samedi 27 octobre 2018

Bœuf, Balles, Bible et Brésil... élections

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Après le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, tout laisse supposer que Jair Bolsonaro, représentant de l’extrême droite, pourrait prendre la tête de la huitième puissance économique mondiale. Le candidat, porté par près de 50 millions d’électeurs (46 % des voix), est un adepte des déclarations à la Trump qui se dit fier de ses préjugés. Cet ancien militaire est un adorateur de la dictature (qui a dirigé le pays de 1964 à 1985), dont il dit que la seule erreur a été de torturer au lieu de tuer, sans oublier toutefois de préciser que la torture est une pratique légitime. Il s’oppose fermement au mariage entre personnes du même sexe, multiplie les attaques racistes, homophobes et misogynes. Il soutient la peine de mort, combat l’immigration et lutte contre l’avortement.

Ainsi, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de sa probable arrivée au pouvoir. Mais derrière l’arbre gesticulant se cache une bien plus sombre forêt.

L’alliance des militaires, des évangélistes et des grands propriétaires terriens

L’ascension de Jair Bolsonaro jusqu’aux portes du Planalto, siège de la présidence, n’est en fait que la mise en lumière d’un mouvement de fond qui ne subit pas les vicissitudes de l’élection présidentielle. Le candidat Bolsonaro, qui a déjà changé huit fois de parti au cours de sa carrière politique, est en revanche un fidèle représentant du réseau conservateur BBB, pour « bœuf, balles et Bible ». Il est dénommé ainsi car il regroupe les parlementaires soutenant les intérêts de l’agrobusiness, des militaires ou partisans de la légalisation du port d’armes, et du mouvement religieux des puissantes églises évangélistes.

Des intérêts qui se chiffrent en milliards. Le Brésil pointe aujourd’hui au cinquième rang des plus grands producteurs agricoles au niveau mondial. L’agriculture, locomotive actuelle d’une économie nationale à la peine, constitue le premier poste d’exportation du pays et pèse pour environ 5 % dans le PIB national.

Voilà qui confère aux propriétaires terriens un énorme pouvoir. Un pouvoir détenu entre les mains de quelques-uns seulement (la moitié de l’espace rural brésilien est occupé par seulement 2 % des propriétés !) au mépris de l’intérêt général. Ces cinquante dernières années, les besoins de terres pour l’élevage intensif de bovin notamment, a conduit à la destruction de près de 780 000 km2 de forêt amazonienne, soit près d’une fois et demi la France métropolitaine.

Les agriculteurs brésiliens ont par ailleurs triste réputation en matière d’utilisation de pesticides. Selon une étude de l’Institut National du Cancer, chaque brésilien consommerait 7,3 litres de produits toxiques tous les ans....

Auteur :  Frédéric Prévot, Professor of Strategy and International Business, Kedge Business School

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Si vous souhaitez lire la suite de cet article, cliquez sur le lien ci-dessous :

Source : https://theconversation.com/boeuf-balles-et-bible-

ces-puissants-reseaux-qui-portent-le-candidat-bolsonaro-au-bresil

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vendredi 26 octobre 2018

Comment envoyer un gros dossier de photos par mail ?


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Quelle que soit votre messagerie (La Poste, Yahoo, Gmail…), l’envoi d’une pièce jointe trop volumineuse pose souvent un problème.

Généralement les fichiers dépassant 25 Mo, ceux contenant une quinzaine d’images au format HD par exemple, sont bloqués.

Les plateformes gratuites comme WeTransfer ou Smash permettent de contourner ce problème.

Il suffit de se rendre sur ces sites, de rentrer votre mail et celui des destinataires, puis d’ajouter la pièce jointe que vous aurez préalablement compressée.

Pour cela, clic droit (Mac et PC) sur le dossier photo en question puis « Compresser ».

Un lien de téléchargement sera alors envoyé à vos contacts et vous serez avertie par e-mail lorsqu’ils cliqueront dessus.

Tout le monde pourra alors profiter pleinement de vos plus beaux clichés de l’été.

 

Auteur : Fouad Bencheman

Source : https://www.serengo.net/internet-malin/envoyer-gros-dossier-photos-par-mail/

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mercredi 24 octobre 2018

Quels sont les cinq types d'énergies renouvelables ?

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L’énergie solaire photovoltaïque ou thermique

On appelle énergie solaire, l'énergie que l'on peut tirer du rayonnement du Soleil.

Il faut distinguer l'énergie solaire photovoltaïque de l'énergie solaire thermique. L'énergie solaire photovoltaïque correspond à l'électricité produite par des cellules dites photovoltaïques. Ces cellules reçoivent la lumière du Soleil et sont capables d'en transformer une partie en électricité. La modularité compte pour l'un de leurs avantages. En effet, des panneaux photovoltaïques peuvent être utilisés aussi bien à des fins domestiques qu'à la production d'énergie à grande échelle.

Dans un système à énergie solaire thermique ou thermodynamique, le rayonnement solaire est employé pour chauffer un fluide. De l'eau, par exemple, comme dans certains chauffe-eau domestiques. Lorsqu'un système de concentration — un jeu de miroirs — y est ajouté, le Soleil peut chauffer le fluide jusqu'à quelque 1.000 °C et la technologie devient exploitable, par exemple, pour la génération d'électricité.

L'inconvénient de l'énergie solaire est qu'il s'agit d'une énergie intermittente. Elle ne peut — aujourd'hui en tout cas — être exploitée que lorsque le Soleil brille.

