lundi 29 avril 2019

Le temps des cathédrales

ND Paris 1 200419

Rebâtir Notre-Dame en cinq ans, c'est choisir l'industrie contre l'artisanat.
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Reconstruire Notre-Dame de Paris en cinq ans est un choix politique, c'est aussi un choix économique. Celui de préférer l'industrie à l'artisanat. En s'engageant, mardi soir, à mener tambour battant ce gigantesque chantier de restauration, le chef de l'Etat a implicitement opté pour le recours à la rapidité des procédés industriels plutôt qu'à la lenteur de la main-d'oeuvre.

Avancer sabre au clair, si possible viser l'impossible, surprendre plutôt qu'attendre, voilà qui est dans la nature d'Emmanuel Macron. Et l'horizon des Jeux olympiques de 2024 peut bien justifier que soit tenté cet exploit de rebâtir en un quinquennat ce que nos ancêtres ont mis des siècles, puis des décennies à exécuter. Ne fallut-il pas encore vingt ans, entre les deux guerres mondiales, pour redresser la cathédrale de Reims ?

La nécessité absolue de rouvrir grand les portes de Notre-Dame lors des JO ne saute pas aux yeux, mais elle peut s'entendre. Sauf si elle doit s'accomplir au détriment de la qualité des projets ou d'un savoir-faire dans la restauration du patrimoine qui tient de l'exception culturelle. Car, pour tenir des délais aussi serrés, le maître d'oeuvre n'aura d'autre choix que de faire travailler des groupes de construction, compétitifs et performants, seuls capables de livrer les matériaux composites ou métalliques indispensables à la rapidité du chantier. Alors, adieu charpentes en chêne massif, pierres taillées à la main et patines naturelles... 

... Vous pouvez lire la suite de cet article 

en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Auteur : Jean-Françis Pécresse

Source : 

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-temps-des-cathedrales

Signature panda violet

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ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension ».

 

 


vendredi 8 mars 2019

À quand les livres remboursés par la Sécurité sociale ?

 

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On soigne par les livres depuis au moins aussi longtemps qu’on soigne par les plantes. Innombrables, en effet, sont les cas de guérison par la lecture. Ainsi John Stuart Mill, que la lecture du Prélude de William Wordsworth sauva de la plus noire des dépressions. Montaigne, lui, voyait dans le compagnonnage des livres le seul à résister à l’usure du temps. Un article de 2016, paru dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, retrace la généalogie de la « bibliothérapie » et semble en consacrer le caractère scientifique. Mais est-ce vraiment servir la cause des livres que de les assimiler à une médecine douce ?

Brève histoire de la clinique littéraire

Création anglo-saxonne, le terme de « bibliothérapie » apparaît en 1916, dans un article de l’Atlantic Monthly, que signe le pasteur Samuel McChord Crothers. D’une plume ironique, il dialogue avec Bagster, ecclésiastique fictif qui a converti sa sacristie en « Institut de Bibliothérapie » pour hommes d’affaires fatigués, auxquels il dispense des ordonnances exclusivement littéraires.

Tel ouvrage s’administrerait comme un cataplasme à la moutarde, tel autre comme un sirop apaisant. Crothers y fait la satire des thérapies alternatives – homéopathie, naturopathie – récemment apparues sur le marché. Mais on ne rit plus quand la « clinique littéraire » trouve un début de traduction concrète grâce aux efforts déployés par Sadie Peterson Delaney (1889-1958). Formée à Harlem, puis devenue bibliothécaire en chef d’un hôpital de l’Alabama spécialisé dans la prise en charge des anciens combattants afro-américains, elle se penche sur les aptitudes du livre à soulager certains traumas.

Sadie Peterson Delaney. History Makers/Facebook

En Angleterre à la même époque, l’Armée britannique mandate un universitaire d’Oxford, H.F. Brett-Smith, exempté de service militaire pour raisons médicales, pour constituer un « Fever-Chart » (relevé ou feuille de température) destiné à évaluer les lectures les plus « salubres » pour les blessés de la Grande Guerre. Sans surprise, c’est Jane Austen qui arrive en tête. Lors du deuxième conflit mondial, c’est vers le romancier Anthony Trollope que les Londoniens se tourneront en masse pour y puiser de quoi conforter leur résilience. Il serait donc avéré que Les livres prennent soin de vous, pour le dire avec la romancière Régine Detambel, kinésithérapeute de formation, ou que Lire, c’est guérir (Marc-Alain Ouaknin).

