jeudi 27 septembre 2018

Aux origines de la phallocratie

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Donald Trump lors du concours Miss Univers en 2015. 
Rodrigo Varela / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Cet article est publié dans le cadre de la Nuit Sciences et Lettres: « Les Origines », qui se tiendra le 8 juin 2018 à l'ENS, et dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez le programme complet sur le site de l'événement.


Quelles sont les origines de la phallocratie, cette domination exercée par les hommes sur les femmes ? Depuis les chefs de l’Antiquité jusqu’à Donald Trump, les leaders masculins se sont servis de figures féminines réelles ou imaginaires – déesses, égéries, mannequins ou groupies –, pour se faire valoir et imposer leur domination.

Les singes dominants

La phallocratie remonte au règne animal, si l’on en croit 

Frans de Waal.

Observant les chimpanzés, ce zoologue identifie le « mâle dominant » : un singe physiquement plus fort que les autres qui s’impose à ses congénères comme un véritable chef politique. Il parvient à s’approprier des réserves de nourriture et à se constituer un harem de femelles dont il rétribue les faveurs en échange de friandises. Le mâle dominant met en place un système de domination basé sur une hiérarchie : il s’érige en souverain de son groupe de chimpanzés. Selon Frans de Waal, cette dominance chez les animaux préfigure les mécanismes de la domination phallocratique, les hommes étant les héritiers directs des singes. Le chimpanzé « dominant » a pour équivalent humain le leader politique, de l’Antiquité à nos jours.

Jean Lecomte du Noüy (1842-1923), « Ramsès dans son harem » (entre 1885 et 1886). 
Patrice Schmidt/Musée d’Orsay

La possession de femmes, symbole de puissance

Les pharaons, comme Amenhotep III (vers 1390-1352 av. J.-C.) ou Ramsès II (vers 1279-1213 av. J.-C.), possédaient – dans tous les sens du terme – des centaines de femmes, installées dans des palais qui leur étaient spécialement destinés.

Le roi perse Darius III aurait eu 360 concubines ; elles formaient un véritable cortège accompagnant le souverain lors de ses déplacements, comme le raconte l’historien antique Quinte-Curce.

Pourquoi posséder autant de femmes ? On conçoit que ces souverains aient souhaité être polygames afin de varier leurs plaisirs érotiques. Mais ils ne profitent pas plus de l’ensemble de leurs femmes qu’un milliardaire peut véritablement jouir de tous ses milliards. À quoi peuvent donc bien servir ces épouses que le chef thésaurise ?

Outre pour son divertissement, il a aussi besoin d’elles pour valoriser sa propre personne. C’est parce qu’il possède plus de femelles que les autres que le singe accède au statut de mâle dominant. La femme est reléguée au statut d’objet ; comme la nourriture ou l’or, elle devient un bien précieux, un faire-valoir. Bien que méprisée dans les sociétés patriarcales, elle n’en constitue pas moins un ingrédient essentiel dans la stratégie de domination des leaders. Darius impressionne ses sujets et conforte sa position de souverain lorsqu’il apparaît en public, suivi de son cortège de concubines. Les pharaons, collectionneurs de femmes, se servaient aussi d’elles comme monnaie d’échanges diplomatiques avec les autres rois du moment.

« Le roi Numa Pompilius écrit le les lois que lui dicte Égérie ».
Peinture d’Ulpiano Checa, 1885.
WikipediaCC BY-SA

Le mythe du chef aimé par une déesse

Il y a 5 000 ans, les souverains sumériens de la cité d’Uruk, au sud de l’actuel Irak, prétendaient qu’ils étaient les amants de la grande déesse Ishtar. Ils avaient en réalité recours à cette divinité pour légitimer leur pouvoir. Ishtar était censée faire don de sa fécondité au chef qu’elle aimait, et parce qu’elle l’aimait. La commémoration annuelle de cette relation servait aussi de cérémonie de réinvestiture symbolique du roi auquel la déesse, amante satisfaite, accordait, en guise de récompense, une nouvelle année de bonheur pour le royaume.