Les éoliennes peuvent être installées au large. © A-Different-Perspective, Pixabay, CC0 Creative Commons

L’air à l’origine de l’énergie éolienne 

Les ancêtres des éoliennes sont les moulins à vent. Les éoliennes produisent de l'énergie — de l'électricité par exemple, lorsqu'elles sont couplées à un générateur — à partir du déplacement des masses d’air. Elles exploitent l'énergie cinétique du vent.

Les éoliennes peuvent être installées sur la terre ferme. On parle alors d'éoliennes onshores. Ce sont techniquement les plus simples à imaginer. Même si les espaces qui peuvent leur être réservés pourraient rapidement venir à manquer. Et les plus efficaces pourraient être des éoliennes installées en mer que l'on qualifie d'éoliennes offshore.

Tout comme l'énergie solaire, l'énergie éolienne est une énergie intermittente. Les éoliennes ne produisent que lorsque le vent souffle. En revanche, contrairement aux panneaux solaires, il peut être difficile d'installer une éolienne dans son jardin. La technologie est plutôt réservée aux grandes installations.

Les barrages permettent de produire de l’électricité à partir de la force de l’eau. © HOerwin56, Pixabay, CC0 Creative Commons

L’énergie hydraulique grâce aux courants marins

Le terme d'énergie hydraulique désigne l'énergie qui peut être obtenue par exploitation de l'eau. Une catégorie d'énergies moins soumise aux conditions météorologiques, mais qui reste réservée à une production d'envergure. Dans les énergies hydrauliques, on trouve :

  • Les barrages qui libèrent de grandes quantités d'eau sur des turbines afin de produire de l'électricité.
  • L'énergie marémotrice qui joue sur l'énergie potentielle des marées, une énergie liée aux différences de niveaux d'eau et aux courants que celles-ci induisent.
  • L'énergie hydrolienne qui exploite les courants marins.
  • L'énergie houlomotrice qui compte sur l'énergie cinétique des vagues et de la houle.
  • L'énergie thermique qui peut être tirée — de manière prudente pour éviter notamment toute perturbation des flux naturels des mers — de la différence de température entre les eaux profondes et les eaux de surface.
  • L'énergie osmotique qui produit de l'électrique grâce à la différence de pression que génère la différence de salinité entre l'eau de mer et l'eau douce.
Depuis la nuit des temps, l’Homme exploite l’énergie du bois pour se chauffer. © Stones, Pixabay, CC0 Creative Commons

L’énergie biomasse issue des matières organiques

La biomasse peut devenir une source de chaleur, d'électricité ou de carburant. Plusieurs techniques peuvent être mises en œuvre pour en tirer son énergie : la combustion, la gazéification, la pyrolyse ou encore la méthanisation par exemple.

L'énergie biomasse peut être produite de manière locale. Mais il faut veiller, dans certains cas, à ce qu'elle n'entre pas en concurrence avec la chaîne alimentaire.

L'énergie biomasse comprend :

  • La source ancestrale qu'est le bois. Il peut produire de la chaleur, de l'électricité ou des biocarburants (hydrolyse de la cellulose en glucose puis fermentation en éthanol).
  • Les biocarburants, liquides ou gazeux, issus de la transformation de végétaux comme le colza ou la betterave (1ère génération), issus de matières cellulosiques (2e génération) ou issus de microorganismes comme des microalgues (3e génération).

Il est à noter que la biomasse ne peut être considérée comme une source d'énergie renouvelable que si sa régénération est supérieure à sa consommation.

Les installations géothermiques exploitent la chaleur de la Terre. © nocidar, Fotolia

Puiser l’énergie du sol, la géothermie

La géothermie est une énergie renouvelable provenant de l'extraction de l'énergie contenue dans le sol. Cette chaleur résulte essentiellement de la désintégration radioactive des atomes fissiles contenus dans les roches. Elle peut être utilisée pour le chauffage, mais aussi pour la production d'électricité. Il s'agit de l'une des seules énergies ne dépendant pas des conditions atmosphériques.

En revanche, elle dépend de la profondeur à laquelle elle est puisée. La géothermie profonde — quelque 2.500 mètres pour 150 à 250 °C — permet de produire de l'électricité. La géothermie moyenne — dans les gisements d'eau notamment de 30 à 150 °C — alimente les réseaux de chaleur urbains. La géothermie à très basse énergie — entre 10 et 100 mètres de profondeur et inférieure à 30 °C — est celle exploitée par les pompes à chaleur.

Notons toutefois que pour que l'énergie géothermique demeure durable, le rythme auquel est puisée cette chaleur ne doit pas dépasser la vitesse à laquelle celle-ci voyage à l'intérieur de la Terre.

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samedi 20 octobre 2018

L’autoroute A10 rénovée avec du bitume 100 % recyclé.

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2013-09-23-panneau_chantier

 

La société Eurovia Grands Travaux vient de mettre au point une technologie écologique permettant la rénovation de chaussées à partir de bitume 100 % recyclé. Un procédé innovant qui limite grandement l’impact environnemental des travaux routiers et qui a déjà permis de rénover une portion d’un kilomètre de l’autoroute A10. Explications.

UNE GRANDE PREMIÈRE MONDIALE

Jusqu’à récemment, on ne pouvait utiliser guère plus de 60 % d’enrobés recyclés pour façonner de nouveaux revêtements routiers. Mais grâce à la technologie innovante mise au point par la société Eurovia Grands Travaux, il est désormais possible de recycler 100 % des anciennes chaussées pour en faire de nouvelles, offrant des propriétés et performances équivalentes aux équipements neufs. En Gironde, une portion d’un kilomètre de l’autoroute A10 a ainsi pu être rénovée grâce à ce procédé écologique basé sur le principe de l’économie circulaire.