La bibliothérapie expliquée aux enfants

C’est en 1946 que la bibliothérapie est utilisée pour la première fois sur un public d’enfants « à problèmes », en particulier relationnels. Le gros des recherches actuelles, pour lequel on manque encore de recul, porte, de fait, sur l’impact prêté à la thérapie par le livre en milieu scolaire. Réputés plus réceptifs que les adultes à la métaphore et au récit, aux histoires racontées avant d’affronter les craintes liées à la nuit, les enfants constituent un public de choix pour mettre à l’épreuve une thérapie conçue comme non invasive, et reposant sur trois piliers fondamentaux.

L’identification, d’abord : c’est le stade où l’enfant s’identifie à un personnage de roman, chez qui il retrouve ses propres problèmes personnels et découvre qu’il n’est pas seul dans ce cas. La deuxième étape est la catharsis, purge émotionnelle théorisée en son temps par Aristote à propos du théâtre. L’Insight, ou compréhension intuitive en profondeur, parachève le processus.

Image extraite de L’Histoire universelle des théâtres de toutes les nations, depuis Thespis jusqu’à nos jours (1779). Flickr

Parmi les bénéfices attendus de la démarche, figurent : l’assurance qu’il existe des solutions alternatives, la résilience renforcée au sein d’un groupe, le fait de renouer avec des facultés d’empathie atrophiées. Se posent cependant des questions de méthode. Le livre se suffit-il à lui-même, ou bien faut-il l’intervention d’un enseignant et/ou d’un thérapeute spécialisé, avec exercices prescrits et objectifs comportementaux à la clef ? Le choix des livres, enfin, est crucial. Le livre retenu doit-il être pris dans le champ de la littérature existante. Ou convient-il de créer un livre ad hoc, de façon à répondre à des besoins spécifiques ? Dans le domaine de la lecture pour la jeunesse, on pense à la série The Berenstain Bears, apparue en 1962, qui cible à chaque nouvelle parution un nouveau « problème » (obésité, visite chez le dentiste, racket à l’école…).

Les ours Berenstain ont une solution pour chaque difficulté de la vie quotidienne. Amazon

Quand la littérature se rebiffe

L’effet bien réel, sur la vie des patients, des healing stories (récits guérisseurs, et de guérison) est une chose. Une autre est l’instrumentalisation de la littérature à des fins de thérapie généralisée. Certes, Marcel Proust est l’un des premiers écrivains à évoquer, à propos de cet « acte psychologique original appelé lecture », « certains cas pathologiques pour ainsi dire, de dépression spirituelle, où la lecture peut devenir une sorte de discipline curative et être chargée, par des incitations répétées, de réintroduire perpétuellement un esprit paresseux dans la vie de l’esprit ». Certes encore, l’ouvrage récent d’Alexandre Gefen, Réparer le monde La littérature française face au XXIe siècle (Corti, 2017), identifie un tournant thérapeutique dans la jeune littérature française, qui semble délaisser les préoccupations formelles au profit d’engagements proches de l’éthique de la sollicitude, du Care, chère aux universitaires américains.

Jean Baptiste Camille Corot, Liseuse couronnée de fleurs, ou La Muse de Virgile (1845).Wikipédia

 

Mais on peut ne pas vouloir cautionner les lectures prescrites, délivrées sur ordonnance. C’est ce que Marielle Macé fait avec panache. Nulle direction de lecture, chez elle, mais telle ou telle conduite de vie, à puiser à même les livres et à accorder à son être profond. Et l’auteur de Façons de lire, manières d’être(Gallimard, 2011) de plaider pour une conception tout autant existentielle que stylistique de la lecture. Lire, c’est se trouver « puissamment attiré par des possibilités d’être et des promesses d’existence » offertes par les textes.

