samedi 6 octobre 2018

En rouge et noir, la génétique des pois de la coccinelle

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Certaines coccinelles arlequin Harmonia axyridis.possèdent des élytres noires avec deux gros points rouges. D’autres possèdent deux petits points rouges additionnels vers l’arrière, ou sont décorées d’une douzaine de petits points rouges. A l’inverse, il existe des coccinelles avec des élytres rouges, ornées d’une vingtaine de points noirs. Toutes ces coccinelles appartiennent à la même espèce. B. Prud’homme, J. YamaguchiAuthor 

Qu’est-ce qui différencie les coccinelles noires à points rouges des coccinelles rouges à points noirs ? Les enfants – comme les adultes – se sont posé un jour cette question. Les scientifiques aussi. Depuis les années 1920, les travaux se multiplient sur la présence, courante chez les insectes, de motifs colorés distincts au sein d’une même espèce. De grandes figures de la biologie évolutive, comme le généticien Theodosius Dobzhansky ou l’écologiste Michael Majerus s’y sont notamment intéressés.

Un des cas les plus célèbres de coloration a été décrit au XIXe siècle chez un papillon, la phalène du bouleau, au corps entier assombri. On l’a qualifié de mélanisme industriel parce que la mutation qui a rendu l’insecte noir a été concomitante à la révolution industrielle en Angleterre. Un papillon couleur suie a de meilleures chances de survie dans un environnement pollué.

Cependant, chez la plupart des espèces d’insectes concernées par le mélanisme, des motifs noirs discontinus et complexes n’apparaisent que sur certaines parties du corps des insectes. Il en est ainsi chez la coccinelle arlequin, Harmonia axyridis, dite aussi coccinelle asiatique. Cet insecte est le champion du transformisme avec plus de 200 formes de coloration décrites dans les populations naturelles à travers le monde. Ces formes correspondent pour l’essentiel à des variations de zones de couleur noire sur un fond rouge au niveau des élytres, ces ailes antérieures durcies qui recouvrent les ailes postérieures.

Le gène de la coloration identifié

Les mécanismes génétiques par lesquels ces motifs mélaniques sont créés, et maintenus dans les populations de coccinelles, restent largement inconnus. On sait depuis les années 1950 que les différentes formes de couleur résultent de variations génétiques situées dans une seule région du génome mais qui n’avait jusqu’à présent pas été caractérisée. Nos équipes de recherche ont mobilisé leurs différentes expertises en génomique des populations et en biologie du développement pour répondre à cette question. Et nos efforts ont abouti : nous avons pu caractériser précisément les variations génétiques et les mécanismes régulateurs responsables des différents motifs de coloration chez la coccinelle arlequin. Nous avons notamment identifié le gène qui, à lui seul, code toutes les instructions nécessaires pour dessiner les différents motifs qui décorent les ailes de ces « bêtes à bon Dieu ». Ces résultats ont été publiés en août 2018 dans la revue Current Biology.

Dans un premier temps, nous avons séquencé le génome complet de la coccinelle arlequin. Puis nous avons comparé les génomes de nombreuses coccinelles arlequin présentant différentes formes de coloration au sein de plusieurs populations naturelles réparties aux quatre coins du monde, ceci afin d’identifier la région du génome associée aux variations de coloration. Nous avons ainsi pu identifier une région bien précise, mais qui couvrait deux gènes voisins. L’inactivation successive de ces deux candidats a permis de trancher : le gène responsable de la formation des motifs noirs sur les élytres se nomme pannier.

Inactivation du gène pannier : les formes de colorations sauvages de la coccinelle arlequin (de a à d) perdent leur coloration noire (e-h) lorsque le gène est inactivé par la technique dite « d’interférence à l’ARN ». auteursAuthor provided

Le gène pannier a été découvert initialement chez la mouche drosophile dans les années 1980. En général les noms de gènes découverts se réfèrent, souvent avec un zeste d’humour, aux malformations corporelles visibles lorsque ce gène est muté. Pour le gène pannier, c’est la forme de l’embryon mutant similaire à un panier (pannier en anglais) qui a inspiré son nom aux généticiens qui l’ont découvert. Étonnamment, chez aucun autre insecte, le gène pannier ne semblait lié à la production de motifs de coloration. Par la suite, en révélant la localisation de la protéine produite par ce gène, nous avons mis en évidence que pannier est activé (ou exprimé) pendant la formation des élytres.

La localisation de la protéine dans différents territoires cellulaires d’un élytre est corrélée avec la distribution spatiale de la pigmentation noire. Le gène est activé (ou exprimé) dans différents territoires cellulaires (photo de droite, zones argentées) qui préfigurent les emplacements des points noirs sur les élytres rouges (photo de gauche). AuteursAuthor provided

Plus précisément le gène pannier s’active dans différentes populations de cellules de l’élytre qui préfigurent exactement là où la pigmentation noire apparaîtra chez l’adulte. Pannier y active alors d’autres gènes qui assurent collectivement la production de pigment noir par ces cellules et donc la formation des fameux points noirs (chez les coccinelles « rouges ») ou du fond noir (chez les coccinelles « noires »). L’expression du gène pannier est lui-même contrôlée par des séquences d’ADN dites régulatrices, situées autour du gène. Ce sont ces séquences, très différentes dans leur composition moléculaire, qui définissent des variants du gène pannierassociés aux différentes formes de coloration. Les fréquences de ces variants fluctuent selon les populations, créant ainsi des compositions de couleur très bigarrées au sein des populations naturelles de la coccinelle arlequin de par le monde.