Bien que cette technique de recyclage à chaud ait vu le jour au milieu des années 80, le taux d’enrobés recyclés tournait plutôt aux alentours de 50 % ces dernières années. Il s’agit donc d’une première mondiale qui démontre également que ce procédé permettant d’obtenir du bitume 100 % recyclable est efficace et pourra être mis en place dans le futur sur les axes routiers les plus fréquentés d’Europe.


Voir l'image sur Twitter
Eurovia@Eurovia_Group
, en collaboration avec @VINCI Autoroutes,
vient de dévoiler la première « route 100% recyclée » au monde
250 À 400 TONNES D’ENROBÉS RECYCLÉS PAR HEURE

Pour mettre au point ce procédé écologique, Eurovia Grands Travaux s’est associée à Marini-Ermont, spécialisée dans les usines d’enrobés mobiles. Comme l’a précisé Jean-Pierre Parisi, directeur général d’Eurovia : « On a conclu un partenariat pour concevoir et fabriquer une usine qui soit capable de fabriquer des enrobés avec 100 % d’agrégats recyclés et avec une cadence qui soit compatible avec les normes de mise en œuvre sur le chantier ».

Capable de produire entre 250 et 400 tonnes d’enrobés recyclés par heure, l’usine mobile installée le temps des travaux sur l’A10 a définitivement démontré son efficacité. Ce processus écologique innovant pourrait contribuer à réduire drastiquement l’impact environnemental des travaux routiers en limitant grandement les moyens de transport et trajets nécessaires à l’acheminement des enrobés sur les chantiers.

1) Evy - signature animée Titi

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vendredi 19 octobre 2018

Aux États-Unis, le temps des femmes

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La candidate amérindienne Deb Haaland
qui postule à un siège au Congrès,
ici en campagne le 1er octobre, à Albuquerque (Nouveau-Mexique).
Mark Ralston/AFP
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En 1992, les femmes ont occupé le devant de l’actualité électorale aux États-Unis : 47 d’entre elles faisaient alors leur entrée au Congrès, soit plus que durant toute la décennie précédente ! Le titre « d’année de la femme » qui a été donné à cette année-là rappelle depuis cet exploit.

En réalité, il y avait déjà eu une « année de la femme », en 1984 : elles étaient tellement nombreuses à s’être rendues rendues aux urnes pour faire entendre leur voix qu’on comptait 6 millions de votantes de plus que de votants. Du jamais vu depuis que le droit de vote leur avait été accordé, en 1920 !

Mais 1992 fut aussi été une année particulière : les femmes réagissaient à un combat très dur, lors de la nomination du juge Clarence Thomas à la Cour suprême. Celle-ci avait été imposée par un Congrès composé quasi exclusivement d’hommes, alors qu’une jeune femme, Anita Hill, l’accusait de harcèlement sexuel. Cet événement avait profondément choqué les Américaines qui s’étaient alors mobilisées en masse lors des élections qui avaient suivi.

Demain, bien plus qu’hier

Le parallèle avec notre époque n’est que trop flagrant et l’affaire Kavanaugh suffirait à elle-seule à s’interroger sur l’attitude des femmes dans le scrutin à venir, celui des Mid-terms (le 6 novembre prochain). Toutefois, en 2018, la crise est encore plus profonde : le mouvement #MeToo vient tout juste de fêter sa première bougie, alors qu’une première condamnation symbolique vient d’être prononcée : le « papa de l’Amérique », Bill Cosby, dort désormais en prison.

Par ailleurs, l’instruction se poursuit dans l’affaire Harvey Weinstein, dont le procès sera le point d’orgue de cette lutte pour que soit entendue et reconnue la parole d’une femme qui se dit victime d’un homme, même s’il est très puissant.

Bien entendu, c’est aussi et surtout à la tête de l’État, le locataire de la Maison Blanche, qui révulse toutes ces femmes. Nombre d’entre elles ne décolèrent pas depuis son élection.

De la résistance à la réaction

Elles le font savoir sur tous les tons, elles ont multiplié les mouvements de protestation, les manifestations de rue, les actes de « résistance ». Il s’agit d’un mouvement spontané auquel une grande majorité d’entre elles se sont associées, au nom de valeurs qu’elles veulent défendre et pour lutter contre ce qu’elles estiment être des attaques inacceptables – qu’il s’agisse de questions de genre, de race, de sexisme, de l’avortement, etc.

Peinture murale dans une rue d’Abulquerque. 
Mark Ralston/AFP

Le mouvement #MeToo a porté la colère, l’a amplifiée et l’a structurée. Le juge Kavanaugh a été précipité au milieu de cette lutte presque par hasard. Car, s’il a concentré sur son nom tous les griefs et toutes les colères, l’action qui sous-tend l’ensemble est bien plus profonde : on a pu s’en rendre compte lors des primaires qui, aux États-Unis précèdent toutes les élections.

Très vite, on a pu constater que des milliers de femmes s’étaient présentées sur les différents postes électifs à travers tout le pays et à tous les niveaux.

Plus étonnant encore, tout au long du processus électoral, qui a débuté en mars, le vote féminin est devenu de plus en plus important en nombre et en proportion, si on le compare à celui des hommes. Ce vote a renforcé l’impression première qu’il se passait effectivement quelque chose d’inhabituel : les femmes sont sorties en tête dans beaucoup de scrutins lors de ces primaires, puis en ont remporté de plus en plus, et ont fini par les dominer quasiment tous.