Le poème « Dans le style des hirondelles », de Francis Ponge, illustre à merveille son propos. Sur la page, l’oiseau « signe » son vol heurté, enjoignant le lecteur à comprendre autant que faire se peut la « forme » prise par sa trajectoire de vie. Dans le « style » en question Marielle Macé reconnaît en outre la marque que son père boulanger laissait dans le pain avant de l’enfourner. Voilà, conclut-elle, ce qui anime la vie intérieure d’un lecteur : chaque forme littéraire se présente à lui comme une « puissance » qui tire en lui « des fils et des possibilités d’être ». En suivant un auteur, comme le préconisait Proust, on suit une phrase, bien sûr, mais on suit aussi des promesses d’existence, des manières de conduire sa vie – des phrasés, en somme, que nous restons libres de reprendre ou non à notre compte…

Auteur

Professeur de littérature anglaise, École normale supérieure (ENS)

Source : 

https://theconversation.com/a-quand-les-livres-rembourses-par-la-securite-sociale

 

Signature - Evy bleugif

 

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mardi 8 janvier 2019

L'argot

 

Trois hommes attablés au Lapin agile,

agence Rol, 1909 - source : Gallica-BnF

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Langue orale typiquement populaire, l'argot a suscité dès le XIXe siècle la curiosité des journaux, qui se sont plu à en reproduire les meilleures expressions et à en décortiquer les mécanismes.

« L'argot, c'est le verbe devenu forçat », disait Victor Hugo. Comme l'auteur des Misérables, les journaux français affichent dès le XIXe siècle une véritable fascination pour l'argot, ce langage populaire aux expressions riches et imagées, souvent associé aux criminels, mais dont l'usage dépasse en réalité largement le simple milieu des gouapes, des marlous, des arsouilles et autres fleurs de bagne.

En 1856, le dramaturge Albert Monnier se risque dans Le Figaro à une « excursion dans l'argot ». De cette virée en zone louche, il ramène quelques perles :

  • Une table, c'est une carrante, parce qu'on s'y carre.
  •  
  • Le soleil s'y nomme le luisant, ou le bourguignon.
  •  
  • Une perruque – une réchauffante, ou un gazon.
  •  
  • Une porte – une lourde ; – l'ouvrir, déboucler une lourde.
  •  
  • Une sonnette – une branlante.
  •  
  • Un pantalon – un montant.
  •  
  • Un habit, une pelure, absolument comme pour une pomme qu'on épluche.
  •  
  • S'habiller, c'est se piausser, se mettre une autre peau. Déshabiller quelqu'un de force, c'est le dépiausser. On croirait qu'il s'agit d'un lapin.
  •  
  • La chemise devient une limace.
  •  
  • Le cœur – le palpitant.
  •  
  • L'estomac – la place d'armes, le stom, l'atout.
  •  
  • Le ventre — la bauge (retraite du porc).
  •  
  • La gorge — la rue au pain.
  • Le sang — le raisiné.
  •  
  • Les ongles — les arpions (harpon, croc pour la pêche).
  •  
  • La langue — le chiffon rouge.
  •  
  • La tête, c'est la sorbonne s'il s'agit de penser ; — la tronche s'il est question de la risquer ; — la coloquinte pour désigner une mauvaise tête ; — la boule pour indiquer un homme qui la perd ; — le melon s'il s'agit du chef d'un imbécile, et la trombine s'il faut peindre une trompeuse binette. 

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Auteur : Pierre Ancery

Source : https://www.retronews.fr/societe/echo-de-presse/2018/05/30/largot-vie-et-mort-dune-langue-du-peuple?utm_source=NLhebdo301218&utm_medium=article-a-la-une&utm_campaign=largot-vie-et-mort-dune-langue-du-peuple

 

1) Evy - signature animée Titi

 

 

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samedi 5 janvier 2019

D'où vient la tradition de s'embrasser sous le gui le 31 décembre ?