On retrouve ce schéma dans la Rome royale. Numa Pompilius, deuxième roi de la Cité (vers 716-673 av. J.-C., selon la tradition latine) est lui aussi présenté comme l’amant d’une divinité, nommée Égérie. Il tire profit de cette union, car Égérie lui enseigne la connaissance des choses divines et lui dicte la législation qu’il va imposer aux Romains. Comme l’explique l’écrivain antique Plutarque, auteur d’une biographie de Numa, ce mythe, inventé par le pouvoir, avait pour but de faire accepter les lois promulguées par le chef. Le discours politique exploite une prétendue relation amoureuse entre le souverain et la déesse, perçue comme une source de légitimité pour le leader.

Pisistrate et Phyé vêtue en Athéna. 
Turtledove.wikia.com

L’exploitation de l’image féminine par le leader

Le lien amoureux avec la déesse est parfois remplacé par une simple alliance entre la divinité et le chef ; la déesse continuant à jouer son rôle légitimant, mais sans qu’il soit question de relations sexuelles. Lors de son coup d’État, vers 554 av. J.-C., le tyran athénien Pisistrate se fait accompagner par Phyé, une marchande de fleurs, jeune fille remarquable par « sa beauté et ses formes admirables », écrit l’auteur grec Athénée de Naucratis.

Phyé, sorte de mannequin ou de « Miss » de l’époque, est vêtue en guerrière, à l’image de la déesse Athéna. Installée sur un char, aux côtés de Pisistrate, elle est censée le conduire jusqu’à son trône. La mise en scène rencontre un grand succès : Pisistrate est acclamé par la foule. À sa manière, Phyé est l’égérie de Pisistrate, une belle femme servant à promouvoir la carrière du leader masculin.

On retrouve encore à Rome, au Ier siècle av. J.-C., cette figure féminine tutélaire valorisante dans la propagande de Jules César. L’imperator romain affirme qu’il est le descendant de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté. La divinité est son alliée, sa protectrice personnelle ; elle lui inspire sa tactique militaire et lui offre la victoire. Ainsi, c’est à nouveau une figure féminine qui assure le succès du mâle dominant.

Égéries des présidents d’aujourd’hui

Les stratégies des leaders politiques contemporains n’ont pas beaucoup changé depuis l’Antiquité. Le président russe Vladimir Poutine est soutenu par une association, appelée « Armée de Poutine » (Armia Putina), composée de jeunes femmes qui organisent des manifestations à sa gloire. Elles vont jusqu’à déchirer publiquement leur T-shirts en signe de dévotion pour leur champion.

Bien avant de se faire élire président des États-Unis, Donald Trump, alors leader de la finance et du show business, s’est abondamment fait photographier en compagnie de jeunes beautés.

Portrait officiel de Melania Trump. 
By Regine Mahaux Weaver, Hilary (3 April 2017)

Mais, depuis son élection, c’est surtout sa troisième épouse, Melania, ancienne mannequin, qui assume le rôle traditionnellement dévolu à l’égérie du chef. Ses débuts comme First Lady furent pourtant relativement discrets : elle attendit le mois de juin 2017 avant de venir s’installer à la Maison-Blanche.

Désormais, le Président semble avoir bien compris le rôle d’atout de charme qu’elle est susceptible de jouer à ses côtés. Melania Trump revêt les plus belles robes, pose pour les photographes et sa popularité connaît une forte hausse en septembre 2017.

Stratège en communication et mâle dominant, Donald Trump a trouvé en Melania un instrument pour sa propre promotion. Mais cela suppose un minimum de consentement de la part de l’intéressée, car si la femme se rebiffe, elle peut faire vaciller la statue du mâle dominant. On se souvient des dégâts commis par Valérie Trierweiler à l’encontre de François Hollande, en 2014, lors de la publication de son livre : Merci pour ce moment. Melania Trump acceptera-t-elle de jouer jusqu’au bout le rôle de faire-valoir du Président ?

Auteur : 

Déclaration d’intérêts :

Christian-Georges Schwentzel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Partenaires :

Université de Lorraine apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation FR.