L’année de tous les records

À quelques jours du scrutin de mi-mandat, une chose est déjà sûre : on est dans un temps particulier qui s’inscrit dans la logique de ces trois années symboliques pour les Américaines : 1920, 1984 et 1992. L’année 2018 sera, à son tour, une année de la femme, et ce, quel que soit le résultat : la participation aux primaires a explosé dans certains États, jusqu’à doubler, voire tripler par rapport à celle habituellement constatée pour ce type d’élection.

Par ailleurs, le nombre de candidates a atteint un niveau record, avec des milliers de femmes qui se sont engagées. Le précédent record de 167 femmes candidates à la Chambre des représentants a été largement battu : elles sont 234 cette année. Pour le sénat, c’est la même chose, avec 23 candidates au lieu de 21, un nouveau record également. Il y aura également 15 femmes candidates au poste de gouverneur – un nombre jamais atteint à ce jour – sur un total de 36 postes à conquérir.

Avec quelques limites

Toutefois, lorsqu’on examine plus attentivement ces candidatures, on peut être un peu déçu : la plupart des femmes qui sont présentées aux suffrages le sont sur des postes non-éligibles. La bonne performance lors des primaires est donc un peu refroidie, car cela n’aura pas forcément servi à les amener jusqu’à la victoire finale.

C’est flagrant au niveau des gouverneures : Andria Tupola n’a aucune chance à Hawaii, pas plus que Paulette Jordan en Idaho, Mary Throne dans le Wyoming, Lupe Valdez au Texas, Molly Kelly dans le New Hampshire. De même, sept des 23 candidates au Sénat n’ont visiblement aucune chance d’être élues, à l’instar de Jenny Wilson qui est opposée à Mitt Romney dans l’Utah.

Stacey Abrams en campagne, le 22 mai dernier, pour le poste de gouverneure de Géorgie. 
Jessica McGowan/AFP

Mais on peut faire une autre lecture de ces combats électoraux : toutes ces femmes sont toutes arrivées au sommet, en figurant sur le bulletin de vote, et leur destin dépend désormais des électeurs. Car rien n’est impossible, dans aucun État, et des candidatures jugées totalement improbables voici à peine quelques mois nourrissent désormais de réels espoirs : Stacey Abrams en Georgie et Laura Kelly au Kansas sont en passe de devenir gouverneures dans des États très républicains, alors qu’elles sont démocrates et femmes.

Au niveau du Sénat, on va assister à des combats entièrement féminins, comme dans l’État de Washington (entre Maria Cantwell et Susan Hutchison), mais aussi dans le Minnesota (entre Tina Smith et Karin Housley), dans le Wisconsin (entre Tammy Baldwin et Leak Vukmir), dans l’État de New York (entre Kirsten Gillibrand et Chele Farley), dans le Nebraska (entre Deb Fisher et Jane Raybould) ou dans l’Arizona, (entre Kyrsten Sinema et Martha McSally). Autant de postes que les hommes ne pourront pas gagner en 2018.

Néanmoins, la déception sera forcément grande : s’il y a 13 sénatrices sortantes cette année, les femmes ne peuvent compter que sur l’élection de 11 à 13 d’entre elles au final. Au mieux, elles maintiendront donc leur nombre ! On ne changera donc pas encore cette fois-ci l’image d’une commission judiciaire sénatoriale très masculine comme on a pu le constater lors des auditions dans l’affaire Kavanaugh, qui a tant choqué la majorité des Américaines.

Pas très loin du sommet

Si on scrute les étages situés en dessous du Sénat ou des postes de gouverneurs, on mesure qu’il s’est réellement passé quelque chose : c’est là que s’est faite la vraie différence, à la Chambre des représentants ou dans des élections plus locales.

En plus de record de candidates, flagrant au Parti démocrate – avec 183 prétendantes contre seulement 51 au Parti républicain –, il faut souligner que 133 des candidates sont des personnes de couleur et, plus étonnant encore, 158 sont totalement novices en politique !

Au Parti démocrate, près de 40 % des candidats sont donc des candidates – du jamais vu. La Chambre des représentants, qui compte actuellement 84 élues (22 % du total), devrait donc changer de visage.

Dans les assemblées des États, 87 des 99 congrès locaux seront renouvelés, soit 6070 sièges à pouvoir. Les femmes sont en première ligne pour prendre toute leur place dans ces différentes assemblées, et la poussée sera forte : 3 260 femmes sont candidates dans les 46 États sousmis au vote. Là encore, le précédent record (2 649 candidates), qui date de 2016, est battu.

Les petites nouvelles qui deviennent grandes

S’il semble désormais évident que les femmes vont progresser très largement dans les congrès des États, les chances des femmes dans ce scrutin législatif au niveau fédéral sont également très élevées : sur les 125 sièges qui peuvent basculer d’un parti à l’autre (sur un total de 435), elles sont 65 candidates à pouvoir espérer devenir députée (Représentante). Cinq d’entre elles sont même certaines de siéger puisqu’elles n’ont aucune opposition !

Les primaires ont révélé plusieurs surprises, permettant à certaines d’entre elles d’émerger sur la scène nationale : Alexandria Ocasio-Corteza battu Joseph Crowley un ponte du Parti républicain, alors qu’elle était totalement inconnue jusque-là et soutenue par Bernie Sanders, le plus révolutionnaire des papys de la politique aux États-Unis. Aujourd’hui, les cadres du parti ne jurent plus que par elle et Barack Obama vient de lui apporter son soutien. 