En résumé, les différents motifs de couleurs chez la coccinelle arlequin trouvent leur origine génétique dans des variations de l’activation spatiale d’un seul gène qui orchestre la mise en place des différents motifs de mélanisation des élytres. D’une manière générale, ces résultats illustrent de quelle manière des variations au niveau d’un seul gène (génotypes) peuvent, dans certains cas, générer une impressionnante diversité de phénotypes.

Au-delà des couleurs

On suspecte depuis longtemps que la coloration d’une coccinelle, et donc les variations au niveau du gène pannier, affectent d’autres caractères impliqués dans la survie et la reproduction de cet insecte. Ainsi, la distribution des différentes formes de coloration au sein des populations pourrait traduire une réponse adaptative à des contraintes locales (par exemple, climatiques).

Dans ce contexte, une remarque intéressante peut être faite, liant la couleur au caractère invasif de cette coccinelle arlequin, qui depuis son aire native en Asie, a colonisé les quatre continents (Amérique du Nord, du Sud, Europe, et Afrique). De manière surprenante, en effet, la diversité des formes de couleur de H. axyridis est restreinte sur les continents envahis. Dans la plupart des régions récemment colonisées (sauf en Europe), seule la forme non-mélanique (élytres rouges ornées d’une vingtaine de points noirs) est présente. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été possible de déterminer si la quasi-fixation d’une seule forme de coloration dans l’aire envahie est due à des contingences historiques ou démographiques (de simples effets aléatoires), ou les deux, ou à un processus de sélection naturelle favorisant la forme non-mélanique au cours de l’invasion. Nos découvertes sur les régions du génome responsables des variations de coloration nous permettront peut-être de trancher entre ces deux hypothèses.

Auteurs : 

  1. , Chercheur en génétique des populations et biologie évolutive, directeur de recherche au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations de Montpellier, INRA
  2. Chercheur en biologie du développement, directeur de recherche, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  3. chercheur post-doctorant, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  4. chercheur en génomique statistique et évolutive des populations, INRA

Source : https://theconversation.com/en-rouge-et-noir-la-genetique-des-pois-de-la-coccinelle

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« J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

 

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vendredi 5 octobre 2018

Le scandale des EHPAD

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http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/04/rtr2pda5.jpg 

Hella, licenciée pour avoir témoigné dans « Envoyé Spécial »

C'est France Inter qui a révélé l'information. Hella Kherief, une aide soignante, a été licenciée pour avoir témoigné, dans un reportage d'Envoyé Spécial, sur les conditions de travail dans les EHPAD. Au même moment, une autre aide soignante ayant témoigné sur France Culture a été convoquée devant la police après la plainte de son ancien employeur. Intimidations et violence au sein de la « silver économie ».

 

On le sait, la situation dans les EHPAD est chaque jour un peu plus dramatique. Que cela soit en terme de soin pour les patients comme pour les conditions de travail, la crise de ces institutions est forte et les colères des personnels vives. Alors que, depuis l’année dernière, les personnels des EPHAD ont décidé parler, les directions de ces établissements jouent la carte de l’omerta, au prix d’une répression féroce, voire de harcèlement auprès des personnels soignants.

Hella, licenciée pour avoir témoigner des conditions

de maltraitance des personnes âgées

Pour avoir osé témoigner, Hella Kherief, une aide soignante, est aujourd’hui victime de cette macabre politique. La jeune femme de 29 ans, qui n’avait pas hésité à révéler l’envers du décor des EHPAD dans diverses émissions de télévision ou à la radio, a remis le couvert pour l’émission Envoyé Spécial. De nouvelles révélations qui ont ulcéré sa direction, irritée de voir une « petite main » oser prendre la parole, au point de licencier la jeune aide soignante.

Du côté d’Envoyé Spécial, il a été affirmé qu’il avait été très difficile de recueillir des témoignages d’aides-soignants dans le cadre de cette enquête. Une information qui en dit long sur la pratique généralisée des directions d’établissement. Face au manque de moyen financier et humain, aux conditions d’accueil et de travail détériorés, c’est donc une politique de la terreur qui est mise en œuvre, cherchant à faire régner la loi du silence. Hella Kherief a eu le courage de relever la tête et est aujourd’hui licenciée.

Après l’avoir licenciée pour témoignage dans France Culture,

une plainte de l’employeur déposée contre Isma

Une affaire qui en rappelle une autre : celle d’Isma, aide-soignante d’un EHPAD marseillais, licenciée après une interview à France Culture diffusée il y a quelques mois. Son employeur, le groupe Korian, propriétaire de l’EPHAD a également décidé de porter plainte contre elle qui a du se rendre, cette semaine, devant la police. Des situations scandaleuses qui témoignent de la politique répressive des propriétaires des EHPAD.

Il est aujourd’hui indispensable d’apporter, à Hella et Isma, comme à l’ensemble des personnels des EHPAD un soutien massif et sans équivoque, contre leurs licenciements scandaleux, tout en généralisant les revendications qui émergent dans les nombreuses luttes dans le secteur de la santé. C’est à dire la fin des contrats précaires, un plan d’embauche massif permettant l’accueil de tous les patients dans des conditions décentes et la baisse du temps de travail pour faire face aux cas de burn-out et de suicide qui se multiplient dans les hôpitaux et les structures de santé.