Christian-Georges Schwentzel a publié « La Fabrique des chefs : d’Akhenaton à Donald Trump », éditions Vendémiaire

Source : https://theconversation.com/aux-origines-de-la-phallocratie-

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mardi 28 août 2018

Alan TURING - Enigma, la guerre du code

  Alan Turing à 16 ans

Alan Turing à 16 ans

Crédits : Heritage Images / Contributeur - Getty

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En 1939, la guerre vient d’éclater et Alan Turing, jeune mathématicien britannique sorti de Cambridge, rejoint Bletchley Park où, dans le plus grand secret, les Britanniques tentent de percer les communications ennemies.

Depuis quelques temps, le commandement militaire allemand utilise pour protéger ses communications les machines Enigma, créées d’abord à des fins de secret économique.

Ces machines proposent des possibilités de chiffrement vertigineuses. Faute de pouvoir en percer la combinaison, les Alliés sont incapables de déchiffrer les messages qu’ils interceptent.

En temps de guerre l’information est vitale : déchiffrer les communications ennemies permettrait de connaître les attaques projetées, les positions des unités adverses etc.

"Il ne suffisait pas aux Britanniques de mettre la main sur une machine. L’intérêt de l’Enigma, c’est que si votre ennemi en capturait une, ça ne l’aiderait pas, à moins qu’il n’en connaisse la configuration précise de tous les éléments au moment où le message a été envoyé." David Kenyon, historien à Bletchley Park.

S’engage, dès septembre 1939, une titanesque entreprise de cassage des codes allemands, une lutte contre la montre d’autant plus décourageante que chaque matin, les clés de chiffrement sont modifiées.

A Bletchley Park, un manoir entouré d’un vaste domaine situé au nord-ouest de Londres sont rassemblés linguistes, cruciverbistes, logiciens et autres esprits vifs qui planchent sur le problème.

On trouve aussi des mathématiciens recrutés dans les universités voisines d’Oxford et Cambridge.

Parmi eux, Alan Turing, un jeune type brillant, secret et un peu loufoque. Féru de cryptologie, il pressent que l’ampleur de la tache (trouver le bon réglage parmi les milliards de milliards de possibilités) nécessite une nouvelle approche du problème. 

"L'idée qui va s'imposer à Turing c'est qu'on peut avoir les meilleurs mathématiciens, les meilleurs génies de notre temps, on ne pourra jamais, avec une réflexion humaine, se battre cette machine. Donc l'idée de génie c'est de se dire : contre une machine, il faut inventer une autre machine." Arnaud Delalande        

Ces contre-machines, calculateurs programmés pour "mouliner" jusqu’à trouver la bonne clé de chiffrement sont baptisées les "bombes", possiblement en référence à… un dessert polonais.

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https://learncryptography.com/assets/content/images/bombe.jpg

C’est que le cassage de l’Enigma, qui aurait permis in fine d’écourter la guerre de deux ans et d’épargner près de quinze millions de vies humaines, avant d’être une réussite britannique, avait bénéficié des avancées d’autres services de renseignements : polonais, ou français…

Auteur : Amaury Chardeau

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-lenigmatique-alan-turing/enigma-la-guerre-du-code

 

 

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mardi 3 juillet 2018

Simone et Antoine Veil, un couple "fusionnel" au Panthéon

 

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C'est un couple "fusionnel" qui rejoint le Panthéon ce dimanche, de l'aveu de leur fils Jean, à l'AFP. Simone Veil est la cinquième femme inhumée dans ce temple de la République. Antoine Veil, décédé en 2013, est le premier à entrer en tant qu'époux là où reposent 76 personnalités.

Simone et Antoine Veil sont le troisième couple qui reposera au Panthéon, non loin de Jean Moulin et du fondateur de l'Europe, Jean Monnet.

Simone et Antoine Veil sont le troisième couple qui reposera au Panthéon, non loin de Jean Moulin et du fondateur de l'Europe, Jean Monnet. Crédits : Thomas Samson - AFP

 

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lundi 18 juin 2018

La douloureuse conquête française de l’Algérie

« La prise de Mascara », estampe, 1836. Gallica-BnF


 

Retronews : Pourquoi Charles X décide-t-il en 1830 de l’expédition d’Alger ?

