pour des pathologies bénignes, en remplacement du généraliste. « Plus de 8,2 millions d'euros de ventes sont imputables à cette grève », estime l'association. Pour Pascal Brossard, président de l'Afipa, cet épisode valide l'action de l'association, qui recommande « l'automédication responsable » comme une « première étape du parcours de soins ».

« Cela permet de rendre à chaque professionnel son vrai rôle : le pharmacien pour les pathologies bénignes, le médecin généraliste pour les pathologies plus graves et les Urgences pour les urgences » souligne M. Brossard, avant d'ajouter que « cela permet de faire des économies pour la sécurité sociale. » Pour le président de l'Afipa, ce modèle fonctionne dans les faits, et existe déjà dans tous les autres pays européens. Il dénonce donc « l'immobilisme » des autorités de santé françaises sur le sujet.

Cet avis n'est cependant pas partagé par le Dr Luc Duquesnel, président de la branche généraliste du CSMF, principal syndicat de médecins libéraux. Ce dernier estime que, même pour traiter les maux de l'hiver, l'automédication n'est pas sans danger. Le risque majeur réside dans l'association hasardeuse de certains principes actifs, qui peuvent interagir entre eux. « Il n'y a pas de petits bobos de l'hiver », assure le Dr Duquesnel. « Si vous prenez de l'ibuprofène et que vous avez un estomac sensible, vous pouvez faire un ulcère gastrique. » Le médecin rappelle ainsi que « contrairement au généraliste, le pharmacien ne connait pas les antécédents du patient. »

Parmi les médicaments sans ordonnance les plus achetés en décembre 2014, on retrouve les antidouleurs (avec le doliprane en tête), ainsi que les médicaments contre le rhume et la toux.

par

Source :

http://www.topsante.com/medecine/medecine-divers/medicaments/soigner/quand-la-greve-des-medecins-favorise-l-automedication-75677

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samedi 17 janvier 2015

Peut-on caricaturer le prophète Mahomet ?

Charlie Hebdo a décidé de tenir tête aux terroristes en dessinant à nouveau en une de son prochain numéro le prophète Mahomet. Une provocation au regard de l'islam ?

Le délit de blasphème n'existe pas en France, mais à l'étranger, notamment au sein des autorités mulsulmanes, la couverture du dernier numéro de Charlie Hebdo a été accueillie plutôt froidement.

Pour Al-Azhar cela va « attiser la haine »

Elle a déclenché de la colère chez le conseiller du Mufti de la république égyptienne qui a « mis en garde » contre ce dessin, y voyant « une provocation injustifiée pour les sentiments d'1,5 milliard de musulmans à travers le monde ».

« Nous dénonçons la violence et respectons la liberté d'opinion. Mais l'autre partie doit comprendre que nous aimons le prophète Mahomet », a expliqué Ibrahim Negm.

La publication de ces dessins « insultants à l'égard du prophète » va « attiser la haine (...). Elle ne sert pas la coexistence pacifique entre les peuples et entrave l'intégration des musulmans dans les sociétés européennes et occidentales », a indiqué le centre de recherches islamiques d'Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam.

Du Sénégal à l'Iran

Au Sénégal, « tous les moyens » devaient être employés pour interdire la distribution et la diffusion du numéro de mercredi de Charlie Hebdo et Libération. 

L'Iran a également condamné un « geste insultant » qui, selon la porte-parole de la diplomatie iranienne, « peut relancer le cercle vicieux du terrorisme ».

Les autorités musulmanes ne sont pas les seules à regretter ces caricatures de Mahomet. Le malaise est également présent chez nombre de musulmans modérés.

Rien ne justifie une telle interdiction

Le caricaturiste palestinien Ramzy Taweel, qui avait soutenu les dessinateurs assassinés, n'hésite pas à comparer, dans son dernier dessin, le journal satirique français à du papier toilette. 

« Mon cœur est avec les familles, ce qui est arrivé est terrible », confie M. Taweel, 36 ans, penché sur une tablette graphique, chez lui à Ramallah.

Dans le Coran, « il est interdit de tuer qui que ce soit pour ses idées », souligne-t-il. « Cela signifie-t-il que j'accepte ce qu'ils dessinent ? Non, cela me pose problème ».

Sauf que rien dans les textes du Coran ou dans la tradition prophétique ne justifie l'interdit religieux de représenter le prophète, bien au contraire, selon l'islamologue français Ghaleb Bencheikh.