Auteur : Henri Carmona

Source : http://www.revolutionpermanente.fr/Le-scandale-des-EHPAD-Hella-licenciee-pour-avoir-temoigne-dans-Envoye-Special

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jeudi 4 octobre 2018

La prison est-elle vraiment efficace contre le crime ?

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https://herveryssen.files.wordpress.com/2017/04/prison.jpg?w=620
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Auteur : Yann Lagarde

Source : https://www.franceculture.fr/sociologie/la-prison-est-elle-vraiment-efficace-contre-le-crime

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mercredi 3 octobre 2018

Charbon : la Chine construirait en cachette des dizaines de centrales

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Des centrales à charbon entrent en service alors que le gouvernement chinois avait promis l'arrêt de leur construction. Ces nouvelles capacités dépassent à elles seules la totalité des centrales américaines et mettent en péril le respect de l'accord de Paris.

Le groupe de recherche CoalSwarn dénonce aujourd'hui une manipulation concernant le climat. Selon l'organisation, la Chine prépare un tsunami de charbon, en construisant massivement des centrales en cachette. Alors que le gouvernement avait annoncé leur abandon, de nombreux projets seraient en réalité en construction ou provisoirement gelés en attendant leur redémarrage, affirme CoalSwarn, qui s'appuie sur une série de photos prises par des satellites.

En comparant des vues prises en 2017 et 2018, on constate par exemple que les deux tours de refroidissement de la centrale de Huadian Nanxiong, dont la construction est pourtant censée être arrêtée, ont bien été achevées. Sur d'autres photographies, on peut voir de la vapeur d'eau s'échappant des tours de refroidissement alors qu'il n'y en avait pas auparavant, indiquant que la centrale est en service.

Les photos de la centrale de Shangluo, dans la province de Shaanxi, montrent que les tours de refroidissement ont bien été achevées. Image extraite d'une animation sur le site PlaneteLab. © Ted Nace, PlanetLab

Potentiellement 25 % de plus pour la puissance des centrales à charbon

Au total, la capacité cumulée de cette production cachée s'élèverait à 259 gigawatts (GW), soit « plus que la totalité des centrales à charbonaux États-Unis et une augmentation de près de 25 % par rapport aux capacités actuelles » avertit le rapport publié par CoalSwarn. La raison de cette frénésie remonte à septembre 2014, lorsque le gouvernement central a transféré le pouvoir de délivrer des permis de construire aux autorités locales. Une décision qui a entraîné une multiplication par trois des permis de construire entre 2013 et 2015.

Les gouverneurs locaux ont relancé des projets à l'arrêt pour faire repartir la croissance économique et même régularisé après coup de centrales à charbon illégales. S'apercevant de son erreur, le gouvernement a fait passer dès 2016 une série de restrictions pour refréner les constructions. Ordre qui n'a semble-t-il pas été suivi d'effet, la plupart des chantiers s'étant poursuivis, dénonce CoalSwarn.

L’accord de Paris aux oubliettes

La Chine s'est pourtant engagée dans le cadre de son plan quinquennal à plafonner sa capacité de centrales à charbon à 1110 GW d'ici 2020. Mais si les 259 GW viennent s'additionner aux 993 GW déjà existants, ce seuil sera largement dépassé.

Contrairement aux Etats-Unis, la Chine est aussi signataire de l'accord de Paris, qui prévoit de limiter à 1,5 °C la hausse globale des températures. Le respect de ce seuil imposerait au pays la fermeture de toutes ses centrales à charbon d'ici 2040, d'après un rapport de Climate Analytics, un groupe d'experts sur le climat.

Or, si toutes les centrales prévues sont mises en service, l'objectif ne sera atteint qu'en... 2070. Et la tendance est plutôt inquiétante : au premier trimestre de 2018, les émissions de CO2 chinoises ont augmenté « à un rythme jamais vu depuis sept ans », alerte de son côté Greenpeace.

Mais après tout, comme aucune sanction n'est prévue en cas de non-respect de l'accord de Paris, un beau discours suffit à apaiser les inquiétudes.

Chine : de plus en plus de centrales en service, mais de moins en moins utilisées. © China Electricity Council 2018

CoalSwarn lance donc un appel aux autorités chinoises : « Annuler ces 259 GW de charbon ferait économiser 210 millions de dollars [environ 180 millions d'euros, NDLR], de quoi construire 300 GW de solaire ou 175 GW d'éolien », écrit-elle dans son rapport.

Ces nouvelles constructions sont d'autant plus inutiles que les centrales à charbon chinoises sont déjà largement en surcapacité : leur taux d'utilisation ne dépasse pas 49 % en moyenne, ce qui signifie qu'elles sont plus souvent à l'arrêt qu'en fonctionnement.

C'est finalement peut-être une bonne nouvelle : si les centrales restent inutilisées, le tsunami de charbon n'aura peut-être pas lieu.

  • La Chine avait annoncé l’arrêt des constructions de nouvelles centrales à charbon mais les aurait en fait poursuivies.
  • Ces nouvelles capacités pourraient ajouter 259 GW de capacités à celles déjà existantes.
  • De quoi faire mettre en péril l’accord de Paris, qui prévoit au contraire un déclin du charbon pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C.

Auteure : Céline Deluzarche, Journaliste

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-charbon-chine-construirait-cachette-dizaines-centrales-73041/

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mardi 2 octobre 2018

Les « sans religion » : la nouvelle religion ?