 

Jacques Frémeaux : Il s’agit d’une opération de prestige du gouvernement de Charles X, qui cherche alors à imposer en France une politique réactionnaire et un gouvernement plus autoritaire. Il estime avoir besoin d’une opération de cette envergure pour donner l’image d’un pouvoir fort, qui doit permettre de faire passer des réformes de politique intérieure.

Comment se déroule l’expédition ?

De très gros moyens sont mis en œuvre. On rassemble près de 40 000 hommes et des moyens navals considérables.

Contre l’adversaire, Alger était très bien défendue par des batteries mais il n’y avait pratiquement plus de marine algérienne, elle ne pouvait donc pas défendre les côtes. Les Français se gardent bien d’attaquer directement Alger, mais débarquent à Sidi-Ferruch, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest.

Le débarquement a lieu en été, on craignait des tempêtes, mais finalement l’escadre arrive par beau temps et réussit à débarquer ses troupes. En quelques jours, l’armée marche sur Alger. Le 5 juillet, la ville capitule.

Qu’en pense alors l’opinion publique française ?

Une partie de l’opinion est satisfaite, car la réputation d’Alger, que l’on accuse d’être traditionnellement un nid de pirates, est assez mauvaise.

L’opposition en revanche est très hostile : on dénonce cette opération de prestige comme allant de pair avec le recul des libertés (voir notre dossier sur la suspension de la liberté de la presse). Les Trois Glorieuses, du 27 au 29 juillet, aboutissent au renversement de Charles X. L’expédition n’a pas suffi à sauver le régime.

Lorsqu’il succède à Charles X, Louis-Philippe a-t-il les mêmes velléités de conquête que son prédécesseur ?

Le retrait de la France serait une perte de prestige pour le nouveau régime. Par ailleurs, dès leur arrivée, les autorités françaises ont expulsé les représentants turcs qui gouvernaient l’Algérie, et on ne saurait à qui laisser le pouvoir. Et puis il y a l’idée selon laquelle Alger est « importante » pour la position de la France en méditerranée.

Le gouvernement de Louis-Philippe se maintient donc, mais ne fait pas beaucoup d’effort de conquête. La situation est très tendue en Europe, on préfère garder des forces en France. On retire donc la plus grande partie du corps expéditionnaire.

À partir de 1832, Abd el-Kader, seulement âgé de 24 ans, s’impose à quelques tribus d’Oranie comme le chef de la résistance à l’occupation française. La France signe avec lui deux traités, en 1834 et en 1837. L’occupation restreinte se met en place. Il faut organiser la colonie, y installer des garnisons, mais en se contentant de contrôler les côtes, sans aller plus loin dans le pays. Le gouvernement décide « l’occupation restreinte ».

Comment se déroule cette occupation, prémisse de la colonisation ?

Dès le début, les Français se heurtent à des résistances à l’occupation, que ce soit par des tribus locales qui n’acceptent pas la présence française, ou par des forces plus centralisées – comme celle d’Abd el-Kader. À l’est, dans la province de Constantine, le bey Ahmed reste fidèle au sultan de Constantinople. Plusieurs opérations sont lancées afin de récupérer Constantine, ce qui est fait en 1837, après un premier échec en 1836.

Puis, en 1839, Abd el-Kader déclare la Guerre sainte à la France, après la violation du traité de Tafna par les autorités françaises, traité qui devait assurer à Abd el-Kader l’autonomie des deux tiers du territoire algérien. Il y a à ce moment-là une rupture avec les Français. On envoie davantage de troupes – jusqu’à 110 000 hommes.

En 1841, le général Bugeaud programme l’occupation systématique du pays et la guerre de conquête de l’Ouest algérien, puisque l’est est déjà soumis avec la prise de Constantine.

En 1847, c’est la reddition d’Abd el-Kader après une guerre particulièrement violente. La Grande Kabylie n’est occupée qu’en 1857. Les insurrections se poursuivent jusqu’en 1871 au moins. Le Sahara n’est totalement occupé qu’au début du XXe siècle.