 

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C’est au XVIIIe siècle que les Anglais amènent cette tradition du baiser sous une branche de gui, porteur de bons auspices, et signe d'heureux présage pour franchir le seuil d’une nouvelle année..
Ils ont inventé la « kissing ball», des boules de gui que l’on accroche à une porte, et sous laquelle on s’embrasse.
Auteure :  Maïna Sicard-Cras 
Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/vient-tradition-s-embrasser-gui-1598711.html

Complément d'informations : 
Le gui est un parasite qui vit sur le chêne. Les druides adoraient les bocages de chênes. Les anciens Celtes (associés aux druides) avaient pour habitude de donner du gui en tant que remède aux animaux stériles afin de les rendre fertiles. Sa signification en langue celte est toujours : « la plante qui guérit tout ».
Source : http://vivementnoel.blogspot.com/2014/12/pourquoi-sembrasser-sous-le-gui-noel.html

 

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samedi 8 décembre 2018

La féminisation des mots : portée d'une querelle

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On ne sait pas toujours que dans un passé lointain, la langue française s'était montrée, avant qu'on ne la corsète, d'une remarquable souplesse. Le linguiste Bernard Cerquiglini nous raconte comme la langue révèle ainsi l’état des sociétés, et en l'occurrence du statut de la femme...

Cliquez sur le lien ci-après pour accéder au podcast: https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/la-feminisation-des-mots-portee-dune-querelle?xtor=EPR-3.

 

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mardi 16 octobre 2018

Le Bordeaux sombre des années 1930, entre romanesque et réalité.

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Un feuilleton vécu

Ni écrivain ni journaliste reconnu, Jean Rollot n’a que très peu laissé de traces dans les catalogues des bibliothèques. Il appartient à la masse des reporters quasi anonymes qui forment la majorité du corps professionnel des années 1930.

À Paris-Soir, Rollot couvre l’actualité des spectaclesdes arts et de la littérature, en plus de faits divers occasionnels. Des procès aux bruits de coulisses en passant par le grand reportage que l’on va évoquer, une certaine polyvalence est exigée de sa part par ses supérieurs.

Rollot rappelle ainsi l’existence d’une pratique courante mais peu valorisée du reportage, qui se trouve susceptible d’activer pourtant les mêmes codes, les mêmes imaginaires que sous la plume des plus célèbres écrivains-reporters de l’entre-deux-guerres. Qu’il s’agisse de Blaise Cendrars, de Joseph Kessel ou de Jean Rollot, les reporters, s’ils ne sont pas d’égales renommées, produisent des enquêtes semblables par certains aspects : le reportage est alors souvent conçu comme un roman-feuilleton « vrai », un récit se disant « vécu » et qui, dans le journal, a au moins autant – sinon davantage – fonction de divertissement que d’information.

Consommé et publié en série, les reportages se succèdent dans Paris-Soir selon une mécanique bien huilée : lorsqu’une enquête se termine, une nouvelle lui succède aussitôt, de manière à ne jamais laisser le lecteur sur sa faim. Ainsi, le « grand reportage » de Jean Rollot à Bordeaux, publié du 17 au 28 janvier 1932, fait suite à une enquête de G.-A. Oubert (autre écrivain-reporter peu connu mais employé à plusieurs reprises par Paris-Soir) sur les Romanichels, dont la conclusion est parue la veille.

Femmes déchargeant des tonneaux près des docks de Bordeaux, Agence Rol, 1916 - source : Gallica-BnF
Femmes déchargeant des tonneaux près des docks de Bordeaux,
Agence Rol, 1916.
Source : Gallica-BnF
Quartier réservé

Comme Marseille, Bordeaux mérite sa place dans le panorama des « bas-fonds » en sa qualité de ville portuaire. Le titre du reportage met en avant ce statut : le « port d’Amérique, port d’amour » promet lointains et voluptés. Avant même d’ouvrir le journal pour y retrouver le reportage, le lecteur peut rêver sur le titre affiché à la Une, imaginer la vie des matelots.

Jean Rollot fait penser à l’écrivain Francis Carco par la proximité qu’il met en scène avec les marins et bandits bordelais. Il ne leur rend pas visite seulement en reporter, mais se décrit comme un ami qui fréquente les bouges des ports, récolte les propos et la confiance des hommes, leur manifeste une « vraie sympathie ».