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https://ae01.alicdn.com/kf/HTB1l7CeXMmTBuNjy1Xbq6yMrVXaF/2017-

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Dans les pays où l’on demande aux citoyens d’indiquer leur religion dans les recensements, ou bien dans les sondages questionnant sur l’appartenance religieuse, il a longtemps été courant de proposer une liste de réponses possibles, le dernier item de la liste étant « aucune de ces réponses » (en anglais « none of the above »).

C’est donc en tant que nones que ceux qui ne déclaraient pas d’appartenance religieuse ont d’abord été désignés ; en français, on parle de « sans religion ».

Ce groupe a longtemps été un peu laissé de côté par les sociologues des religions. D’abord parce que le nombre de nones n’était, jusque vers les années 1970 environ, pas très élevé, mais aussi parce que ces sociologues s’intéressaient avant tout aux croyances, et que les nones semblait être un ensemble de personnes sans convictions. Jusqu’à récemment, on concevait en effet ce groupe un peu en creux : c’était le groupe de ceux qui étaient « sans » religion, qui « n’avaient pas » de croyances, qui « n’étaient pas » membres d’une Église. Bref, on le pensait en négatif, par rapport à une appartenance religieuse : le terme « non-religion » fait alors référence à tout ce qui n’est pas « religieux ».

Deux éléments ont conduit désormais les chercheurs à s’intéresser davantage à ces « non-religieux » : l’augmentation du nombre de personnes se déclarant sans religion (plus de 23 % de personnes, en moyenne, déclaraient ne pas appartenir à une religion, dans l’enquête européenne de 2008), mais aussi la prise en compte croissante de la diversité de ce groupe.

Map des « sans religion » par aires géographiques selon des données de 2006 selon pourcentage de la population, basée sur le Dentsu Communication Institute et Zuckerman. Emilfaro/Wikimedia

La religion, un ensemble d’éléments

En effet, lorsqu’on s’intéresse à la religion des personnes, on voit qu’il faut prendre en compte un ensemble d’éléments. Selon le lieu et le temps, les sociologues ont pu inclure dans cette définition les convictions, les visions du monde, les pratiques religieuses individuelles et collectives, l’engagement dans des activités liées à la religion, ou encore ce que les personnes disent d’elle-même. Soit, en termes plus techniques : les croyances, les dogmes, les pratiques et rituels, la militance, l’autodéclaration).

S’il est vrai que ces différents éléments sont souvent liés, on constate de plus en plus souvent des variations importantes : on peut être très pratiquant sans avoir des convictions très fortes, on peut être très engagé sans être pratiquant, etc. Ainsi, on va rencontrer de plus en plus fréquemment telle personne se disant chrétienne mais n’étant pas baptisée, très engagée dans sa paroisse mais n’étant pas sûre de l’existence de Dieu ; ou encore telle autre convaincue que Dieu existe et priant régulièrement, mais n’appartenant à aucun groupe religieux.

En France, par exemple, selon un sondage Ipsos de 2010, 2 % de non-croyants affirment lire la Bible au moins une fois par semaine. On a pu également lire récemment le manifeste de Hendrikse Klaas, un « pasteur athée », Croire en un Dieu qui n’existe pas.

Dans la religion, toutes les modalités de combinaison de ces différentes dimensions existent, et on retrouve dans la non-religion les mêmes variations. Cela fait donc en définitive de la non-religion un groupe peu homogène et mal connu. Voilà pourquoi la non-religion a été le sujet principal du colloque annuel de notre réseau de recherche sur les religions en Europe et au-delà, Eurel.

Un large éventail de visions du monde

Comme la religion, la non-religion inclut un large éventail de visions du monde, incluant des nouveaux athées qui « militent » contre la religion, aussi bien que des personnes affirmant qu’on ne peut rien savoir de l’existence ou de la non-existence de Dieu (agnostiques) mais qui peuvent être des pratiquants, ou encore des personnes totalement indifférentes à la religion et à la religiosité.


Richard Dawkins, athée militant, conférence TED, 2015.
Voir Vidéo ci-après : https://youtu.be/iJ2Tu6AuBg0?t=319

Pourtant, le plus souvent, la non-religion tend à se former en relation, en opposition et dans différents dialogues avec les formes dominantes de religion. De ce fait, celles-ci prendront aussi des formes différentes. De même, la place que la société accorde à la religion va influer sur la façon dont s’exprime la non-religion.

Dans certains pays comme la France ou l’Espagne par exemple, la non-religion peut être une forme de combat contre la domination d’un groupe religieux très fortement présent, elle est donc assez militante ; alors que dans d’autres sociétés, plus indifférentes sur le plan religieux (comme au Royaume-Uni actuellement), c’est presque la position « par défaut ».

Une majorité silencieuse

Dans de nombreuses sociétés européennes, le groupe des non-religieux est en train de devenir une majorité. Cette majorité est souvent silencieuse puisqu’il ne s’agit que rarement de groupes constitués, et qu’il n’y a que très peu de revendications collectives.

Ainsi, en 2016, Linda Woodhead a affirmé qu’au Royaume-Uni, « “no religion” is the new religion » (« la nouvelle religion, c’est la non-religion »).

Cette affirmation devient vraie en France également, pays qui se place au 4e rang par l’importance de l’athéisme avec 29 % de personnes se déclarant « athées convaincues », et où l’on enregistre entre 2005 et 2010 une baisse de 21 % du nombre de personnes se disant religieuses, selon un sondage RedGallup de 2012.

