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Gale, rougeole, syphilis, tuberculose : elles ont causé des millions de morts avant qu'on ne découvre enfin un traitement. Sauvés ? Non, car ces maladies que l'on pensait enterrées font leur retour depuis quelques années. Voici pourquoi.

Elle a coûté la vie à Guy de Maupassant, Baudelaire et François 1er. La syphilisa hanté le XIXe siècle et cette maladie sexuellement transmissible semblait appartenir au passé, vaincue par les antibiotiques. Pourtant, la syphilis a refait surface en France depuis 2000 et l'augmentation est constante selon l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Plus de 1.000 cas ont été déclarés en 2014, un chiffre sans doute sous-estimé. En cause : une augmentation des pratiques à risque, notamment dans la communauté homosexuelle masculine. Non traitée, la syphilis peut entraîner des lésions de la peau et des complications graves au niveau du cerveau, des nerfs ou des yeux.

Les pratiques sexuelles à risque ont entraîné le retour de la syphilis en France. © Institut Pasteur, Antoinette Ryter

Le scorbut, conséquence de mauvaises pratiques alimentaires

Le scorbut, dû à une carence en vitamine C et qui décimait les marins au XVIIIesiècle, est de retour dans les pays riches. Ces dernières années, plusieurs cas ont été enregistrés en Australie, en France, au Québec et au Royaume-Uni. Étonnant, car même une très faible dose de vitamine C suffit à éviter cette maladie, qui provoque des hématomes, hémorragies et des défauts de cicatrisation pouvant entraîner la mort. Mais avec les mauvaises habitudes alimentaires actuelles, certaines personnes ne consomment pratiquement plus de fruits ni de légumes. Sans aller jusqu'au scorbut, au moins un tiers de la population présente un déficit en vitamine C.

Une alimentation trop pauvre en vitamine C peut conduire au scorbut. © PxHere

La gale touche les petits et les personnes âgées

Maladie infectieuse due à un parasite de la peau, le sarcopte, la gale est en recrudescence ces dernières années notamment dans crèches, écoles et maisons de retraite, où elle se propage rapidement. Plusieurs cas ont été enregistrés en 2018 dans le sud de la France.

Se manifestant par un prurit généralisé, la gale est aujourd'hui heureusement bien soignée avec un simple traitement, alors qu'au Moyen-Age elle entraînait parfois des complications graves. Pour l'éviter, il est nécessaire de respecter une hygiène stricte et de laver tous les vêtements et objets en contact prolongé avec une personne affectée.

La rougeole, un retour dû à la défiance envers la vaccination

22 personnes sont décédées de la rougeole en France depuis 2008 et plus de 24.500 cas ont été déclarés entre 2008 et 2017 selon l'InVS. Cette recrudescence est due à la défiance croissante envers la vaccination. Bien qu'elle soit désormais obligatoire, on atteint seulement 90 % de gens vaccinés avec une dose et 80 % vaccinés avec deux doses, ce qui est insuffisant pour éviter l'extension de la maladie.

La rougeole n'est sont pourtant pas une maladie anodine : elle peut entraîner des complications graves comme des infections pulmonaires et des encéphalites, ou même se révéler mortelle chez les nourrissons ou les personnes immunodéprimées.

Avec le recul de la vaccination, on observe une recrudescence de rougeole en France. © Institut Pasteur, Nadège Cayet

La polio revient quand la vaccination recule

18 ans après sa disparition, la poliomyélite a fait son retour en Papouasie-Nouvelle Guinée en juin 2018. Avant la généralisation du vaccin à la fin des années 1980, cette maladie virale était un des plus terribles fléaux de l'enfance, touchant plus de 600.000 enfants par an dans le monde restant parfois handicapés à vie.

Mais suite à son éradication, certains pays en voie de développement négligent le maintien de la couverture vaccinale à un niveau suffisant et l'on assiste alors à un retour du virus, parfois sous une forme mutante. Une centaine de cas sont encore recensés chaque année, selon l'OMS.

Un relâchement de la couverture vaccinale a entraîné le retour de la poliomyélite dans plusieurs pays. © Institut Pasteur, Charles Dauguet

La lèpre est toujours là

Transmise par une bactérie infectieuse, la lèpre est l'une des plus anciennes maladies décrites dans le monde, remontant à l'Antiquité. Durant l'histoire, les lépreux étaient condamnés à vivre reclus et stigmatisés.

Ces 20 dernières années, plus de 12 millions de patients ont heureusement été guéris, et la maladie a été éradiquée dans la majeure partie du monde. Mais elle reste endémique dans 14 pays, notamment en Afrique. 210 000 nouveaux cas ont encore été répertoriés en 2017, car la lèpre est difficile à contrôler en raison de son incubation très lente.

La lèpre est une maladie grave et stigmatisante. © Institut Pasteur, Pierre Ravisse

La tuberculose reste meurtrière

Dans les années 1980, il semblait que la tuberculose allait complètement disparaître. Pourtant, une résurgence s'observe depuis ces 20 dernières années et elle demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde.

En France, sa prévalence est de 7,2 cas pour 100.000 habitants et l'affection reste préoccupante parmi les populations précarisées (SDF, migrants...). De plus, à peine la moitié des traitements sont effectivement achevés, s'inquiète Arnaud Trébucq, spécialiste de la tuberculose, s'exprimant dans le BEH. Cette maladie pulmonaire et contagieuse se soigne pourtant bien par antibiotiques.

Malgré les traitements existants, la tuberculose demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. © Institut Pasteur, Mary Jackson et Stéphanie Guadagnini

Le botulisme n'a pas disparu

Provoqué par la toxine extrêmement puissante de la bactérie Clostridium botulinum, le botulisme a été identifié en 1895. Cette maladie, qui entraîne une paralysie des membres et des muscles respiratoires pouvant conduire à une asphyxie mortelle, a été favorisée au début du XXe siècle avec l'essor des conserves industrielles pas encore bien stérilisées.

Aujourd'hui, son incidence est faible mais plusieurs cas sévères ont été enregistrés en France ces dernières années, notamment après l'ingestion de charcuterie artisanale ou de conserves de légumes faites maison.

Botulisme : attention aux conserves et charcuteries faites maison. © Institut Pasteur, CRBIP, Jean-Marc Panaud
  • L'éradication d'une maladie peut sembler définitive et ne pas l'être.
  • Une dégradation des conditions d'hygiène, de mauvaises pratiques alimentaires ou sexuelles ou encore un recul de la couverture vaccinale permettent le retour de pathologies considérées comme anciennes.

Auteure : Céline Deluzarche, Journaliste

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/personnalites/environnement-celine-deluzarche-1390/

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