Le temple de Baalshamin à Palmyre, en Syrie a été détruit par le groupe État Islamique.

   Crédits photos JOSEPH ETD/AFP

Le temple de Baalshamin, érigé en l'an 17 en l'honneur du dieu du ciel phénicien, était classé au patrimoine de l'humanité par l'Unesco.

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Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont détruit un trésor archéologique mondial à Palmyre, en Syrie. «Daech [acronyme en arabe de l'EI] a placé aujourd'hui une grande quantité d'explosifs dans le temple de Baalshamin avant de le faire exploser. Le bâtiment est en grande partie détruit», a déclaré dimanche 23 août à l'AFP Maamoun Abdulkarim, le directeur général des Antiquités et des musées de Syrie.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la destruction de ce monument classé au Patrimoine de l'humanité par l'Unesco.

Le temple de Baalshamin a commencé à être érigé en l'an 17 puis a été agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130. Baalshamin est le dieu du ciel phénicien, et est associé à Aglibôl (dieu de la lune) et à son frère cadet Malkbêl (dieu du soleil). C'est le sanctuaire le plus important après celui de Bêl, selon le musée du Louvre à Paris.

«Nos plus sombres prédictions sont malheureusement en train de se réaliser», a déploré Maamoun Abdulkarim. Les djihadistes «ont commis des exécutions dans le théâtre antique, ils ont détruit en juillet la fameuse statue du Lion d'Athéna, qui se trouvait à l'entrée du musée de Palmyre, et ont transformé le musée en tribunal et en prison. Ils ont également assassiné mardi l'ancien directeur des Antiquités de la ville», a-t-il poursuivi.

L'EI s'est emparé en mai dernier de Palmyre. L'Unesco s'était déjà insurgé le 3 juillet contre la destruction d'œuvres d'art de Palmyre. «La destruction de bustes funéraires en provenance de Palmyre, en place publique, devant des foules et des enfants que l'on convoque au saccage de leur patrimoine est un spectacle d'une perversité glaçante», avait dénoncé sa directrice Irina Bokova.

L'organisation extrémiste a également détruit vendredi le monastère syriaque catholique de Saint Elian, datant du 5e siècle et situé à al-Qaryataïne dans le centre de la Syrie, a rapporté vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «Au moyen de bulldozers, ils ont détruit le monastère sous prétexte que les gens y adoraient un (autre) dieu que Dieu», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire.

Plus de 300 sites historiques syriens ont été endommagés, détruits ou pillés au cours du conflit débuté il y a plus de quatre ans, selon l'ONU. Les djihadistes, qui contrôlent de larges pans de territoires irakien et syrien, ont détruit en avril en Irak à coups de bulldozers, de pioches et d'explosifs le site archéologique de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondée au 13e siècle avant JC.

La ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, a condamné sur son compte Twitter la destruction du temple de Baalshamin.

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Patrimoine syrien, classé en péril par l'Unesco