Certains célèbrent la diversité de leur non-croyance lors d’événements fédérateurs comme la Sunday Assembly Church, une « église » sans religion, fondée par deux comédiens britanniques.
Voir Vidéo ci-après : https://youtu.be/UH8RgGyDpzg?t=5

Certains chercheurs pensent également qu’il pourrait y avoir une part importante de « non-religieux » parmi les personnes qui déclarent appartenir à une religion majoritaire historiquement bien implantée, comme l’Église luthérienne dans les pays scandinaves, ou l’Église catholique en France, en Espagne ou en Italie. Le politologue Yann Raison du Cleuziou parle ainsi des « catholiques passagers » en France dans Qui sont les cathos aujourd’hui ? (2014) et le sociologue Jörg Stolz des « distanciés » en Suisse, Religion et spiritualité à l’ère de l’ego (2015).

Il faudrait cependant étudier de près cette question, pour déterminer à quel point l’appartenance peut aller au-delà de l’adhésion formelle au groupe religieux.

Impacts culturels, sociaux et… économiques

Notre colloque d’Oslo a également cherché à analyser comment les différents contextes nationaux peuvent influer sur ce rapport au croire, et notamment en quoi et comment le cadre social, historique et culturel de la religion dominante dans un espace géographique donné va contribuer au « formatage », à la définition de la non-religion (voir ainsi les interventions d’Ethan Quillen ou Chris Cotter).

On cherche également comment la non-religion joue sur la perception sociale de la minorité et de la majorité religieuses (comme l’expliquent Cristiana Cianitto et Rossella Bottoni ou encore Atko Remmel.

Par ailleurs, quel sera l’impact social et culturel lié à la présence croissante de ces groupes, comme l’analyse Stéphane Papi pour le Maroc par exemple ? Comment cela se manifestera-t-il selon les pays ?

Être athée au Maroc, un documentaire diffusé sur Arte (2016).

Voir Vidéo ci-après : https://youtu.be/_yvQRdlSwBA

Certains, comme Jorge Botelho Moniz, vont s’interroger sur le rapport entre non-religion et religion : y a-t-il dialogue ou conflit entre les deux, et si oui qui s’exprime, et au nom de qui ? Plus largement, comment la non-religion est-elle représentée sur les plans politique, culturel et social (voir Anne Lancien notamment), quelle place peut-elle tenir et, comme le souligne Nóra Lengyel, quelle influence peut-elle avoir ?

Enfin, l’existence de la non-religion a également des implications juridiques. Il existe en Europe de nombreux pays dans lesquels l’appartenance religieuse a une importance légale ou administrative. Par exemple, cette appartenance a une incidence sur les impôts en Allemagne ; dans plusieurs pays, les groupes religieux qui bénéficient d’une reconnaissance juridique bénéficient de certaines facilités financières ou juridiques.

Comment la non-religion s’inscrit-elle dans ces configurations, par exemple dans le cas du Brésil étudié par André Luiz Pereira Spinieli ou de l’Italie décryptée par Francesco Alicino ?

Pour une place légale de l’athéisme – Jean‑Yves Méreau, éditions L’Harmattan.

Voir Vidéo ci-après : https://youtu.be/gB931uPOIlw

Cerner les convictions (non)-religieuses

La diversité du groupe, son manque apparent de visibilité, le rendent d’autant plus difficile à cerner pour les chercheurs. Il faut alors se demander comment il est étudié et pris en compte, par exemple comment la population non-religieuse est analysée dans les recensements, comment elle est exposée dans les statistiques sur l’appartenance religieuse, et s’il y a éventuellement des zones d’ombre, des lieux non explorés. C’est notamment ce qu’explorent Teemu TairaTatiana Podolinska et Juraj Majo ou Sivert Urstad.

En retour, l’étude de la non-religion questionne la façon dont sont saisies et définies les modalités de l’appartenance religieuse (voir les travaux de Sofia Nikitaki ou de Timothy Stacey).

Pas plus que le « croire », en définitive, le « ne pas croire » n’est facile à mesurer par des enquêtes.


Le colloque Formatage de la non-religion dans la société post-moderne, perspectives institutionnelles et juridiques, coorganisé par Eurel et le projet « Good Protestant, Bad Religion ? Formatting Religion in Modern Society » (GOBA) de l’Université d’Oslo, s’est tenu à Oslo les 26 et 27 septembre 2018.

Auteure : Anthropologue des religions, CNRS, Université de Strasbourg

Déclaration d’intérêts

Anne-Laure Zwilling ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Source : https://theconversation.com/les-sans-religion-la-nouvelle-religion

1) Evy - signature animée Titi

 

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lundi 1 octobre 2018

Charles Aznavour - La Boheme

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Charles Aznavour à Paris en février dernier. /

© Christophe Ena / POOL / AFP 

 La bohême - ma chanson préférée de Charles Aznavour

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Bon vent, Monsieur Aznavoir...

Encore Un Grand

qui nous quitte. 

Merci mille fois pour toutes vos belles chansons. 

Vous allez manquer à la chanson française. 

Je vous salue bien bas.

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dimanche 30 septembre 2018

Téléphone fixe: c'est bientôt fini

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Téléphone fixe: c'est bientôt fini
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À partir du 15 novembre 2018, Orange ne proposera plus d’abonnement classique au téléphone fixe. D'ici 2023, tous les clients devront avoir une box pour continuer à utiliser leur combiné.

Adieu le téléphone fixe! L’abandon programmé du réseau historique RTC (réseau téléphonique commuté), signe la fin d’une époque. Le téléphone fixe relié à une prise murale "T" branchée sur la prise téléphonique sera relié à une box d'ici à 2023.