Alexandria Ocasio-Cortez On The Future Of The Democratic Party | The View 

 Ayanna Pressley a réalisé le même exploit dans le Massachusetts 

en battant une autre star républicaine, Mike Capuano, qui était réélu haut la main depuis vingt ans.

D’autres profils ont également émergé : deux démocrates vétérans de l’armée (Amy Mcgrath et MJ Hegar), qui insistent sur leur patriotisme dans des États très républicains, pourraient ravir le poste de députée. En Idaho, au Nouveau-Mexique ou au Kansas, ce sont des Amérindiennes qui occupent désormais le devant de la scène : Paulette Jordan, Debra Haaland et Sharice Davis comptent bien faire la différence.

Les minorités sont d’ailleurs très bien représentées parmi les candidates. Certaines sont déjà très médiatisées, comme les hispaniques Michèle Lijan Grisham et Lupe Valdes, ou encore Jayana Hayes et Stacey Abrams, qui portent les espoirs de la communauté afro-américaine.

Parmi les profils les plus étonnants, on distingue ceux de Rashida Tlaib, dans le Michigan (certaine d’être élue puisqu’elle ne fait face à aucune opposition), et de Ilhan Oma, dans le 5e district du Minnesota : ces deux femmes sont musulmanes et vont faire l’Histoire en entrant au congrès. Une première, d’autant plus étonnante que le président des États-Unis s’appelle Donald Trump.

Enfin, Lupe Valdez « cumule » puisqu’elle se présente comme femme et comme hispanique, mais également comme gay. Mais son profil atypique en deviendrait presque terne en comparaison de la candidate choisie par le Parti démocrate du Vermont : Christine Hallquist est transgenre. Personne ne croit réellement en sa chance de victoire, mais elle est déjà entrée dans l’histoire de ses élections.

Il se passe donc quelque chose de nouveau #IciAussi en 2018.

Auteur : , Maître de conférences politique et société américaines et chercheur associé à l'institut Iris., Université Paris 2 Panthéon-Assas

Source : https://theconversation.com/aux-etats-unis-le-temps-des-femmes-104355

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mardi 16 octobre 2018

Le Bordeaux sombre des années 1930, entre romanesque et réalité.

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Un feuilleton vécu

Ni écrivain ni journaliste reconnu, Jean Rollot n’a que très peu laissé de traces dans les catalogues des bibliothèques. Il appartient à la masse des reporters quasi anonymes qui forment la majorité du corps professionnel des années 1930.

À Paris-Soir, Rollot couvre l’actualité des spectaclesdes arts et de la littérature, en plus de faits divers occasionnels. Des procès aux bruits de coulisses en passant par le grand reportage que l’on va évoquer, une certaine polyvalence est exigée de sa part par ses supérieurs.

Rollot rappelle ainsi l’existence d’une pratique courante mais peu valorisée du reportage, qui se trouve susceptible d’activer pourtant les mêmes codes, les mêmes imaginaires que sous la plume des plus célèbres écrivains-reporters de l’entre-deux-guerres. Qu’il s’agisse de Blaise Cendrars, de Joseph Kessel ou de Jean Rollot, les reporters, s’ils ne sont pas d’égales renommées, produisent des enquêtes semblables par certains aspects : le reportage est alors souvent conçu comme un roman-feuilleton « vrai », un récit se disant « vécu » et qui, dans le journal, a au moins autant – sinon davantage – fonction de divertissement que d’information.

Consommé et publié en série, les reportages se succèdent dans Paris-Soir selon une mécanique bien huilée : lorsqu’une enquête se termine, une nouvelle lui succède aussitôt, de manière à ne jamais laisser le lecteur sur sa faim. Ainsi, le « grand reportage » de Jean Rollot à Bordeaux, publié du 17 au 28 janvier 1932, fait suite à une enquête de G.-A. Oubert (autre écrivain-reporter peu connu mais employé à plusieurs reprises par Paris-Soir) sur les Romanichels, dont la conclusion est parue la veille.

Femmes déchargeant des tonneaux près des docks de Bordeaux, Agence Rol, 1916 - source : Gallica-BnF
Femmes déchargeant des tonneaux près des docks de Bordeaux,
Agence Rol, 1916.
Source : Gallica-BnF
Quartier réservé

Comme Marseille, Bordeaux mérite sa place dans le panorama des « bas-fonds » en sa qualité de ville portuaire. Le titre du reportage met en avant ce statut : le « port d’Amérique, port d’amour » promet lointains et voluptés. Avant même d’ouvrir le journal pour y retrouver le reportage, le lecteur peut rêver sur le titre affiché à la Une, imaginer la vie des matelots.

Jean Rollot fait penser à l’écrivain Francis Carco par la proximité qu’il met en scène avec les marins et bandits bordelais. Il ne leur rend pas visite seulement en reporter, mais se décrit comme un ami qui fréquente les bouges des ports, récolte les propos et la confiance des hommes, leur manifeste une « vraie sympathie ».

Le reportage s’ouvre un soir d’ennui, alors que Rollot flâne à Bordeaux : « Partirais-je pour l’Afrique rouge, les Amériques couleur de l’espérance ? » La ville portuaire retiendra plutôt son attention, grâce à la rencontre impromptue de Georges le Marin, « [grand], gros, écarlate, bien vêtu » et de « ses compagnons », André et Philippe. Avec eux, Rollot découvre l’« atmosphère de passion, voire de vice » de Bordeaux où, « comme dans tous les grands ports, les plaisirs ont leur caractère spécial ».

Le reporter, d’accointance avec les marins, partage leurs virées nocturnes dans le « quartier réservé », aux alentours de « la place Mériadeck ». Dans les « rues où s’accotent les cabarets louches aux maisons discrètes », il se fait le témoin des patrouilles de police et des rafles, se promène au son des « accents de la guitare hawaïenne ou du banjo ».

