Les urgentistes pouvant être assignés, leur mobilisation ne devrait toutefois pas déstabiliser les hôpitaux. "Chez nous, c'est simple : la grève c'est porter un badge. Il y aura les mêmes effectifs", a expliqué Christian Prudhomme, porte-parole de l'AMUF, lors d'une conférence de presse. 

"C'est un effet d'affichage pour les medias mais aussi pour les 18 millions de personnes qui passent aux urgences chaque année", a-t-il ajouté, annonçant que la CGT allait également déposer un préavis de grève illimitée.

L'accès aux soins "garanti" selon le ministère

De son côté, le ministère de la Santé a assuré à l'AFP que "l'accès aux soins serait garanti" malgré les fermetures de cabinets et l'appel à la grève des gardes des généralistes.

Des directives ont d'ores et déjà été envoyées aux agences régionales de santé (ARS) pour permettre aux préfets de réquisitionner des médecins et assurer ainsi la continuité des soins, précise-t-on de même source.

L'AMUF réclame une limite de 48 heures de travail par semaine, une revalorisation des heures supplémentaires (au-delà de 39 heures) et des gardes, dont les rémunérations sont inégalitaires entre les praticiens (les médecins universitaires sont par exemple payés 200 euros de plus par garde que les praticiens hospitaliers, les libéraux ayant pour leur part obtenu la défiscalisation d'une partie ou l'intégralité de leur revenus pour la permanence des soins).

Des conditions de travail dégradées

Les urgentistes font par ailleurs valoir que leurs conditions de travail, déjà difficiles, se sont dégradées dans un contexte d'économies drastiques pour l'hôpital (plus de 2 milliards d'ici à 2017), d'autant que la "désorganisation de la médecine de ville" provoque un afflux de patients.

Or, ils sont exclus du compte de pénibilité, mesure phare de la dernière réforme des retraites permettant aux salariés aux conditions de travail difficiles de cesser plus tôt d'exercer leur emploi.

Les médecins hospitaliers qui, par exemple, travaillent de nuit, ne bénéficient pas de ce dispositif, en dépit d'engagements passés de la ministre de la Santé Marisol Touraine, selon des syndicats.

"Rien contre la loi Santé"

Du côté du Samu-Urgences de France, "un mouvement de grève n'est pas à l'ordre du jour", a indiqué à l'AFP son président, François Braun, après une réunion au ministère.

Les intersyndicales de médecins hospitaliers, quant à elles, n'excluent pas de faire grève début janvier, moment choisi par les cliniques privées pour fermer et dénoncer le projet de loi Santé de Marisol Touraine.

L'AMUF a tenu à rappeler que ses revendications n'avaient "rien à voir" avec celles des médecins libéraux, son président Patrick Pelloux n'ayant "rien contre la loi Santé", qui doit être votée début 2015.

Pour calmer le jeu, la ministre a annoncé une relance des discussions avec l'ensemble des professionnels de santé pour décembre. "Il semble qu'il y ait une volonté d'ouverture", a indiqué ce 4 décembre à l'AFP Patrick Gasser, président de l'UMESPE, syndicat de médecins spécialistes, au lendemain d'une rencontre au ministère.

Par la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

Source :

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-medecins-en-greve-a-noel-les-urgentistes-aussi-15034.asp?1=1#xtor=EPR-1000002224