• Pourquoi cette décision? 

En cause: l’obsolescence du matériel et la difficulté de maintenance de ce réseau.  

• Qui est concerné? 

Les 9,4 millions de Français qui possèdent une ligne fixe sans accès internet.

• Le calendrier 

Première étape: à partir du 15 novembre 2018, il ne sera plus possible de demander l’installation d’une ligne de téléphone fixe classique. Les nouveaux clients d’Orange, ou ceux qui déménagent, devront opter pour une offre de téléphonie fixe via une box. L'opérateur vend d'ores et déjà des box "voix uniquement".

Si vous utilisez une ligne fixe sans accès internet, vous avez donc encore un peu de temps. La fin du RTC est prévue pour fin 2023

• Faudra-t-il s’abonner à internet pour téléphoner?

Non, cette décision ne signifie pas l’arrêt du service téléphonique fixe: celui-ci continuera d’être fourni sur une nouvelle génération de réseaux, grâce à une technique appelée "voix sur IP" permettant de communiquer par la voix sur les réseaux compatibles avec internet. Il ne sera pas obligatoire, pour autant, de s’abonner à internet. Mais il faudra nécessairement avoir une box pour appeler depuis une ligne fixe. Orange promet "des équipements simplifiés pour les personnes âgées".

Bon à savoir! Les utilisateurs d’une box internet qui ont également une ligne fixe traditionnelle peuvent, dès à présent, souscrire une offre comprenant le service téléphonique sur IP.

• Faudra-t-il changer d’équipement?

Aujourd’hui, tous les téléphones fixes commercialisés sont compatibles avec la technologie IP. Toutefois, Orange s’engage à accompagner ses clients et vérifier avec eux la compatibilité de leur équipement (surtout s’il est très ancien) et proposera le cas échéant des solutions alternatives personnalisées.

• Une coupure risque-t-elle d’avoir lieu?

Non, il n’y aura aucune interruption de service. L’évolution de la téléphonie fixe vers le tout IP se fera de manière progressive. Dans chaque région, les clients seront informés en amont. Depuis février 2018, quatorze communes du Finistère testent ce nouveau dispositif. 

Bon à savoir! Lors du changement de technologie, les clients de ligne fixe pourront soit continuer avec Orange, soit choisir l’opérateur de leur choix. Pour en savoir plus: telecom-infoconso.fr  

1) Evy - signature animée Titi

 

ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

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samedi 29 septembre 2018

Les fleurs amènent la pluie !!!

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castelluccio-italie-champs-6

http://soocurious.com/fr/wp-content/uploads/2016/07/castelluccio-italie-champs-6.jpg

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Dans l'atmosphère, le pollen libéré par les fleurs s'éparpille sous l'effet de l'humidité en de minuscules particules qui peuvent favoriser la formation des nuages.

Conséquence : les fleurs font la pluie et le beau temps.

Mais la chercheuse se demandait ce qui arrivait aux particules de pollendans l'air, celles-là mêmes qui causent des allergies. Or la littérature scientifique sur ce sujet signale bien que le pollen peut se séparer en de minuscules morceaux et ainsi favoriser la réponse allergique.

Ces petits grains pourraient-ils aussi avoir une influence sur le climat tout comme les aérosols, de fines particules suspendues dans l'air qui jouent un rôle dans la formation des nuages ?

Pour le savoir, les chercheurs de l'université du Michigan ont réalisé des expériences sur du pollen de chêne, de pacanier, de cèdre, de bouleau, de pin et d'ambroisie.

Ces plantes représentent des sources importantes de pollen aux États-Unis.

Ceux-ci ont été imbibés d'eau puis dispersés sous forme de spray avec un atomiseur dans une chambre de « fabrication des nuages », du laboratoire de Sarah Brooks, professeur de sciences atmosphérique.

En résumé, quand les arbres émettent du pollen, ils pourraient favoriser la formation des nuages et la pluie qui nourrit en retour les arbres.

Le pollen transporté par le vent pourrait donc influencer le climat, suggérant ainsi un nouveau lien entre les plantes et l'atmosphère.

Donc, le pollen ne sert pas qu'à la reproduction des plantes, mais aussi à celle des nuages !

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Auteure : Marie-Céline Ray, Journaliste

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/fleurs-science-decalee-fleurs-amenent-pluie-58169/

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vendredi 28 septembre 2018

Galilée : on a découvert la lettre originelle raturée pour rassurer l'Inquisition

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http://www.ramdam.com/IMG/evenementon13597.jpg

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La version non édulcorée de la missive de Galilée, envoyée à l'Église et exposant sa théorie de la Terre tournant autour du Soleil, vient d'être retrouvée. La preuve que le scientifique a cherché à amadouer l'Inquisition.

Comme il existe de nombreuses copies de toutes ces lettres, on n'avait jusqu'ici jamais eu le fin mot de l'histoire. Mais aujourd'hui, la lettre originale vient d'être redécouverte à la Royal Society à Londres, révèle le journal Nature. En possession de l'académie scientifique depuis 250 ans, elle avait été mal classée dans les archives. C'est à l'occasion d'un tout autre sujet qu'un post-doctorant italien a mis la main dessus, cet été, en parcourant le catalogue en ligne. Dans cette lettre, envoyée le 21 décembre 1613 par Galilée à son ami Benedetto Castelli, un mathématicien de l'université de Pise, il défend la théorie de Copernic, présentée 70 ans plus tôt, selon laquelle la Terre n'est pas immobile au centre de l'Univers mais tourne autour du Soleil. Il explique que les références de la Bible à des faits astronomiques ne doivent pas être « prises à la lettre » et que les ecclésiastiques n'ont « pas la compétence pour juger ces choses ».