En compagnie de Georges le Marin, dont il a gagné la confiance, le reporter se voit ouvrir les portes d’un bar fréquenté par les travestis, le « Sabatou », à proximité de la gare Saint-Jean.

Sur les quais de Bordeaux, où est amarré le cargo « L'Europe », Agence Rol, 1917 - source : Gallica-BnF
Sur les quais de Bordeaux, où est amarré le cargo « L'Europe »,
Agence Rol, 1917.
Source : Gallica-BnF

L’imaginaire de la France criminelle véhiculé par le reportage déborde bien au-delà de Paris. Tandis que Blaise Cendrars met en scène les trafics de Marseille, c’est un journaliste peu renommé de Paris-Soir, Jean Rollot, qui s’intéresse aux quartiers interdits de Bordeaux en 1932.

« [Sabatou, le patron] laissait le service du bar à un blondinet de seize ans, tout au plus, dont la figure enfantine était passée au “fond de teint” et à la poudre.

Pour être bien vu dans la maison, il fallait plaire à ce jeune barman, qui faisait de mauvais cocktails, mais était seul à disposer des bouteilles. C’était l’ami officiel du patron. »

La plongée dans les milieux interlopes homosexuels fait de Jean Rollot un intermédiaire méconnu entre l’imaginaire tracé par Francis Carco en 1914, dans le roman à succès Jésus-la-Caille, et celui de Jean Genet, qui produira quelque dix ans plus tard le sulfureux classique Notre-Dame-des-Fleurs (1943).

À Bordeaux, le Sabatou et ses clients sont violentés par des « voyous […] outragés dans leur conception de la morale naturelle […] qui jurèrent de défendre la vertu ». Mais à celui qui arrive à pénétrer sans heurt dans l’établissement se révèle une vision équivoque et fascinante.

« Les petits messieurs qu’on découvrait là, poudrés, maquillés, répondaient à ces surnoms : La Tosca, Pola Negri, La Louve, Véronique, La Violettera.

Ils chantaient, papotaient dans les coins, buvaient, fumaient, se passaient de main en main de petits paquets de “coco”, poussaient des miaulements de chatte et, parfois, se mettaient à danser entre eux. »

Rollot s’attarde aux talents de danse et de chant des « messieurs », ce en quoi il laisse percer son regard de chroniqueur des spectacles. Disputes, intrigues, légendes et anecdotes sont rapportées, le reporter se faisant le conteur de cette faune et de son animation, d’une « gaieté inlassable et parfaitement sincère », où l’on imite Raquel Meller, étoile du music-hall parisien.

Visions de nuit, visions de jour

En compagnie d’André, son nouveau « guide », Rollot observe la vie nocturne dans les bistrots de la rive gauche du port, en quête de « quelque secret nouveau », d’une « turbulence dramatique »... (pour lire la suite de cet article, cliquez sur le lien " Source" ci-dessous).

Auteure : Mélodie Simard-Houde

Source :  https://www.retronews.fr/societe/long-format/2018/10/04/le-bordeaux-sombre-des-annees-1930-entre-romanesque-et-realite

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ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

 

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lundi 15 octobre 2018

Années 1930 : « Femmes, restez au foyer ! » (extrait)

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« Mme Armand et ses six enfants », Agence Rol ; 1911 - source : Gallica-BnF
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En réaction à la vague d'émancipation féminine, les mouvements chrétiens organisent les « Congrès de la mère au foyer » afin d'aider la femme à « se perfectionner dans sa mission ».

Dans la France du XIXe siècle, on estime qu'entre 4 et 7 millions de femmes gagnaient leur vie en travaillant.

La guerre de 1914-1918 les a ensuite menées dans les usines tandis que les hommes étaient au front : des centaines de milliers de « munitionnettes » ont ainsi participé à l'effort de guerre.

Mais, tandis que les féministes militent pour que cette nouvelle égalité perdure, les tenants du patriarcat réclament au même moment, avec force, le retour à la « tradition ». 

Qu'importe : pendant les années folles, les femmes, parfois habillées en garçonnes, poursuivent leur mouvement d'émancipation et revendiquent l'égalité des sexes. 

Auteure : Marina Bellot

Source : https://www.retronews.fr/societe/echo-de-presse/2016/06/27/annees-1930-femmes-restez-au-foyer

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dimanche 14 octobre 2018

Automne : pourquoi les feuilles tombent-elles des arbres ?

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https://media.ooreka.fr/public/image/arbre_automne-full-11994979.jpg

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Quand vient l'automne, chaque année, aux latitudes moyennes et plus élevées, bosquets, bois et forêts se transforment et se parent de couleurs or, orangées, cuivres et pourpres. Par millions, les feuilles des arbres virevoltent et se déposent au sol. Mais pour quelle raison les arbres se débarrassent-ils de leurs feuillages? Mais pour quelle raison les arbres se débarrassent-ils de leurs feuillages? Quel est le processus?

Lorsque les températures commencent à descendre, au début de l'automne, les arbres de nos forêts tempérées mettent en place des mécanismes qui vont leur permettre de vivre au ralenti pendant l'hiver qui s'annonce et d'éviter de dépenser de l'énergie inutilement.

Si les troncs et les branches sont isolés par l'écorce, et si les racines restent à l'abri dans le sol, les feuilles, quant à elles, posent problème. Leurs tissus sont incapables de résister à la chute des températures.

Privées de sève, les feuilles se meurent.