Cette interdiction pourrait en revanche provenir de hadiths, c'est à dire les textes et les paroles prononcées par le prophète et rassemblées dans la Sunna. Qui n'entre pas forcément en concordance avec le Coran. Même si ce sont les les deux grandes sources de la foi et de la vie des musulmans rappelle Louis Gardet dans Islam, religion et communauté.

« Mais s'il fallait les suivre à la lettre, il ne devrait y avoir ni statues, ni photographies, ni télévisions dans les pays musulmanns, rappelle Le Point », expliquant qu'ils étaient surtout destinés « à combattre l'idolâtrie, un péché dénoncé dans l'islam, comme d'ailleurs dans le judaïsme et le christianisme. »

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Source :

http://www.ouest-france.fr/islam-peut-caricaturer-le-prophete-mahomet-3116632?utm_source=of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20150117&vid=042035060061059051097116014036040046060041125055041063

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vendredi 16 janvier 2015

Jean-Luc Mélenchon - « Droit au blasphème » dans le « Dictionnaire de la laïcité »

Voici la contribution écrite par Jean-Luc Mélenchon sur le « Droit au blasphème » dans le « Dictionnaire de la laïcité » publié chez Armand Collin. Il rappelle qu'en République, le blasphème n'existe pas.

Un blasphème est un discours jugé insultant à l'égard de ce qui est vénéré par les religions ou de ce qu’elles considèrent comme sacré. Mais "le blasphème n'est scandaleux qu'aux yeux de celui qui vénère la réalité blasphémée" a dit Pierre Bayle au XVIIème siècle. Aucune loi n’institue un espace sacré dont le contenu serait placé hors du champ de la loi librement débattue. Il n'y a donc pas de blasphème "objectif". La notion de blasphème étant strictement religieuse, il existe du point de vue d’une société laïque une liberté de pensée et d’expression qui ne reconnait pas la limite de l’espace imaginaire déclaré comme sacré par les religions. Il n’y a donc pas de droit au blasphème puisque le blasphème n’a aucune réalité ni dans l’ordre de faits observables ni dans l’ordre juridique. Le « droit au blasphème » est donc aussi total que celui d’injurier le Père Noël.

Pourtant, les religions monothéistes ont réussi à imposer la condamnation du blasphème comme une norme. On trouve la condamnation à mort du blasphème dans les textes fondamentaux du Judaïsme, Christianisme et Islam.


Dés un des premiers livres recueillis dans la Bible, le Lévitique (24.1016), on peut lire : "celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort, toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de dieu"


Selon l'apôtre Jean, les Juifs voulaient lapider Jésus, parce que, étant homme, il disait être dieu, ce qu'ils estimaient être un blasphème (Jean 10 : 33). Puis les serviteurs de dieu sont aussi accusés de blasphème par Saint Marc : "Vous venez d'entendre le blasphème : que vous paraît-il? " Tous le condamnèrent (comme) méritant la mort" (Mc 14,64).


Dans le Coran, l'insulte à Allah ou la compagnie de blasphémateurs est passible de mort également : « Ceux qui injurient (offensent) Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l’au-delà et leur prépare un châtiment avilissant » [Sourate Al Ahzab 33:57]


Les religions sont donc unanimes pour condamner le blasphème, même si elles en donnent des définitions et des modalités de répression fluctuantes. Cela atteste de la subjectivité absolue du blasphème et de l’impossibilité de le réprimer notamment dans une société où se pratiquent plusieurs religions.

En France, le blasphème fut passible de mort jusqu'à la Révolution Française. La victime la plus tristement célèbre de cette loi religieuse étant le Chevalier de la Barre. Il fut accusé en 1765 de blasphème pour avoir chanté deux chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion et être passé devant une procession en juillet 1765 sans enlever son couvre-chef. Après dénonciation, une perquisition menée au domicile de La Barre amène à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire et des livres érotiques) : plus de doute pour les juges d'alors : il est coupable. Arrêté le 1er octobre 1765 à l’abbaye de Longvillers il est condamné à mort. Voltaire prendra sa défense au nom de la tolérance, faisant du Chevalier de la Barre l'exemple de l'absurdité des lois religieuses. 