La lettre originale, envoyée en 1613 par Galilée, comporte les ratures et modifications apportées deux ans plus tard par l’astronome en vue d’apaiser l’Inquisition. © The Royal Society

Galilée a adouci le ton de sa lettre

Plusieurs éléments attestent de l'authenticité de la lettre de sept pages. L'écriture est similaire à celle de la deuxième lettre conservée au Vatican. Signée « G.G », pour Galileo Galilei, elle porte des corrections de la main du scientifique italien suggérant des modifications plus acceptables pour l'Église. Par exemple, dans sa première version, il se réfère à un passage de la Bible comme étant « faux au sens littéral des mots ». Dans la deuxième version, le mot « faux » est remplacé par « semble différent de la vérité ». Plusieurs autres passages ont aussi été effacés et raturés. Ces retouches ont été faites après coup par Galilée, après que Benedetto Castelli lui a renvoyé la lettre. Galilée envoie alors à Rome la deuxième lettre avec ces altérations, prétendant que la première version qui circule est un faux.

Malgré cette tentative de rattrapage, l'Inquisition ne lâche pas Galilée et l'avertit en 1616 qu'il va devoir abandonner son appui au modèle de Copernic 70 ans plus tôt. L'astronome italien persévère pourtant et publie en 1632 « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde », un argumentaire sur les différentes preuves en faveur ou non des deux modèles. En réplique, l'Inquisition le convoque à Rome pour subir un procès. En 1633, il est condamné pour hérésie et son livre est interdit. Contraint de s'abjurer, Galilée est condamné à une peine de prison commuée par le Pape en assignation à résidence, qui durera jusqu'à son décès, neuf ans plus tard.

« Le problème de Galilée, c'est qu'il exposait sa théorie sans preuve réelle », explique Yaël Nazé, astrophysicienne à l'université de Liège. « Même s'il avait raison, il était impossible au XVIe siècle de prouver que la Terre tournait bien autour du Soleil. Le système héliocentrique était en fait plus logique. Il rendait l'ensemble des calculs astronomiques plus simples. » Et comme il était incapable de prouver sa théorie, il n'hésitait pas à tordre les faits ou à en inventer pour convaincre ses interlocuteurs, indique la scientifique.

Auteure : Céline Deluzarche, journaliste

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-galilee-on-decouvert-lettre-originelle-raturee-rassurer-inquisition-72997/

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jeudi 27 septembre 2018

Aux origines de la phallocratie

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Donald Trump lors du concours Miss Univers en 2015. 
Rodrigo Varela / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Cet article est publié dans le cadre de la Nuit Sciences et Lettres: « Les Origines », qui se tiendra le 8 juin 2018 à l'ENS, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez le programme complet sur le site de l'événement.


Quelles sont les origines de la phallocratie, cette domination exercée par les hommes sur les femmes ? Depuis les chefs de l’Antiquité jusqu’à Donald Trump, les leaders masculins se sont servis de figures féminines réelles ou imaginaires – déesses, égéries, mannequins ou groupies –, pour se faire valoir et imposer leur domination.

Les singes dominants

La phallocratie remonte au règne animal, si l’on en croit 

Frans de Waal.

Observant les chimpanzés, ce zoologue identifie le « mâle dominant » : un singe physiquement plus fort que les autres qui s’impose à ses congénères comme un véritable chef politique. Il parvient à s’approprier des réserves de nourriture et à se constituer un harem de femelles dont il rétribue les faveurs en échange de friandises. Le mâle dominant met en place un système de domination basé sur une hiérarchie : il s’érige en souverain de son groupe de chimpanzés. Selon Frans de Waal, cette dominance chez les animaux préfigure les mécanismes de la domination phallocratique, les hommes étant les héritiers directs des singes. Le chimpanzé « dominant » a pour équivalent humain le leader politique, de l’Antiquité à nos jours.

Jean Lecomte du Noüy (1842-1923), « Ramsès dans son harem » (entre 1885 et 1886). 
Patrice Schmidt/Musée d’Orsay

La possession de femmes, symbole de puissance

Les pharaons, comme Amenhotep III (vers 1390-1352 av. J.-C.) ou Ramsès II (vers 1279-1213 av. J.-C.), possédaient – dans tous les sens du terme – des centaines de femmes, installées dans des palais qui leur étaient spécialement destinés.

Le roi perse Darius III aurait eu 360 concubines ; elles formaient un véritable cortège accompagnant le souverain lors de ses déplacements, comme le raconte l’historien antique Quinte-Curce.

Pourquoi posséder autant de femmes ? On conçoit que ces souverains aient souhaité être polygames afin de varier leurs plaisirs érotiques. Mais ils ne profitent pas plus de l’ensemble de leurs femmes qu’un milliardaire peut véritablement jouir de tous ses milliards. À quoi peuvent donc bien servir ces épouses que le chef thésaurise ?