S’ouvre alors la période de colonisation à proprement parler…

En réalité, elle a même commencé dès le début de la conquête : des colons se sont installés dans les villes, d’où les habitants partaient pour éviter le contact avec l’armée française, qui se livrait à un certain nombre d’exactions. À Alger, puis à Oran, les colons ont fait des achats de terres très tôt, et dans des conditions très irrégulières…

L’installation de colons autour des villes d’Alger et d’Oran et l’idée de la colonisation étaient déjà dans le projet du gouvernement de Louis-Philippe, mais c’était alors assez difficile à réaliser et donc limité. Avec la prise en main de Bugeaud, la colonisation s’étend.

Comment se passent les premiers temps de la colonisation ?

Quelques notables gouvernent avec les Français, mais dans l’ensemble la population est hostile : il y a l’idée que l’occupation par les Français chrétiens n’est pas légitime, et l’espoir qu’ils puissent être chassés par une insurrection ou des interventions extérieures. Mais les habitants sont plus ou moins obligés de se résigner. C’est le cas de la plus grande partie des notables, qui passent au service des colonisateurs.

La colonisation s’établit et se développe vraiment au moment de la Révolution de 1848, avec l’arrivée d’un certain nombre de chômeurs de villes françaises qu’on essaie d’établir en Algérie.

Les colons ont beaucoup de revendications en matière de terre, et aussi de gouvernement du pays, mais l’armée met un frein, car elle craint de se heurter au mécontentement de la population algérienne. Et puis, installer des colonies européennes crée une vulnérabilité en cas d’insurrection.

C’est donc sous la IIIe République, période durant laquelle l’armée perd une partie de son autorité, que la colonisation va vraiment se développer. De 1880 à 1900, on passe de 100 000 à 700 000 colons, dont la majorité vit dans les villes d’Algérie.

Propos recueillis par Marina Bellot.

Auteur : Jacques FremeauxProfesseur d'histoire contemporaine, Sorbonne Université

Source : https://theconversation.com/interview-la-douloureuse-conquete-francaise-de-lalgerie

 

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samedi 14 avril 2018

La disparition de Saint-Exupéry : la découverte de la gourmette

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https://www.1jour1actu.com/wp-content/uploads/SAINT-EX-ECRIVAIN.jpg

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Antoine de Saint-Exupéry s'est éteint brutalement le 31 juillet 1944, mais le mystère entourant sa disparition aura perduré pendant plus de cinquante ans, jusqu'à ce que Jean-Claude Bianco, un pêcheur marseillais, retrouve sa gourmette. Une découverte inouïe faite au large des calanques.

Mais à peine un an après la naissance du Petit Prince, l'histoire prend un tournant tragique. Saint-Exupéry, alors pilote dans l'armée de l'air, disparaît subitement au cours d'un vol de reconnaissance effectué dans le sud de la France. Il semble n'avoir laissé aucune trace...

La découverte de la gourmette relance l'enquête

Par un jour de tempête, le 7 septembre 1998, un heureux hasard conduit Jean-Claude Bianco, patron pêcheur, à remonter dans ses filets un petit bijou en argent perdu en mer au large de Marseille. Ternie et abîmée, la gourmette s'avère bien plus précieuse qu'elle n'en a l'air puisqu'elle appartient à Saint-Exupéry !

La découverte semble littéralement incroyable, au point que Jean-Claude Bianco sera d'abord accusé de tromperie avant de connaître la célébrité. Pourtant, les inscriptions gravées sur la gourmette — les noms de Saint-Exupéry et de sa femme ainsi que l'adresse de son éditeur — ne mentent pas. Les recherches de l'épave menées par la Comex de Henri-Germain Delauze (que Jean-Claude Bianco avait contacté tout de suite) restent d'abord sans succès. Le bijou mènera finalement le plongeur Luc Vanrell jusqu'aux débris de l'avion de Saint-Exupéry, qui reposaient dans les profondeurs sous-marines, attendant d'être retrouvés.