Les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 suppriment la notion de blasphème du droit français, tant qu'il n'y a ni abus ni trouble à l'ordre public. La notion de blasphème est réinstaurée sous la Restauration et elle est à nouveau abrogée dans les années 1830. L’insulte d’une religion reconnue par l’Etat (en vertu du Concordat en vigueur jusqu’en 1905) conduit toutefois encore à des condamnations de militants anti-cléricaux pour leurs écrits, alors même qu’ils ne visent pas d’individus en particulier. Cette possibilité de condamnation est finalement supprimée avec les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cependant, le rattachement de l'Alsace et la Moselle en 1918 a réintroduit la notion de blasphème dans le droit français, via l'incorporation de l'article 166 du code pénal allemand qui punit le blasphème de trois ans de prison.


Les églises, à commencer par l'Eglise catholique ne vont cependant jamais désarmer pour obtenir la répression du blasphème, signe de leur prétention, contraire à la laïcité, d’imposer dans l’espace public leurs normes particulières. On assiste ainsi à une recrudescence du mouvement anti-blasphème depuis les années 1980.


En 1983, le cinéaste américain Martin Scorsese envisage de tirer un film du roman de Nikos Kazantzakis, « La dernière tentation », pour lequel l'auteur a été excommunié par l'Eglise orthodoxe grecque. La Paramount cède aux pressions des puissants fondamentalistes protestants et renonce à le produire. Le film est finalement tourné au Maroc, fin 1987, et sort, en 1988. Le 6 septembre 1988, le cardinal Albert Decourtay, archevêque de Lyon, et le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, rendent public un communiqué dans lequel ils protestent d’avance contre la diffusion de ce film, sans d’ailleurs l’avoir vu. Ils y condamnent l’irrespect pour le Christ et les évangiles. Le cardinal Lustiger, dira même dans Le Figaro du 31 octobre 1991 : « cet irrespect d’autrui est une atteinte plus grave qu’il n’y paraît au pacte social. De telles pratiques pourraient être passibles des tribunaux ». Cette recrudescence du mouvement anti-blasphème se traduira y compris par des tentatives violentes d’empêcher la diffusion du film dans des cinémas.

Certains représentants de l'Islam ont également relancé l’appel à condamnation du blasphème. Le 14 février 1989, l’ayatollah Khomeiny, prononçait en tant que jurisconsulte un décret qui condamnait à mort Salman Rushdie, auteur des  Versets sataniques (publié le 26 septembre 1988), ainsi que ses éditeurs. Et il enjoignait les « musulmans zélés » « de les exécuter où qu’ils se trouvent », pour en faire un combat exemplaire contre le blasphème, pour que  « personne n’ose insulter la sainteté islamique ».


Plus récemment, l’affaire de « La Cène », une photo représentant l'épisode évangélique et la publication dans un journal hollandais puis dans Charlie Hebdo en France de caricatures du prophète Mahomet donnent lieu à des procès et des menaces de mises à mort des dessinateurs.

A chaque fois est invoqué le « respect dû aux religions » pour justifier les menaces ou les condamnations, bref pour justifier l'interdiction du blasphème. En fait c'est un détournement du sens de la tolérance qui signifierait alors "respect des convictions". Or, au sens où l'entendait Voltaire, aucune idée ne peut exiger le respect, aucun groupe ne peut exiger le respect de ses convictions ! Seules les personnes méritent le respect et aucune attaque contre une idée ne justifie la mise en cause ou l'insécurité de ceux qui la défendent. Il apparaît désormais "normal" à certains croyants de saisir la justice lorsque leurs convictions, en général religieuses les plus profondes, sont moquées ou tournées en dérision. Si l'on poursuit ce raisonnement, les idées ou les convictions, politiques ou religieuses ne pourraient plus être critiquées. Au nom du "respect" et de la "tolérance" les religieux remettent en réalité en cause frontalement la liberté de pensée et d’expression.

L’Union européenne dont la fondation est étroitement liée a la Démocratie Chrétienne n’interdit pas la punition du blasphème. De nombreux pays en Europe le condamnent donc: c'est le cas du code pénal allemand et du code pénal autrichien qui font clairement référence au blasphème. L’article 140 du code pénal danois prévoit une peine de détention pour celui qui, publiquement, ridiculise ou insulte le dogme ou le culte d’une communauté religieuse. En Finlande, l’article 1er du code pénal punit de réclusion quiconque « aura publiquement blasphémé dieu ». Des dispositions de même nature se retrouvent dans les législations pénales grecque, italiennes, néerlandaise, suédoise ou norvégienne.