Le reportage s’ouvre un soir d’ennui, alors que Rollot flâne à Bordeaux : « Partirais-je pour l’Afrique rouge, les Amériques couleur de l’espérance ? » La ville portuaire retiendra plutôt son attention, grâce à la rencontre impromptue de Georges le Marin, « [grand], gros, écarlate, bien vêtu » et de « ses compagnons », André et Philippe. Avec eux, Rollot découvre l’« atmosphère de passion, voire de vice » de Bordeaux où, « comme dans tous les grands ports, les plaisirs ont leur caractère spécial ».

Le reporter, d’accointance avec les marins, partage leurs virées nocturnes dans le « quartier réservé », aux alentours de « la place Mériadeck ». Dans les « rues où s’accotent les cabarets louches aux maisons discrètes », il se fait le témoin des patrouilles de police et des rafles, se promène au son des « accents de la guitare hawaïenne ou du banjo ».

En compagnie de Georges le Marin, dont il a gagné la confiance, le reporter se voit ouvrir les portes d’un bar fréquenté par les travestis, le « Sabatou », à proximité de la gare Saint-Jean.

Sur les quais de Bordeaux, où est amarré le cargo « L'Europe », Agence Rol, 1917 - source : Gallica-BnF
Sur les quais de Bordeaux, où est amarré le cargo « L'Europe »,
Agence Rol, 1917.
Source : Gallica-BnF

L’imaginaire de la France criminelle véhiculé par le reportage déborde bien au-delà de Paris. Tandis que Blaise Cendrars met en scène les trafics de Marseille, c’est un journaliste peu renommé de Paris-Soir, Jean Rollot, qui s’intéresse aux quartiers interdits de Bordeaux en 1932.

« [Sabatou, le patron] laissait le service du bar à un blondinet de seize ans, tout au plus, dont la figure enfantine était passée au “fond de teint” et à la poudre.

Pour être bien vu dans la maison, il fallait plaire à ce jeune barman, qui faisait de mauvais cocktails, mais était seul à disposer des bouteilles. C’était l’ami officiel du patron. »

La plongée dans les milieux interlopes homosexuels fait de Jean Rollot un intermédiaire méconnu entre l’imaginaire tracé par Francis Carco en 1914, dans le roman à succès Jésus-la-Caille, et celui de Jean Genet, qui produira quelque dix ans plus tard le sulfureux classique Notre-Dame-des-Fleurs (1943).

À Bordeaux, le Sabatou et ses clients sont violentés par des « voyous […] outragés dans leur conception de la morale naturelle […] qui jurèrent de défendre la vertu ». Mais à celui qui arrive à pénétrer sans heurt dans l’établissement se révèle une vision équivoque et fascinante.

« Les petits messieurs qu’on découvrait là, poudrés, maquillés, répondaient à ces surnoms : La Tosca, Pola Negri, La Louve, Véronique, La Violettera.

Ils chantaient, papotaient dans les coins, buvaient, fumaient, se passaient de main en main de petits paquets de “coco”, poussaient des miaulements de chatte et, parfois, se mettaient à danser entre eux. »

Rollot s’attarde aux talents de danse et de chant des « messieurs », ce en quoi il laisse percer son regard de chroniqueur des spectacles. Disputes, intrigues, légendes et anecdotes sont rapportées, le reporter se faisant le conteur de cette faune et de son animation, d’une « gaieté inlassable et parfaitement sincère », où l’on imite Raquel Meller, étoile du music-hall parisien.

Visions de nuit, visions de jour

En compagnie d’André, son nouveau « guide », Rollot observe la vie nocturne dans les bistrots de la rive gauche du port, en quête de « quelque secret nouveau », d’une « turbulence dramatique »... (pour lire la suite de cet article, cliquez sur le lien " Source" ci-dessous).

Auteure : Mélodie Simard-Houde

Source :  https://www.retronews.fr/societe/long-format/2018/10/04/le-bordeaux-sombre-des-annees-1930-entre-romanesque-et-realite

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samedi 13 octobre 2018

Le terme « fake news » est officiellement remplacé par « infox »

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Après maints débats et discussions, les experts de la langue française ont convenu remplacer l’expression américaine « fake news » par « infox »

Pour rappel, c’est Donald Trump qui a initié en premier l’expression « fake news » durant sa campagne électorale. Depuis, l’expression s’est répandue aussi bien sur la bouche du public que sur les médias sociaux.