Une exposition au Musée

archéologique de Saint-Raphaël

Grâce à la découverte de la gourmette, le mystère de la disparition de l'aviateur semble avoir trouvé un dénouement, mais son histoire continue de nous captiver. L'authentique gourmette est au cœur d'une exposition consacrée à Antoine de Saint-Exupéry, « Des nuages aux profondeurs », au Musée archéologique de Saint-Raphaël, du 2 février au 13 avril 2018.

© Vigilant Corp, Photonico, Pierre Salaun, Immo Sud Annonces, Mathieu Serra

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Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/videos/disparition-saint-exupery-decouverte-gourmette-5385/

 

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dimanche 8 avril 2018

L’Esprit des lois (Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu)

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Publié à Genève en 1748, cette vaste composition mêle sociologie, droit, économie, politique, institutions. Il y analyse les différents types de gouvernements, développe ses théories sur le climat, la séparation des pouvoirs, l’éloge des corps intermédiaires, etc.  

C’est peu dire que l’accueil de l’Esprit des lois fut froid. Certains, comme Voltaire ou Fréron, furent très réservés. Madame Du Deffand alla jusqu’à persifler que ce livre ne faisait que de « l’esprit sur les lois ».

Mais les attaques les plus virulentes vinrent de l’Eglise, qui ne pouvait accepter que l’action des hommes soit détachée de la volonté divine. Le livre fut mis à l’Index en 1751, et condamné par la Sorbonne en 1754.

Affaibli, devenu presque aveugle, Montesquieu va pourtant se battre : en 1750 il expose une Défense de L’Esprit des lois. Il met également en ordre toutes ses notes, qui seront publiées plus tard sous les titres Mes Pensées et Spicilège, revoit certaines de ses œuvres, rédige pour l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert un article sur le Goût.

Il décède le 12 février 1755 à Paris, d’une fièvre maligne, refusant sur son lit de mort des corrections à L’Esprit des lois que lui tendait un jésuite. Seul de tous les gens de lettres, Diderot assistera à son enterrement.

Montesquieu est depuis sa mort continuellement étudié, analysé, critiqué, tant son influence a été et est encore immense.

Mais son héritage est ambigu. D’un côté, il est totalement inséré dans l’élite sociale et culturelle de son temps. Loin d’être subversif, c’est un grand seigneur, dont le but est la perpétuation du nom, la continuité de la lignée, l’agrandissement de ses terres. Certains l’ont même catalogué comme réactionnaire, expliquant que sa défense des corps intermédiaires ne fait que camoufler une apologie de sa classe sociale et une défense des privilèges nobiliaires.

À l’inverse, Montesquieu rompt radicalement avec l’idéologie de son temps en évacuant Dieu, le hasard ou le rôle prédominant des grands hommes dans l’Histoire.

Il défend également et systématiquement la liberté, la tolérance, l’universalisme. C’est un précurseur dont se réclameront les philosophes des Lumières qui écriront après lui.

Au-delà du portrait de théoricien qu’a sculpté pour lui la postérité, Montesquieu est également un écrivain. Son œuvre littéraire est abondante, car il n’a cessé toute sa vie de rédiger contes, romans, nouvelles.

Les Lettres persanes qui n’étaient considérées pendant deux siècles que comme un brouillon de son chef d’œuvre, un délassement de l’auteur, sont maintenant réévaluées, comme ses écrits plus personnels, Mes Pensées et Spicilège, publiés seulement au XXe siècle et depuis souvent réédités et longuement analysés.

On a beaucoup glosé sur son style, assez différent de celui de ses contemporains : phrases simples, logique démonstrative, éliminant le superflu pour aller à l’essentiel : "Pour bien écrire, disait-il, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n’être pas ennuyeux ; pas trop, de peur de n’être pas entendu".

Et toujours un humour sous-jacent, qui transparait dans sa façon de justifier l’originalité et la nouveauté de son écriture : "Un homme qui écrit bien n’écrit pas comme on a écrit, mais comme il écrit, et c’est souvent en parlant mal qu’il parle bien".