Les Pays-Bas vont ôter de leur arsenal pénal un article qui punissait le blasphème. Il va être remplacé par une disposition qui condamne la discrimination, les “insultes graves” et les propos “inutilement blessants” à l’égard des individus, sur la base de “leur race, leur orientation sexuelle et leur religion”. En définitive, la réforme fait craindre une restriction de la liberté d’expression dans un pays qui a vécu plusieurs épisodes tumultueux au cours des dernières années. En 2004, le cinéaste Theo Van Gogh a été assassiné à Amsterdam par un islamiste radical pour avoir réalisé le film Submission. Il avait été taxé de blasphème par son meurtrier. Ayaan Hirsi Ali, députée d’origine somalienne, coscénariste du film désormais exilée à Washington, avait subi la même accusation. En 2006, l’affaire des caricatures danoises de Mahomet a eu un écho particulier aux Pays-Bas et fait craindre d’autres actions violentes.

En Irlande, critiquer une religion pourra désormais être puni d'une amende de 25 000 euros. La loi sur la diffamation est entrée en vigueur ce 1er janvier 2010. Son article 36 crée un délit de blasphème. La loi s'applique à toutes les religions, pas seulement au catholicisme dominant en Irlande. Les militants laïcs irlandais ont mis en avant le ridicule de la notion même de blasphème puisque les représentants de chaque monothéisme sont blasphématoires aux yeux des représentants des autres. Jésus lui-même, dans l'évangile selon Jean profère des attaques contre le judaïsme. Et Jésus a justement été condamné pour blasphème … ce qui montre le caractère impraticable de la répression du blasphème du moment où la liberté de conscience est reconnue dans une société. Si l’on devait écouter les églises, Benoît XVI n’aurait-il pas dû être poursuivi et condamné quand en en 2006, déjà pape, il avait cité un empereur byzantin, selon lequel Mahomet n'avait apporté que « du mauvais et de l'inhumain », blasphématoire pour les musulmans ?

Les condamnations, en Europe ne sont "que" pécuniaires. Mais au Pakistan par exemple, la loi sur le blasphème datant de la colonisation britannique n'a cessé de se renforcer et de se durcir dans le cas de prétendus blasphèmes contre l’islam, au point qu’elle prévoit maintenant la peine de mort en cas de blasphème contre Mahomet.
 
Les défenseurs d'une condamnation du blasphème ont aussi leurs entrées au Conseil des Nations Unies. L'Assemblée générale de l'ONU avait demandé au secrétariat général de la Conférence de l'Organisation islamique un rapport pour la mise en œuvre de la résolution 62/154, intitulée  “Combattre la diffamation des religions". Cette résolution cherche au fond à étendre la protection non pas aux êtres humains, mais aux opinions et aux idées, en accordant à celles-ci une immunité exclusive contre toute « offense ». Et le rapport transmis à l'ONU en juin 1988 appelle contre les insultes dont fait l’objet l’Islam à « sanctionner le mauvais usage ou l'abus de la liberté d'expression ».

La recrudescence des législations condamnant le blasphème, y compris en Europe et dans les instances internationales, va de pair avec les projets de reconfessionalisation de la société. Les mêmes qui défendent le blasphème sont les défenseurs de la théorie du "choc des civilisations" ou de la "laïcité positive". Dans cette logique, les religions doivent pouvoir influer sur les normes de l’espace public, en contradiction avec la laïcité qui cantonne leur pouvoir dans la sphère privée. Pour eux, "chacun son blasphème, chacun sa religion, chacun sa civilisation" est la nouvelle devise des temps modernes. Ce n'est que régression par rapport à l'esprit des Lumières et une négation de la laïcité. Le blasphème n'est qu'une critique ou une moquerie, il est un droit et ne doit plus être condamné.

Source :

http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/en-republique-le-blaspheme-nexiste-pas/

 

 

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jeudi 15 janvier 2015

France, terre d'attentats contre la presse ?

 

image : France, terre d'attentats contre la presse ?

Les attentats qui ont frappé la France la semaine dernière ont de multiples dimensions qui ont mobilisé le pays. On ne négligera pas l'antisémitisme assumé de la prise d'otages tragique de la Porte de Vincennes. Avec l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo le 7 janvier, c'est la liberté de la presse qui est attaquée.