Les feuilles des arbres sont recouvertes de capteurs photosensibles qui réagissent à la réduction de la durée du jour. Ceux-ci provoquent la libération massive d'éthylène, une hormone végétale sécrétée par les arbres. C'est le signal délivré aux arbres pour que ces derniers se mettent à produire des bouchons de liège qui vont venir isoler les feuilles des réseaux de sève.

Privées d'eau et de minéraux, les feuilles perdent de leur souplesse. La photosynthèse s'interrompt et la chlorophylle qui colore les feuilles en vert se dégrade. Les pigments rouge, jaune ou orange prennent le dessus et donnent à nos forêts leurs si belles couleurs de l’automne. Au moindre coup de vent, les attaches des feuilles se rompent alors et celles-ci tombent au sol. On parle alors de feuilles caduques.

Les feuilles persistantes, ces feuilles qui ne tombent pas.

L'évolution a opté pour une stratégie différente concernant les conifères. Leurs feuilles se présentent sous la forme de petites aiguilles recouvertes de cire. Cette couche isolante les aide à résister au froid. D'autant que la surface réduite de ces aiguilles les aide aussi à survivre à l'hiver. On parle alors de feuilles persistantes.

Dans les régions au climat méditerranéen, plusieurs espèces d'arbres comme, notamment, le chêne vert et l'olivier conservent leurs feuilles en hiver.

 Auteure : Nathalie Mayer, Journaliste

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/personnalites/sciences-nathalie-mayer-1355/

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samedi 13 octobre 2018

Le terme « fake news » est officiellement remplacé par « infox »

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Après maints débats et discussions, les experts de la langue française ont convenu remplacer l’expression américaine « fake news » par « infox »

Pour rappel, c’est Donald Trump qui a initié en premier l’expression « fake news » durant sa campagne électorale. Depuis, l’expression s’est répandue aussi bien sur la bouche du public que sur les médias sociaux.

LA COMMISSION GRIMACE À L’ENTENTE DES TERMES ÉTRANGERS

La commission d’enrichissement de la langue française se compose d’experts et de membres de l’Académie française. Elle a pour fonction de trouver une équivalence française aux vocabulaires étrangers.

D’ailleurs, la majorité de ces expressions populaires et locutions étrangères proviennent des Etats-Unis. Tel est le cas, par exemple, du mot brainstorming, un terme qui donnerait sans doute une douloureuse migraine aux académiciens et qu’ils préfèrent remplacer par le plus élégant terme de « remue-méninges ».

LES EXPERTS DE LA LANGUE S’ENTENDENT SUR « INFOX »

Trouver un mot français pour dire « fake news » a déjà traversé l’esprit de la commission en octobre 2017. Toutefois, il a fallu du temps aux experts de la langue pour s’accorder sur le terme approprié.

« Infox » a ainsi eu plusieurs rivaux, notamment, « infaux », « intox », « craque », « infausse » ou encore le mot « fallace » qui, semble-t-il, plaisait bien à Rabelais.

Néanmoins, c’est « infox » qui a mis d’accord les spécialistes. Ce terme sonnait effectivement mieux à l’oreille. D’autant plus qu’il était le produit de deux termes français: « info » et « intox ». La commission pense ainsi que ce mot pourrait bien plaire au public.

Auteure : 

Source : https://www.minutenews.fr/actualite/societe/le-terme-fake-news-est-officiellement-remplace-par-infox-428285.html?utm_source=WM&utm_medium=cpc

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mercredi 10 octobre 2018

L’erreur comme signal d’alarme

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L'automobiliste doit s'adapter en permanence à son environnement. Sur le Pont Alexandre III, à Paris (en 2009). 
Jean-François Gornet/FlickrCC BY-SA
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Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018 dont The Conversation France est partenaire.

Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.


Dans l’histoire du règne du vivant, la capacité d’adaptation a toujours été au cœur de la survie. Les espèces, animales et végétales, que nous connaissons aujourd’hui sont celles qui possèdent les caractéristiques physiques et/ou cognitives dont la valeur adaptative leur a permis de se reproduire à travers les millions d’années et les environnements changeants. A l’heure actuelle, à plus petite échelle, nos capacités d’adaptation sont toujours essentielles à notre survie.

Le contrôle cognitif

En effet, nous vivons dans un environnement qui change constamment. Dans la rue, de nombreux éléments, par exemple la foule, les voitures ou les obstacles, sont constamment en mouvement. À chaque instant, sans nécessairement nous en rendre compte, nous ajustons nos comportements aux modifications de l’environnement dans lequel nous évoluons. Cette capacité appelée contrôle cognitif regroupe un ensemble de fonctions cognitives qui nous permettent d’adapter nos comportements par rapport à nos intentions et notre environnement.

Pour illustrer cette capacité cognitive complexe, prenons l’exemple d’une situation quotidienne comme la conduite automobile. Lorsque nous conduisons, notre intention est d’atteindre notre destination tout en évitant de créer un accident pour préserver notre intégrité corporelle et celle d’autrui. Pour se faire, notre cerveau, en surveillant l’environnement (ici, la route) ainsi que nos propres actions, est capable d’évaluer si celles-ci sont toujours cohérentes avec la situation.

Dans le cas où une incohérence est détectée (un pied trop lourd sur l’accélérateur ou un ballon au travers de la route), notre cerveau modifie ou planifie une nouvelle séquence d’actions afin de réajuster le comportement (lever le pied pour ralentir ou dévier sa trajectoire pour contourner l’obstacle pour éviter l’accident). Ce contrôle se met en place en quelques millisecondes sans que nous nous en rendions nécessairement compte. Il survient en effet plus fréquemment que l’on ne l’imagine : notre cerveau est capable de détecter certaines toutes petites erreurs dont nous n’avons pas conscience.