 

 Source : http://quilesfrederique9.e-monsite.com/pages/portraits-d-ecrivains/montesquieu.html

 

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lundi 2 avril 2018

Quelles sont les causes de la première guerre mondiale ?

 

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Si on explique souvent le déclenchement de la première guerre mondiale par l'assassinat de l'archiduc autrichien François-Ferdinand par le nationaliste serbe Gavrilo Princip, à Sarajevo, le 28 juin 1914, les causes sont en réalité plus nombreuses et complexes.

Elles tiennent au fort sentiment nationaliste qui agite l'Europe, à la poussée économique allemande et aux jeux subtils des alliances diplomatiques.

En parallèle, depuis l'unification de l'Allemagne en 1871, le pays a rattrapé son retard économique sur les grands États européens. Son industrie est particulièrement importante. Les dirigeants allemands veulent donc trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits et obtenir des matières premières à moindre coût.

C'est ainsi qu'ils lorgnent sur l'Afrique, chasse gardée française et anglaise. Par deux fois, l'empereur Guillaume II tente de prendre le Maroc à la France, en 1905 et en 1912, provoquant des conflits diplomatiques de plus en plus graves.

La Triple Alliance et la Triple Entente durant la première guerre mondiale. © Historicair, Wikipedia, CC by-sa 3.0

Les alliances diplomatiques

L'assassinat de François-Ferdinand provoque un mécanisme d'alliances diplomatiques en cascade.

L'Autriche-Hongrie pose un ultimatum à la Serbie pour enquêter sur le meurtre, le 23 juillet.

L'Allemagne lui assure son soutien.

Le 25 juillet, la Serbie refuse l'ultimatum et déclare la mobilisation générale.

Le 29 juillet, la Russie, alliée de la Serbie, se mobilise contre l'Autriche-Hongrie puis contre l'Allemagne.

Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France, alliée de la Russie.

En quelques jours, la Triple Entente, France, Royaume-Uni et Russie, et la Triple Alliance, Allemagne et Autriche-Hongrie, se sont constituées.

Membres du Commonwealth, le Canada, l'Australie et l'Afrique du Sud entrent automatiquement en guerre aux côtés de l'Angleterre, participant ainsi au caractère mondial du conflit.

L'armistice sera signé le 11 novembre 1918 à Rethondes dans l'Oise, suite à la capitulation allemande.

Le traité de paix sera quant à lui signé le 28 juin 1919 à Versailles. 

 Par la rédaction de Futura

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/

histoire-sont-causes-premiere-guerre-mondiale-5430/

 

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unification politique de l'ensemble des territoires de langue italienne

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jeudi 29 mars 2018

Le Machu Picchu et son histoire

 

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Situé au Pérou, dans les Andes, à 2.430 mètres d'altitude, le Machu Picchu semble littéralement émerger de la forêt tropicale. Ce site spectaculaire, édifié sur une crête rocheuse entourée de précipices abrupts, s'étend sur près de 13 km². Il a été classé au patrimoine mondial de l'humanité en 1983. Découvrez son histoire.

Situé entre les Andes péruviennes et le bassin de l'Amazonie, ce sanctuaire est le plus important patrimoine matériel laissé par la civilisation inca, et l'une des plus exceptionnelles réalisations architecturales et artistiques au monde. De nombreux mystères liés au Machu Picchu sont irrésolus, comme les connaissances des Incas en matière d'astronomie.

Le site du Machu Picchu se compose : 

  • d'une zone urbaine constituée de quelque 200 constructions, où l'on trouve encore les habitations réservées à la noblesse et les édifices religieux (temple du soleil, mausolée de l'Inca...) ;
  • d'une zone rurale avec ses cultures en terrasses et ses canaux d'irrigation.
Le Machu Picchu, une mystérieuse cité inca

Après plusieurs dizaines d'années de grand dynamisme sur le site du Machu Picchu, la vallée devint l'un des derniers refuges des Incas face aux conquistadors espagnols. L'assassinat de l'empereur Atahualpa par l'Espagnol Pizzaron marqua la fin de la civilisation inca.