Cet attentat s’inscrit dans une longue tradition de violence à l’encontre de la presse et des journalistes, y compris dans notre pays. En effet, de nombreux journaux furent la cible d’attentats dont les dégâts ne furent généralement que matériels. Un attentat se distingue d’emblée, qui aurait pu servir de répétition à celui du 7 janvier : la fusillade du 18 novembre 2013 au siège de Libération, au cours de

laquelle un photographe avait été grièvement blessé par les balles d’Abdelhakim Dekhar… Mais celui-ci, se revendiquant de l’extrême gauche, déclara par la suite être venu pour faire peur et non pour tuer. Par ailleurs, Charlie Hebdo avait déjà été la cible d’un attentat à l’explosif en novembre 2011, s’inscrivant alors dans une liste qui voyait se côtoyer la presse d’extrême droite (Minute en 1971, 1974, 1975, 1982 et 1985, Le Choc du Mois en 1989), la presse de gauche (Globe hebdo en 1988, Libération en 1991 et 2013) et d’extrême gauche (L’Humanité en 2004) ainsi que la presse régionale (Corse Matin en 1992, 1994, 1997 et 2011) et internationale (Jeune Afrique, en 1987)… tous pris à partie par le terrorisme, qu’il soit d’inspiration nationaliste, islamiste ou révolutionnaire.

Cet œcuménisme improbable éclaire l’un des paradoxes du terrorisme. En effet, si la liberté de la presse est une cible récurrente pour les terroristes, paradoxalement, le terrorisme trouve dans les médias un adjuvant indispensable, au point qu’on a pu, dans certains cas, dénoncer une connivence. Margaret Thatcher, le 15 juillet 1985, s’adressant à des avocats américains, déclarait : « Nous devons enlever aux terroristes l’oxygène publicitaire dont ils dépendent » (And we must try to find ways to starve the terrorist and the hijacker of the oxygen of publicity on which they depend). Cette relation entre terrorisme et médias est ancienne, et la censure de presse fut aussi l’un des moyens dont usèrent les États pour lutter contre la violence politique… Mais l’attentat contre Charlie Hebdo nous ramène à la réalité du terrorisme autant qu’il éclaire l’évolution récente du phénomène.

Certes, la violence politique prônée pour punir un supposé blasphème est un drame déjà vécu par la société occidentale. La fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeiny contre l’écrivain Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques était une condamnation quasiment « officielle » d’un texte (brûlé à Téhéran sous l’objectif des caméras occidentales) et de son auteur, imposant depuis des années à cet écrivain une existence quasi clandestine, sous la protection des démocraties. Pourquoi alors le 7 janvier 2015 constitue-t-il un tournant ?

D’abord parce que cet attentat est, en France, le plus meurtrier depuis les années 1960 et les attentats organisés par l’OAS (le déraillement du train Paris-Strasbourg à la hauteur de Vitry-le-François, le 18 juin 1961 qui fit 28 morts). Au-delà de ce record macabre, la distinction entre cible et victime prend du sens : les victimes sont les hommes et femmes tombés sous les balles des assassins, la cible, c’est l’opinion publique, et la presse, sa vigie. L’enjeu va au-delà de la simple vengeance au nom d’un hypothétique honneur bafoué. Il s’agit, selon une logique terroriste digne du jeu de billard, de provoquer une réaction identitaire, de braquer les communautés et les cultures, d’enflammer autant que de terrifier : assimiler l’islam à cette barbarie serait rentrer dans le jeu des assassins.

Al-Qaida contre Daesh

Cet attentat éclaire par ailleurs les évolutions récentes d’un terrorisme islamiste qui se passe de commandement religieux, et revendique, à la manière des « lone wolves » (loups solitaires) son autonomie de décision selon les préceptes d’Abdallah Azzam, à l’origine du groupe Al-Qaida. Il s’agit d’un terrorisme autochtone, dont les acteurs, passés par la délinquance (un phénomène courant dans les divers groupes terroristes, où les idéologues s’effacent au profit d’une jeunesse en marge), se sont radicalisés sur place, en prison et par le net. Ils nous renvoient à ce péril nouveau, de terroristes vivant en France, partis se former à l’extérieur et revenus préparer des attentats, une situation à l’inverse du terrorisme islamiste tel que la France l’a connu dans les années 1980/1990. La méthode même interroge : on ne peut s’empêcher d’observer le mélange d’efficacité et de bévues (l’oubli d’une carte d’identité dans la voiture ayant servi à l’opération) dont firent preuve les deux responsables de l’attentat du 7 janvier. Est-ce le temps d’un « terrorisme amateur » dont l’économie de moyens et de stratégie ne signifie hélas pas une moindre dangerosité ?