La détection de l’erreur

Au sein de toutes les capacités cognitives qui nous permettent, dans notre exemple de la conduite, d’arriver à destination sain et sauf, l’une des plus essentielles est effectivement la détection de l’erreur. L’erreur, comprise ici comme une action inadaptée à l’environnement, peut donc être une action correcte (rouler à 50km/h en ville) qui devient inappropriée lorsque la situation dans laquelle on se trouve change (le ballon au milieu de la route).

Cependant, si nous pouvons apprendre de nos erreurs, encore faut-il se rendre compte lorsque nous en commettons ! Les erreurs, souvent perçues négatives, sont comme un signal d’alarme informant qu’un comportement est à changer ou même à ne pas reproduire. La capacité de détecter l’erreur (ou le changement dans l’environnement) permet de prendre en compte le comportement inadapté afin soit de ne plus le reproduire, soit de le corriger tant qu’il est encore temps.

Notre cerveau est donc capable de détecter ces comportements inappropriés avant même que l’on puisse en prendre pleinement conscience. Au niveau du cortex préfrontal (à l’avant du cerveau), la recherche en neurosciences et en particulier les techniques d’électroencéphalographie (EEG) ont montré la présence d’une activité électrique dont l’amplitude est modulée en fonction de la performance correcte ou incorrecte dans une tâche informatisée.

L’activité cérébrale y est beaucoup plus importante lorsqu’une erreur est commise que lorsqu’il s’agit d’une bonne réponse. Par ailleurs, son amplitude est encore plus grande quand l’erreur est sanctionnée, c’est-à-dire dans les situations où l’erreur a des conséquences négatives. La motivation à ne pas faire d’erreurs renforce le signal d’alarme du cerveau. Ce signal d’alarme est ensuite communiqué à d’autres structures du cortex préfrontal qui mettront en place des stratégies visant à prévenir les erreurs (guetter la présence potentielle d’un animal sur la chaussée après en avoir évité un).

Ce mécanisme de contrôle cognitif est de type proactif puisqu’il anticipe les difficultés qui pourraient être rencontrées, et adapte nos comportements en fonction.

La correction de l’erreur

Néanmoins une action inadaptée doit pouvoir être contrôlée au moment même où elle est commise puisqu’elle peut, dans certaines situations, avoir des conséquences graves pour les individus. Notre cerveau doit donc être capable non seulement de détecter l’erreur mais de la corriger à temps. Ce type de contrôle cognitif est dit réactif. Lorsque cet animal sort subitement de la forêt et traverse la route, notre environnement a changé et notre comportement actuel n’y est plus adapté : il faut le corriger en planifiant, le plus rapidement possible, une nouvelle action (bouger son pied vers la pédale de frein).

Détecter l’erreur de conduite, un impératif pour le motard à Paris. CC BY

Cette fois, pour étudier ces capacités de contrôle réactif, c’est à nos muscles qu’il faut s’intéresser ! L’électromyographie (EMG) permet en effet d’enregistrer l’activité électrique des muscles et de révéler des mouvements imperceptibles à l’œil nu. Cette technique a permis, entre autres, la découverte des ébauches d’erreur, des faibles activités musculaires incorrectes qui précèdent les réponses correctes.

L’ébauche d’erreur (ou erreur partielle) est une mauvaise action qui a été détectée et corrigée par notre cerveau avant qu’elle ne devienne une réelle erreur ! Avant même que l’on puisse percevoir que nous sommes en train de nous tromper, l’erreur engagée est corrigée par le cerveau, et plus particulièrement par plusieurs fonctions cognitives, regroupées sous le nom de fonctions exécutives.

Imaginez votre trajet habituel pour vous rendre au travail. Le samedi, vous vous engagez sur la même route mais au lieu de tourner à gauche pour aller au bureau, aujourd’hui vous devez aller à droite. Par automatisme, ou par manque d’attention, vous engagez l’action de mettre le clignotant à gauche. Avant même de vous rendre compte de votre erreur, cette action, détectée comme inadaptée à la situation par votre cerveau, est stoppée. Votre cerveau planifie en même temps un nouveau comportement, celui de mettre le clignotant à droite.

Grâce à de simples électrodes placées sur les muscles des mains impliquées dans les réponses à donner, nous pouvons donc inférer sur l’efficacité du contrôle cognitif réactif. En effet, la proportion d’ébauches d’erreur sur l’ensemble des erreurs engagées permet de calculer un ratio de correction : à quel point l’individu a été capable de rattraper ses erreurs à temps ? Aussi, le temps qui sépare l’ébauche d’erreur et l’action correctrice nous informe sur le temps nécessaire à la correction : à quelle vitesse l’individu se corrige-t-il ?

L’étude du contrôle cognitif, à travers des approches électrophysiologiques (EEG et EMG), montre que notre cerveau est capable d’adapter nos comportements, après la détection d’une action inappropriée commise ou en train d’être réalisée. La détection de cette « erreur » comportementale, dont nous n’avons pas forcément conscience, permet la mise en place de deux mécanismes de contrôle qui se complètent. L’un est réactif et corrige l’action au moment où elle devient inadaptée. L’autre est proactif et anticipe les difficultés en modifiant en prévention notre comportement. 

Déclaration d’intérêts - Fanny Grisetto a reçu des financements de la région Hauts-de-France.

Source : https://theconversation.com/lerreur-comme-signal-dalarme  

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