Le pont-passerelle remplaçant la digue-route reliant le continent et le Mont-Saint-Michel s'ouvre aujourd'hui aux piétons. Les navettes, elles, ne pourront l'emprunter qu'en octobre. De même, ce n'est qu'en avril 2015 que la merveille retrouvera son caractère insulaire. Et ses fréquentations records ?

Il faudra patienter jusqu'au printemps pour que le Mont-Saint-Michel retrouve un environnement, si ce n'est totalement naturel, en tout cas débarrassé d'obstacles entravant le chemin des grandes marées. Il reste 15 hectares à « nettoyer » ; en l'occurrence, enlever la digue-route et les parkings situés au pied du site.

Un beau spectacle

Ceci étant, dès cet été, on pourra avoir un aperçu du spectacle d'un mont intégralement entouré par la mer, durant trois jours en août et deux en septembre. L'élégante passerelle-pont en constituera un point d'observation privilégié. Dès à présent, les piétons disposent d'une voie d'approche particulièrement agréable, bénéficiant, sur les 11 mètres de large, de 4,50 m de cheminement dédié, en chêne. Les 6,50 m de voie centrale, eux, seront réservés au passage des navettes, maringotes à cheval et autres « montoises » (*) ainsi qu'aux véhicules de sécurité, de livraison et de service.

Reconquérir le public

Cette passerelle de 760 m de long, qui prolonge la nouvelle voie d'un kilomètre construite à terre, mène les visiteurs à 300 m de l'entrée du Mont-Saint-Michel, sur une esplanade de 25.000 ha en voie de construction. Va-t-elle conduire aussi le mont sur les chemins de la reconquête de son public ? Les nombreuses polémiques et multiples procès qui ont émaillé ce vaste chantier de « remise en eau » ont, de fait, quelque peu contribué à éroder la fréquentation de la huitième merveille du monde. En 2012, année de la mise en service du parking payant avec des navettes à 900 m à pied, les chiffres ont chuté de 2,7 à 2,2 millions de visiteurs. Mais, malgré un chantier toujours en cours, les choses se mettent peu à peu en place et le système de parking-navette semblant passer dans les moeurs, les chiffres s'affichent en progression depuis le début de l'année. « Nous devrions ainsi retrouver le chiffre de fréquentation moyenne de 2,5 millions de visiteurs assez rapidement », affirme-t-on au Syndicat mixte de la baie du Mont-Saint-Michel.

Commerce : remise en cause ?

À ce propos, le syndicat considère que cette nouvelle ère pour le mont constitue l'occasion pour les commerçants locaux de se remettre en cause pour coller aux nouvelles habitudes de consommation. Une récente enquête de la revue Capital a ainsi mis en évidence « d'importants dérapages » au niveau des tarifs pratiqués au mont, pour des prestations qualifiées de « médiocres », ce qui ne serait pas sans impact sur la baisse de fréquentation. Un meilleur rapport qualité-prix serait ainsi indispensable pour attirer une clientèle qui ne demande qu'à revenir visiter et admirer, d'un regard nouveau, un mont entouré par les flots. Indispensable aussi pour faire venir de nouveaux visiteurs, notamment les étrangers. Une clientèle qui représente aujourd'hui 30 % des visiteurs et vers laquelle la « communication » va être accentuée. Car, explique-t-on au Syndicat mixte, « c'est un public important, hors saison. Et c'est intéressant pour lisser la fréquentation ». En attendant, place au show : le mont est prêt à se laisser caresser par les flots, loin des querelles des humains.

* Navettes affectées au transport des salariés qui travaillent sur le Mont.

Source :

http://www.letelegramme.fr/france/mont-saint-michel-un-pas-decisif-22-07-2014