Cet attentat met également en lumière la macabre rivalité qui existe entre deux structures terroristes : Al-Qaida, la « franchise » terroriste et ses divers avatars nationaux, et Daesh – la forme actuellement la plus aboutie de guérilla islamiste. Faut-il considérer que les démocraties sont devenues le champ clos d’un match entre ces deux groupes, voire ces deux formes de terrorisme, par journalistes interposés – le massacre parisien faisant pièce aux décapitations sur internet ? Enfin, la question se pose de nouveau : si le projet de loi adopté le 4 novembre 2014 permet de poursuivre les étudiants en jihadisme partis se former dans les havres du terrorisme islamiste, il attend encore ses décrets d’application, annoncés désormais comme imminents. Il faut se poser – comme naguère l’Amérique – la question des terroristes « natifs » et de la législation : le débat entre liberté et sécurité demeure d’actualité.

Gilles Ferragu, université Paris Ouest – Nanterre – La Défense

(© de la photo : Ph. Pons, J. Dalban/Photononstop ; illustration F. Da Cunha).

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Source :

http://newsletters.histoire.presse.fr/lettre/

 

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MILLE COUPS DE FOUET CONTRE RAIF BADAWI !

MILLE COUPS DE FOUET CONTRE RAIF BADAWI !

FOUETTE EN PUBLIC TOUTES LES SEMAINES

DEPUIS LE 9 JANVIER 2015

 

La torture comme sanction contre le délit de blasphème.

 

En mai 2014, lors du procès du blogueur saoudien Raif Badawi, condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison en Arabie Saoudite pour des propos tenus sur son blog, l'Association Internationale de la Libre Pensée écrivait à propos des fondements juridiques de cette décision  :

 

« L'Arabie saoudite est un élément clé du système occidental d'alliances dans la région. Ses alliés s'embarrassent peu de remettre en cause cette théocratie et ses pratiques médiévales.

 

En réalité le décret utilisé vise toutes les nuances de la liberté d'expression puisqu'il qualifie de "terroristes" certes les athées, mais aussi tous ceux qui remettent en question les fondamentaux de l'Islam tels qu'ils servent de base à la monarchie wahabbite. Cela peut s'appliquer aux chiites, aux soufis, aux alaouites, aux ahmadis, tous musulmans, mais aussi aux chrétiens et aux hindouistes.

 

L'AILP considère qu'il s'agit là d'une mesure avant tout dirigé contre les saoudiennes et saoudiens qui commencent à revendiquer leurs droits fondamentaux de citoyens ou même à contester d'un point de vue religieux la dictature wahabbite. Le décret qui organise le renforcement de cette expression est avant tout un crime contre la liberté de pensée  , et en premier lieu celle des saoudiennes et des saoudiens. »

 

Le communiqué se terminait par un appel aux libres penseurs pour qu'ils interviennent auprès de leurs gouvernements respectifs pour l'annulation de la sanction. Quelques-uns sont intervenus. La sanction s'applique, barbare et sauvage. Elle doit cesser !

 

L'Association Internationale de la Libre Pensée considère que la liberté d'expression ne se divise pas.

 

La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, réfugiée au Canada le demande aux gouvernements : « Intervenez auprès du gouvernement d'Arabie saoudite » !

 

Elle appelle toutes les organisations affiliées à intervenir auprès de leurs gouvernements respectifs et à publier les résultats de ces interventions.

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Source :

Merci à mon ami Jacqueline P. pour m'avoir fait parvenir ce communiqué émanant de L'AILP (Association Internationale des Libres Penseurs) dont vous trouverez ci-après, le lien de leur site : http://www.fnlp.fr/

Posté par evynou35 à 11:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 14 janvier 2015

Charlie : quelques dessins (merci à leurs auteurs du fond du coeur !)

 

 

Source : je n'en ai pas !!!

Pardon à tous les auteurs de ces dessins mais j'avais envie de les partager avec mes amis !

Posté par evynou35 à 17:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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