Les colonisateurs espagnols étaient plus intéressés par l'or que par la remarquable œuvre architecturale réalisée sur le site du Machu Picchu. Le site a également été protégé par sa situation géographique et son accessibilité très compliquée. Il a ainsi sombré dans l'oubli pendant plus de trois siècles jusqu'à sa redécouverte par l'Américain Hiram Bingham, par hasard, le 24 juillet 1911 alors qu'il cherchait la ville de Vitco, dernier refuge des Incas.

Aujourd'hui, le Machu Picchu surprend le visiteur par sa préservation dans son superbe écrin montagneux et la remarquable qualité technique de ses constructions, dont les pierres, parfaitement polies qui tiennent sans aucun mortier.

On ignore encore comment les Incas, qui ne connaissaient ni la roue ni les animaux de trait, ont pu transporter et tailler avec autant de perfection ces énormes blocs de pierre.

Par la rédaction de Futura

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-machu-picchu-son-histoire-5291/

 

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mardi 20 février 2018

Scandale à la cour de Louis XIV : l'affaire des poisons

  

La marquise de Brinvilliers a été torturée et a subi le supplice de l’eau pour avouer ses crimes. © Wikimedia Commons, Domaine Public

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L'affaire des poisons secoue le royaume de France, et en particulier la Cour, entre 1679 et 1682.

Plusieurs personnalités sont impliquées dans ce scandale, qui provoque une véritable chasse aux sorcières.

Le danger des poisons est partout au XVIIe siècle.

L'affaire éclate en 1672, lorsqu'on retrouve dans les affaires personnelles de l'officier et aventurier Godin de Sainte-Croix neuf lettres de sa maîtresse, la marquise de Brinvilliers — née Marie-Madeleine Dreux d'Aubray—, accompagnées de plusieurs fioles ayant contenu du poison.

Dans ses lettres, cette dernière reconnaît avoir empoisonné son père et ses deux frères.

Après avoir fui à Londres, Valenciennes et en Hollande, elle rejoint la Belgique.

Réfugiée dans un couvent à Liège, elle est arrêtée le 25 mars 1676, puis exécutée.

Les poisons à la Cour de France

Quelques années plus tard, en 1679, l'affaire des poisons rebondit.

Ayant entendu quelques rumeurs d'empoisonnement, un petit avocat, maître Perrin, se confie à la police.

Une femme est alors arrêtée : Marie Bosse. Elle aurait fourni des poisons à des épouses de parlementaires voulant se débarrasser de leur mari.

En parallèle, elle dénonce une autre empoisonneuse. Des affaires de messes noires et de meurtres d'enfants sont révélées.
Catherine Deshayes, que l'on connaît sous le nom de « La Voisin », est mise en cause. Elle affirme avoir fourni poisons et sortilèges à des personnes de la Cour.
Un tribunal dédié, la Chambre ardente, est alors créé. Madame de Vivonne (la belle-sœur de Madame de Montespan, un temps favorite du roi), la comtesse de Soissons et le maréchal de Luxembourg font notamment partie des personnes impliquées.
La Cour vit au rythme des rumeurs : on raconte notamment que Madame de Montespan aurait fait empoisonner Marie-Angélique de Fontanges, l'une de ses rivales.

Au total, la Chambre ardente auditionna 442 accusés et prononça 36 condamnations à mort. 

Louis XIV ordonna que l'on brûlât les registres le 13 juillet 1709. 

Auteur : La rédaction de Futura

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 Pour poursuivre la lecture de cet article,

je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous : 

 Sourcehttps://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-scandale-cour-louis-xiv-affaire-poisons-5641/

 

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lundi 19 février 2018

On a retrouvé le premier Poilu de Verdun grâce à son ADN

  

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https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/

 

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Le sergent Fournier, premier Poilu de Verdun,

a été identifié grâce à son ADN.

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« Il y a toute une série de petites circonstances miraculeuses » qui ont permis à « cette belle histoire », débutée par un coup de pelleteuse le 6 mai 2015, de connaître un dénouement « extraordinaire », sourit Bruno Frémont, médecin légiste à Verdun.

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Vous pouvez lire cet article en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/guerre-14-18/

 

Source Ouest-France

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