Silence

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Le bruit nous envahit. Or, nous avons un besoin impérieux de silence pour nous ressourcer. Exercices derespiration, bains de forêt... Il y a mille et une façons de profiter pleinement du silence. Et d'apprivoiser ce calme intérieur, pour mieux se réconcilier avec soi.

Fracas de klaxons et autre marteaux-piqueurs dans la rue, sonneries de portables dans les transports en commun... Sans oublier la musique d'ambiance dans tous les lieux publics. Comme s'il fallait saturer le moindre atome de silence. Et pourtant, c'est bien connu, le bruit est source de stress. De surcroît, plus on est stressée, moins on le supporte ! Sauf à porter quotidiennement des boules Quies ou un casque antibruit, impossible d'échapper au vacarme... À l'inverse de nos mirettes pourvues de paupières protectrices, nos pauvres oreilles, elles, ne peuvent se couper des stimuli sonores. Elles sont donc constamment en alerte.

IL REPOSE ET RESTAURE LES CAPACITÉS COGNITIVES

C'est pourquoi, dans nos sociétés modernes en proie à l'agitation, nous sommes en quête de silence : retraites dans des monastères, vacances en montagne ou à la campagne, stages dans le désert... « Le silence offre un retour à soi méditatif, qui opère une remise à plat de tout ce qui nous sature quotidiennement, souligne Caroline Escartefigues. Il permet à notre corps de se reposer et à notre cerveau de restaurer ses capacités cognitives. » Mais le silence correspond-il à l'absence totale de bruit ? « Plutôt à l'absence de bruits parasites, rectifie Kankyo Tannier. En effet, sur terre, on est toujours enveloppés de sons : murmure du vent dans les branches, chants des oiseaux... Seul l'espace offre un silence absolu. »

IL OUVRE LA PORTE À LA RÊVERIE

Face au silence, chacun a son propre ressenti : « Les uns éprouvent un sentiment de recueillement, de bonheur tranquille, tandis que d'autres s'en effraient et cherchent dans le bruit ou la parole, une manière de se défendre de la peur », précise le sociologue David Le Breton, dans « Du silence » (éd. Métailié). Car le silence extérieur renvoie au silence... intérieur. Ce dernier n'est pas si facile à apprivoiser, vu le flot de pensées et d'émotions (souvent négatives) qui parasitent notre mental. De fait, si on n'a pas un rapport à soi apaisé, ce silence intérieur peut devenir pesant, voire angoissant. À l'inverse, si on parvient à tourner sereinement son regard vers l'intérieur, c'est la porte ouverte à la création, à la rêverie, à la réflexion... Et au bonheur !

SILENCE TOTAL : COURAGE, FUYONS !

La chambre anéchoïque, ça vous parle ? Cette chambre sourde, créée pour effectuer des tests sonores, est équipée d'une double isolation en acier et absorbe quasiment la totalité des sons (99,9 %). On y perçoit jusqu'au bruit de ses propres organes (cœur, estomac...). On y risque des pertes d'équilibre et même des hallucinations. À tel point que l'on ne peut y séjourner plus de... 45 minutes !

AuteureChristine Angiolini 

Nos experts

Kankyo Tannier, nonne de la tradition bouddhiste zen, hypnothérapeute

Caroline Escartefigues, psychologue clinicienne

Source

https://www.topsante.com/forme-bien-etre/bien-dans-ma-peau/etre-plus-heureux/le-silence-ca-ressource-625662 

 

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