LA COMMISSION GRIMACE À L’ENTENTE DES TERMES ÉTRANGERS

La commission d’enrichissement de la langue française se compose d’experts et de membres de l’Académie française. Elle a pour fonction de trouver une équivalence française aux vocabulaires étrangers.

D’ailleurs, la majorité de ces expressions populaires et locutions étrangères proviennent des Etats-Unis. Tel est le cas, par exemple, du mot brainstorming, un terme qui donnerait sans doute une douloureuse migraine aux académiciens et qu’ils préfèrent remplacer par le plus élégant terme de « remue-méninges ».

LES EXPERTS DE LA LANGUE S’ENTENDENT SUR « INFOX »

Trouver un mot français pour dire « fake news » a déjà traversé l’esprit de la commission en octobre 2017. Toutefois, il a fallu du temps aux experts de la langue pour s’accorder sur le terme approprié.

« Infox » a ainsi eu plusieurs rivaux, notamment, « infaux », « intox », « craque », « infausse » ou encore le mot « fallace » qui, semble-t-il, plaisait bien à Rabelais.

Néanmoins, c’est « infox » qui a mis d’accord les spécialistes. Ce terme sonnait effectivement mieux à l’oreille. D’autant plus qu’il était le produit de deux termes français: « info » et « intox ». La commission pense ainsi que ce mot pourrait bien plaire au public.

Auteure : 

Source : https://www.minutenews.fr/actualite/societe/le-terme-fake-news-est-officiellement-remplace-par-infox-428285.html?utm_source=WM&utm_medium=cpc

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vendredi 21 septembre 2018

Effet Flynn : l’humanité est-elle en marche vers la stupidité ?

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On connait le mot de Pierre Dac : « j’ai un bel avenir devant moi. Mais je l’aurai dans le dos chaque fois que je ferai demi-tour ». Cela ne pourrait-il s’appliquer à l’intelligence humaine ? Après avoir constaté que la moyenne des scores obtenus aux tests dits d’intelligence augmentait au cours du temps (effet Flynn), on scrute aujourd’hui avec inquiétude la stagnation, voire la baisse, de ces scores (inversion de l’effet).

Doit-on craindre une « stupidisation » (Le Monde du 13/06/2018) de l’humanité ? Un examen critique de la conception de l’intelligence véhiculée par le débat actuel sur sa progression et sa chute s’avère nécessaire.

L’effet Flynn concerne-t-il l’intelligence ?

Les faits ne sont guère discutables. Le néo-zélandais James Flynn a mis en évidence un accroissement, au XXème siècle, des scores aux tests de QI (quotient intellectuel) aux USA, puis dans 14 pays développés.

On constaterait, dans les pays occidentaux, une élévation de 3 à 7 points par décennie. Mais une nouvelle étude réalisée en 2016 par Richard Lynn et Edward Dutton est venue montrer que, depuis 1995, dans un certain nombre de pays, le QI avait tendance à régresser.

Ainsi le QI moyen des Français aurait baissé de 4 points entre 1999 et 2009.

La recherche des causes possibles de la hausse, puis de la baisse, du QI, n’est pas inintéressante. Le débat porte fondamentalement sur la part respective, dans les deux cas, des causes environnementales, et des causes génétiques.

On replonge alors dans la fameuse querelle de l’inné et de l’acquis.

L’enjeu du débat est fort. Il s’agit, en somme, de dire si l’« intelligence » est une donnée naturelle, auquel cas les possibilités de développement intellectuel de certains seraient réduites, du fait de leur faible « dotation », individuelle (théorie du don), ou collective (conception « racialiste »).

Ou bien, au contraire, est le résultat d’une construction sociale, ce qui ouvre à tous l’espoir d’un bon développement intellectuel (si les conditions en sont réunies).

Mais précisément, et cela nous paraît avoir été insuffisamment souligné, en se focalisant sur les causes des fluctuations de QI, sans s’interroger sur la nature de ce qui fluctue, c’est-à-dire sur l’idée même d’intelligence, on prend parti dans le débat !

On admet en effet implicitement l’existence d’une intelligence comme « donnée » naturelle, susceptible de s’accroître, ou de diminuer, en « volume ».