Outre pour son divertissement, il a aussi besoin d’elles pour valoriser sa propre personne. C’est parce qu’il possède plus de femelles que les autres que le singe accède au statut de mâle dominant. La femme est reléguée au statut d’objet ; comme la nourriture ou l’or, elle devient un bien précieux, un faire-valoir. Bien que méprisée dans les sociétés patriarcales, elle n’en constitue pas moins un ingrédient essentiel dans la stratégie de domination des leaders. Darius impressionne ses sujets et conforte sa position de souverain lorsqu’il apparaît en public, suivi de son cortège de concubines. Les pharaons, collectionneurs de femmes, se servaient aussi d’elles comme monnaie d’échanges diplomatiques avec les autres rois du moment.

« Le roi Numa Pompilius écrit le les lois que lui dicte Égérie ».
Peinture d’Ulpiano Checa, 1885.
WikipediaCC BY-SA

Le mythe du chef aimé par une déesse

Il y a 5 000 ans, les souverains sumériens de la cité d’Uruk, au sud de l’actuel Irak, prétendaient qu’ils étaient les amants de la grande déesse Ishtar. Ils avaient en réalité recours à cette divinité pour légitimer leur pouvoir. Ishtar était censée faire don de sa fécondité au chef qu’elle aimait, et parce qu’elle l’aimait. La commémoration annuelle de cette relation servait aussi de cérémonie de réinvestiture symbolique du roi auquel la déesse, amante satisfaite, accordait, en guise de récompense, une nouvelle année de bonheur pour le royaume.

On retrouve ce schéma dans la Rome royale. Numa Pompilius, deuxième roi de la Cité (vers 716-673 av. J.-C., selon la tradition latine) est lui aussi présenté comme l’amant d’une divinité, nommée Égérie. Il tire profit de cette union, car Égérie lui enseigne la connaissance des choses divines et lui dicte la législation qu’il va imposer aux Romains. Comme l’explique l’écrivain antique Plutarque, auteur d’une biographie de Numa, ce mythe, inventé par le pouvoir, avait pour but de faire accepter les lois promulguées par le chef. Le discours politique exploite une prétendue relation amoureuse entre le souverain et la déesse, perçue comme une source de légitimité pour le leader.

Pisistrate et Phyé vêtue en Athéna. 
Turtledove.wikia.com

L’exploitation de l’image féminine par le leader

Le lien amoureux avec la déesse est parfois remplacé par une simple alliance entre la divinité et le chef ; la déesse continuant à jouer son rôle légitimant, mais sans qu’il soit question de relations sexuelles. Lors de son coup d’État, vers 554 av. J.-C., le tyran athénien Pisistrate se fait accompagner par Phyé, une marchande de fleurs, jeune fille remarquable par « sa beauté et ses formes admirables », écrit l’auteur grec Athénée de Naucratis.

Phyé, sorte de mannequin ou de « Miss » de l’époque, est vêtue en guerrière, à l’image de la déesse Athéna. Installée sur un char, aux côtés de Pisistrate, elle est censée le conduire jusqu’à son trône. La mise en scène rencontre un grand succès : Pisistrate est acclamé par la foule. À sa manière, Phyé est l’égérie de Pisistrate, une belle femme servant à promouvoir la carrière du leader masculin.

On retrouve encore à Rome, au Ier siècle av. J.-C., cette figure féminine tutélaire valorisante dans la propagande de Jules César. L’imperator romain affirme qu’il est le descendant de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté. La divinité est son alliée, sa protectrice personnelle ; elle lui inspire sa tactique militaire et lui offre la victoire. Ainsi, c’est à nouveau une figure féminine qui assure le succès du mâle dominant.

Égéries des présidents d’aujourd’hui

Les stratégies des leaders politiques contemporains n’ont pas beaucoup changé depuis l’Antiquité. Le président russe Vladimir Poutine est soutenu par une association, appelée « Armée de Poutine » (Armia Putina), composée de jeunes femmes qui organisent des manifestations à sa gloire. Elles vont jusqu’à déchirer publiquement leur T-shirts en signe de dévotion pour leur champion.

Bien avant de se faire élire président des États-Unis, Donald Trump, alors leader de la finance et du show business, s’est abondamment fait photographier en compagnie de jeunes beautés.

Portrait officiel de Melania Trump. 
By Regine Mahaux Weaver, Hilary (3 April 2017)

Mais, depuis son élection, c’est surtout sa troisième épouse, Melania, ancienne mannequin, qui assume le rôle traditionnellement dévolu à l’égérie du chef. Ses débuts comme First Lady furent pourtant relativement discrets : elle attendit le mois de juin 2017 avant de venir s’installer à la Maison-Blanche.

Désormais, le Président semble avoir bien compris le rôle d’atout de charme qu’elle est susceptible de jouer à ses côtés. Melania Trump revêt les plus belles robes, pose pour les photographes et sa popularité connaît une forte hausse en septembre 2017.

Stratège en communication et mâle dominant, Donald Trump a trouvé en Melania un instrument pour sa propre promotion. Mais cela suppose un minimum de consentement de la part de l’intéressée, car si la femme se rebiffe, elle peut faire vaciller la statue du mâle dominant. On se souvient des dégâts commis par Valérie Trierweiler à l’encontre de François Hollande, en 2014, lors de la publication de son livre : Merci pour ce moment. Melania Trump acceptera-t-elle de jouer jusqu’au bout le rôle de faire-valoir du Président ?

Auteur : 

Déclaration d’intérêts :

Christian-Georges Schwentzel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Partenaires :

Université de Lorraine apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR.


Christian-Georges Schwentzel a publié « La Fabrique des chefs : d’Akhenaton à Donald Trump », éditions Vendémiaire

Source : https://theconversation.com/aux-origines-de-la-phallocratie-

1) Evy - signature animée Titi

 

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