L’intelligence se réduit-elle au QI ?

La question est de savoir ce que mesure le QI. La possibilité d’apprécier le niveau de certaines aptitudes ou capacités, ou de certains facteurs (ex : facteur verbal, facteur numérique) à l’aide d’épreuves dédiées n’est aujourd’hui plus guère contestée.

Depuis les premières avancées dues à Binet et Simon, les tests ont fait la preuve de leur pertinence et de leur utilité. Mais pour mesurer quoi ? En fait : des niveaux de performance, dans des domaines spécifiques, et en les situant par rapport aux performances de l’ensemble des autres individus constituant une population.

Bien sûr, cette « mesure » soulève des problèmes techniques, et s’expose à de nombreux biais. Mais, pour nous, l’essentiel n’est pas là. Car il faut comprendre, tout d’abord, que cette mesure est relative. Le QI n’apprécie pas le « poids intellectuel » d’un individu, mais exprime sa position au sein de la distribution de l’échantillon d’étalonnage du test.

Il faut ensuite, et surtout, ne pas commettre l’erreur de confondre performance et compétence. Au mieux, les fluctuations du QI correspondent à des fluctuations de performances, cognitives ou motrices.

Que les performances puissent fluctuer est indéniable. C’est à bon droit que l’on peut, par exemple, déplorer des baisses de niveau dans les performances orthographiques d’une population, baisses que l’on pourra attribuer à la place prise par les écrans, et aux transformations du rapport à l’écrit.

Mais les fluctuations de performances ne sont en aucun cas la preuve de l’existence d’une sorte de capacité naturelle, inhérente à la structure de l’individu, et qui serait l’équivalent des aires ou des lobes structurant le cerveau humain sur le plan organique.

C’est tout le problème de l’intelligence générale, dont l’existence a toujours été plus ou moins contestée. Parler d’« intelligences multiples » (Howard Gardner) fait déjà progresser sur la voie d’une conception plus intelligente de l’intelligence.

Une conception qui nous dispenserait de nous encombrer avec l’idée d’une « réalité » intelligence, qui serait tapie au fond de notre personnalité comme un monstre au fond du lac du Loch Ness…

Comment concevoir intelligemment l’intelligence ?

Faut-il alors continuer à utiliser le terme d’intelligence, si ce terme ne renvoie à aucun donné naturel ? On ne peut pas se contenter de dire que l’on ne mesure, avec le QI, que des « facettes » de l’intelligence.

Il faut aller plus loin, en refusant les courts-circuits qui font remonter d’une performance (constatée) à une capacité intellectuelle (induite), puis de celle-ci à une intelligence générale (postulée).

L’intelligence n’est pas un organe. Il faut se délivrer de la tentation d’en faire une chose, de la « réifier ».

C’est pourquoi ce serait sans doute faire preuve d’intelligence que de se délivrer de la conception de l’intelligence implicitement admise par ceux qui, avec l’effet Flynn, se sont réjouis de son extension, avant de déplorer sa chute. Mais comment concevoir alors ce que l’on continue à désigner par ce terme ?

Nous avons proposé (Hadji, 1993, « Pour une conception intelligente de l’intelligence »), en la plaçant au sein des « universaux anthropologiques » identifiés par Edgar Morin et Massimo Piattelli-Palmarini (Le cerveau humain, 1974), de considérer ce qu’on appelle intelligence comme un « pouvoir ».

Les universaux anthropologiques sont des attributs, ou des caractères spécifiques, propres à tous les hommes. Ces attributs, comme l’écrit François Jacob (La logique du vivant, 1970), sont prescrits avec rigidité par le programme génétique, dans sa part fermée. Mais ils ne déterminent que des potentialités : pouvoir de marcher, de parler n’importe quelle langue, de comprendre, etc.

On pourrait dire que l’intelligence est l’attribut qui s’exprime dans le pouvoir de penser. Ce pouvoir nous fait tous égaux en intelligence. Mais il n’est qu’un pouvoir.

Libre à chacun d’en user, ou non. Ainsi l’intelligence a un bel avenir devant elle si les hommes (les êtres humains) décident d’exercer le pouvoir qu’ils ont de se montrer intelligents, c’est-à-dire décident de sauvegarder et de faire fructifier leur pouvoir de penser.

Sinon, on risque de voir triompher ce que l’on peut appeler la connerie…

Car, finalement, l’intelligence ne « chute » que si l’on ne s’en sert pas !

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Auteur : , Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes

Déclaration d’intérêts - Charles Hadji ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Source : https://theconversation.com/effet-flynn-lhumanite-est-elle-en-marche-vers-la-stupidite-

1) Evy - signature animée Titi

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ATTENTION - « J’attire l’attention de mes lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur mon blog, le sont à la seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n’engage que leur auteur. Je ne fais que véhiculer des informations. Merci de votre compréhension. »

 

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mercredi 19 septembre 2018

Françoise Nyssen, ministre de la Culture

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 "Il est capital que la culture soit à l’école et se diffuse"

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Sur la future loi sur l’audiovisuel

Cette transformation de l'audiovisuel pour s’adapter aux enjeux du numérique et aller vers les publics ne s’est pas faite de façon isolée mais avec l’idée d’avancer ensemble, notamment avec les responsables des différentes sociétés.

Première partie de l'entretien à regarder en vidéo

https://youtu.be/2K2v89rMtRY

La redevance sera affectée par la suppression de la taxe d’habitation, puisqu’elles sont aujourd'hui recouvrées en même temps. Le gouvernement réfléchit à la façon dont la redevance fonctionnera après la suppression de la taxe d’habitation, pour l’instant aucune décision n’a été prise. Je peux dire qu'il n’y aura pas de hausse de la redevance, ni de recettes de la redevance.

Sur le Pass Culture

C’est un outil de reconquête d’un public éloigné, une application mobile géolocalisée qui permettra à tout jeune de connaître la multiplicité de l’offre près de chez lui, notamment tout ce qui concerne la pratique artistique et culturelle : un cours de hip hop, de théâtre, une rencontre avec un auteur…

On a développé cette application à travers ce que l’on appelle une "start-up de l’Etat", en travaillant via des ateliers avec le public concerné. La phase d’expérimentation à grande échelle va démarrer dès l’automne pour 10 000 jeunes.

Seconde partie de l'entretien à regarder en vidéo

https://youtu.be/hdjD-IkMDhw

Source : Vidéos captées sur Youtube 

1) Evy - signature animée Titi

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samedi 4 août 2018

Le train de ma vie - Jean d'Ormesson

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 Jean d'Ormesson

Le train de ma vie.

A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.

On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train,

nous laissant seuls continuer le voyage.

Au fur et à mesure que le temps passe,

d'autres personnes montent dans le train.

Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants,

même l'amour de notre vie.

Beaucoup démissionneront

(même éventuellement l'amour de notre vie),

et laisseront un vide plus ou moins grand.

D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas

qu'ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d' "au revoir" et d’adieux.

Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers

pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes

On ne sait pas à quelle station nous descendrons,

donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train,

nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs

à ceux qui continueront leur voyage.

Soyons heureux avec ce que nous avons

et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d'être un des passagers de mon train.

Et si je dois descendre à la prochaine station,

je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec vous.

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte

que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.

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Auteur  : Jean d’Ormesson

Source  https://www.facebook.com/Mot-Passant-932389873497991/

Evy - signature animée Titi

 

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!   A T T E N T I O N   !

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que tous les articles, textes et autres encarts qui sont mis en ligne sur notre blog, le sont à seule fin de vous informer. Le contenu de ces articles n'engage que leur auteur. Nous n'avons pas la prétention de connaître "la vérité" et ne faisons que véhiculer l'information. Les différents produits, techniques et méthodes de soulagement, voire de guérison ont des effets différents ou des effets secondaires, selon les individus. Il est indispensable, avant d'opter pour une des solutions proposées, de s'en remettre à son médecin ou à un thérapeute habilité. Ne prenez jamais un produit connu ou nouveau, quel qu'il soit, sans l'accord express d'une personne compétente en la matière. Il peut y avoir des interactions entre votre traitement habituel et tout nouveau produit peu ou mal connu. Merci de votre compréhension. 

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